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| Pauvreté
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La Pauvreté est-elle un mythe ? par Bertrand Lemennicier, janvier 2000/révisé en 2003

"Affirmer que dans une société d'hommes libres l'expression [pauvreté ] n'a aucune signification, ce ne peut être qu'un défi lancé pour obliger les autres à réfléchir sur le sens des mots qu'ils emploient , en même temps qu'une pressante invitation à ne pas se servir d'expression dont ils ne peuvent dire ce qu'elles signifient "
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F.Hayek dans, Droit Législation et Liberté :le Mirage de la Justice Sociale, Paris PUF 1981
Un des leviers émotifs les plus fréquemment utilisés pour critiquer le capitalisme de "laissez- nous- faire" est celui de la pauvreté. Un tel système, le capitalisme de "laissez-faire" engendrerait des pauvres à foison. On compare alors volontiers la France aux États Unis où nous dit-on il y a des dizaines de millions de pauvres.
En France, on observe seulement quelques millions de pauvres et ces derniers vivraient mieux que les pauvres américains. La comparaison entre ces deux pays a pour rôle de suggérer que la social démocratie à la française protège mieux de la pauvreté que le système capitaliste de "laissez-faire" américain.
Cette rhétorique de la pauvreté n'est qu'un argumentum ad misericordiam, un argument pour susciter la pitié, la compassion et justifier la redistribution des revenus des riches vers les pauvres par la "force injuste de la loi". Il est fait pour ceux qui se laisse guider dans la vie par leurs émotions et non pas par leur raison. Un examen attentif des faits et des concepts démontrent que la réalité est toute autre, si tant soit peu on est capable de définir ce qu'est la pauvreté.
Nous allons dans ce dossier rétablir les faits et discuter du concept de pauvreté. Nous allons aussi proposer une analyse théorique des raisons du développement de la pauvreté comme des alternatives pour réellement l'éliminer. Enfin, il est important de rappeler que la principale anomalie observée dans notre monde n'est pas la pauvreté mais son contraire : la richesse. Il y a deux siècles la pauvreté était le lot commun de tous comme on l'observe encore aujourd'hui dans certains pays du tiers monde. Comment se fait-il alors que seuls quelques territoires sur la surface du globe en soient sortis en aussi peu de temps? On connaît la réponse : c'est grâce au système capitaliste et à la mondialisation du libre- échange n'en déplaisent à tous les néo- protectionnistes et altermondialistes de tous les pays.
Les rebuts de l'extrême :
Les sans domicile à Paris et aux Etats Unis .
S'il n'est pas facile de repérer des personnes pauvres, en revanche il est plus facile de repérer un clochard. Ils sont sans domicile et mendient dans la rue. Ils sont plus visibles que les autres. Vous ne verrez pas de clochards dans une rue privée, ni dans votre immeuble privé dont l'entrée n'est accessible que si vous connaissez le code. En revanche, vous en trouvez dans les universités, dans le métro, dans les gares SNCF, dans les aéroports...et cela va sans dire dans les rues publiques où l'on trouve de tout y compris des prostituées, des fumeurs impénitents et des CRS. On voudrait que le citoyen ordinaire s'apitoie sur le sort des sans domicile. D'où les reportages incessants à la télévision sur eux. Ils servent d'alibi pour dénoncer la pauvreté. Le clochard n'est pas un phénomène propre aux Etats Unis. A Paris il y aurait autant de SDF qu'à Washington (10 000 à Washington. contre 8000 à Paris, chiffre obtenu en comptabilisant le nombre de personnes faisant appel aux services destinés aux sans domicile selon Maryse Marpsat 1999 dans :"Les sans domicile à Paris et aux Etats Unis" Données Sociales de l'INSEE édition 1999.Il est vrai que les chiffres sont difficiles à obtenir et à estimer. Ils sont souvent fantaisistes quand ils nous viennent des journalistes. Julien Damon dans le numéro 60, juin 2000 de Recherche et Prévision la revue de la CNAF nous en donne une illustration sous le titre :"En quête du chiffre : Trois décennies d'estimations du nombre de SDF dans la presse "
 Le terme SDF n'est pas approprié pour définir la pauvreté extrême car les romanichels ou les tziganes et tous ceux qui vivent en roulotte ou sur un bateau parcourant les îles, sans vraiment de domicile fixe, sont comptabilisés parmi les SDF sans pourtant être des clochards.Le sans domicile, à l'évidence, est rejeté par les habitants de la cité, c'est en cela qu'il est un rebut, un individu que personne ne désire fréquenter ou recommander..Un rebut de la société , ou un exclu pour ceux qui collaborent au parler politiquement correct, ne signifie pas qu'il n'est pas un être humain digne de considération. Chacun d'entre nous peut adopter un clochard comme on le fait d'un chat ou d'un chien abandonné et l'aimer. Si nous préférons les chats abandonnés aux SDF c'est qu'il y a sans doute une raison, et nous la connaissons bien : cela coûte plus cher d'adopter un clochard qu'un chat ou un chien et c'est moins affectueux. Par ailleurs la plupart d'entre eux ont des parents. Ils ne sont pas seuls et abandonnés. Une fraction importante de nos concitoyens aime bien compatir à leur sort et les aider à condition que cela soit avec l'argent volé aux autres et que cela soit d'autres personnes qui s'en occupent. Belle mentalité.
Le profil du clochard.
A 89%, les clochards à Paris sont célibataires, divorcés et/ou séparés de leurs conjoints. Ce chiffre est similaire aux Etats Unis ( 85 % ). Pour 87% d'entre eux, les clochards sont âgés de plus de 26 ans (85 % aux Etats Unis). En fait 63 % des clochards parisiens ont plus de 35 ans contre 48 % aux US. C'est aussi essentiellement un homme. On recense seulement 24% de femmes parmi les clochards de Washington, 19 % pour l'ensemble des Etats Unis et seulement 17 % de femmes à Paris.
Enfin, comme la plupart des parisiens peuvent le constater lorsqu'ils sont en contact avec les sans domicile, les clochards sont plutôt alcooliques, drogués ou malades mentaux. C'est la raison pour laquelle on n'aime guère les fréquenter. Ils sont victimes d'une discrimination statistique. Aux Etats Unis, on remarque que 51% d'entre eux suive un traitement médical au cours de l'année de l'enquête. 33 % ont subi une hospitalisation de désintoxication et 19 % une hospitalisation pour maladie mentale au moins une fois dans leur vie. La plupart d'entre eux n'ont pas de travail. Néanmoins, 34 % des clochards aux Etats Unis, dans le district de Columbia, travaille à temps partiel au moment de l'enquête contre 27% dans Paris intra-muros ! 80% d'entre eux ont un niveau d'éducation inférieur au baccalauréat.
Contrairment à ce que l'on croît, les clochards ont toujours des liens familiaux pour une fraction importante d'entre eux (30% à Paris 50 à 88% aux Etats Unis) , même si ces liens sont distendus. Si leur propre famille ne leur vient pas en aide, ce n'est pas parce que les familles ou parents ne le peuvent pas, mais plus simplement parce qu'elles jugent que leurs propres enfants ne le méritent pas.
Malade, mal nourri (1 repas par jour) , soumis aux violences du fait de la drogue et de l'alcoolisme de la part de leurs semblables, le sans domicile expérimente une vie que peu de gens envie sans que l'on sache vraiment si c'est le fait d'être à la rue ou si c'est parce que l'on est malade, drogué, alcoolique, célibataire définitif et rejeté par sa famille que l'on devient un clochard ou un errant dans les rues publiques.
"Je reconnais que la charité individuelle produit presque toujours des effets utiles. Elle s'attache aux misères les plus grandes, elle marche sans bruit derrière l mauvaise fortune, et répare à l'improviste et en silence es maux que celle-ci a faits. Elle se montre partout où il y a des malheureux à secourir; elle croît avec leurs souffrances, et cependant on ne peut sans imprudence compter sur elle, car mille accidents pourront retarder ou arrêter sa marche; on ne sait où la rencontrer, et elle n'est point avertie par le cri de toutes les douleurs. J'admets que l'association des personnes charitables, en régularisant les secours, pourrait donner la bienfaisance individuelle plus d'activité et plus de puissance; je reconnais non seulement l'utilité, mais la nécessité d'une charité publique appliquée à des maux inévitables, tels que la faiblesse de l'enfance, la caducité de la vieillesse, la maladie, la folie; j'admets encore son utilité momentanée dans ces temps de calamités publiques qui de loin en loin échappent des mains de Dieu, et viennent annoncer aux nations sa colère. L'aumône de l'État est alors aussi instantanée, aussi imprévue, aussi passagère que le mal lui-même. J'entends encore la charité publique ouvrant des écoles aux enfants des pauvres et fournissant gratuitement à l'intelligence les moyens d'acquérir par le travail les biens du corps. Mais je suis profondément convaincu que tout système régulier, permanent, administratif, dont le but sera de pourvoir aux besoins du pauvre, fera naître plus de misères qu'il n'en peut guérir, dépravera la population qu'il veut secourir et consoler, réduira avec le temps les riches à n'être que les fermiers des pauvres, tarira les sources de l'épargne, arrêtera l'accumulation des capitaux, comprimera l'essor du commerce, engourdira l'activité et l'industrie humaines et finira par amener une révolution violente dans l'État, lorsque le nombre de ceux qui reçoivent l'aumône sera devenu presque aussi grand que le nombre de ceux qui la donnent, et que l'indigent ne pouvant plus tirer des riches appauvris de quoi pourvoir à ses besoins trouvera plus facile de les dépouiller tout à coup de leurs biens que de demander leurs secours."
Alexis de Tocqueville, Mémoire sur le paupérisme
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La crise alimentaire mondiale
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