Boire ou conduire, le conducteur ne boit pas lorsqu'il raccompagne ses amis, faites la pause portable, témoignages, images chocs d'accidents, de chute du cinquième étage qui équivaut à un choc à 50 km/h, conseils de prudence sur les trajets quotidiens et courtes distances etc.. Nous sommes littéralement envahis par ces conseils de "mère- grand" dans la presse, la radio et la télévision. Chaque Week-end de grande sortie sur les routes, les médias y vont de leur couplet sur l'insécurité routière.
Malheureusement ces campagnes de sensibilisation qui partent sans doute d'un bon sentiment ne sont qu'une opération de manipulation de l'opinion publique en laissant croire que les causes réelles des accidents sur la route résultent principalement du comportement des automobilistes et non pas de l'irresponsabilité de nos élus en charge de la gestion du réseau routier.
Ainsi se serait l'alcoolisme au volant qui tuerait ou encore la vitesse excessive qui tuerait, voire le non-respect du code de la route, le fait que le conducteur n'oblige pas au port de la ceinture de sécurité à l'arrière serait à l'origine d'une fraction des décès sur les routes. Jamais n'est évoqué la responsabilité des hommes politiques qui ont en charge la gestion des routes. Les routes sont en effet publiques. Imaginez que de telles choses arrivent sur des routes privées, les propriétaires et gestionnaires de ces routes seraient en prison depuis longtemps.
La seule réponse offerte au niveau médiatique et politique est la répression et la violation des droits individuels. On en vient à considérer n'importe quel automobiliste comme un "terroriste" un "criminel" en puissance : un délinquant. Cette dérive totalitaire est d'autant plus inacceptable qu'elle repose sur des croyances erronées.
Il apparaît opportun de démystifier toute la propagande qui entoure la question de l'insécurité routière. Les débats comme les chiffres qui sont présentés dans les médias consistent à diffuser de fausses croyances dans l'opinion publique. Cette propagande fait partie du "politiquement correct" qui entre dans une stratégie sans doute plus globale de certains groupes de pression liés à la santé publique qui veulent absolument, pour des raisons obscures, que l'on ne décède pas prématurément comme si vivre vieux et en bonne santé était un objectif que chacun devrait poursuivre. Notre vie n'appartient pas à ses individus. Il serait temps qu'ils comprennent que leurs actions de propagande se traduisent via la réglementation par des violations systématiques de nos droits individuels et qu'ils ne sont pas habilités à mentir ou diffuser de fausses informations pour satisfaire leurs intérêts personnels ou leur vision particulière de la vie en société.

Ce dossier a pour but de démystifier la question de l'insécurité routière en rétablissant la vérité sur ce sujet. Nous traiterons des faits, des coûts et des gains attendus en roulant vite et à risquer sa vie sur une route, des causes de la mortalité sur les routes et des moyens dont on dispose pour réduire cette mortalité, enfin nour rappelerons le rôle important des hommes politiques et des bureaucrates en charge de l'insécurité routière dont les objectifs ne sont pas de satisfaire les citoyens mais de leur faire la guerre ou d'étendre leur budget pour augmenter leur pouvoir respectif. En effet Le pouvoir des hommes de l'Etat ne s'accroît que s'ils font la guerre et la bureaucratie concernée par la lutte contre l'insécurité routière (les organismes étatiques et para étatiques de la prévention routière) cherche à accroître son budget et milite pour la réglementation quel qu'en soit le coût. Cette dérive est la conséquence de l'irresponsabilité fondamentale des élus et des bureaucrates en charge de la sécurité routière face aux décisions qu'ils prennent.
Quelques faits stylisés
1) Les accidents de la route sont la première cause de mortalité de la classe d'âge des 15 à 44 ans
Le tableau ci dessous représente la mortalité liée aux accidents de la route par rapport à d'autres sources de mortalité : suicides, cancers, maladies cardiaques etc. pour la classe d'âge des 15 à 44 ans. En effet la réduction des décès prématurés de personnes nées vivantes est l'objectif affiché par les groupes de pression de la santé publique qui veulent nous empêcher de mourir avant un âge avancé. Or le Haut Comité pour la Santé Publique ( les soi disant experts) présente dans son rapport sur la santé en France de 2002 les causes de la mortalité des 15 à 44 ans. Vous remarquerez que les campagnes de propagande menées par les organismes publics ou semi-publics de santé publique ou de sécurité publique n'accordent pas la même importance aux causes de mortalité : le tabac et le sida attirent plus l'intérêt de nos bureaucrates que l'alcoolisme et le suicide. Ces dernières causes sont en termes de taux de mortalité pour 100 000 habitants, pourtant beaucoup plus importantes. Que font nos médias pour inciter les gens à ne pas se suicider ? Voilà pourtant une cause de mortalité qui pourrait sans doute être évitée si l'on était plus attentif à nos enfants, collègues de bureau etc. Quand s'intéressera -t-on au dépistage de la dépression nerveuse ? Mis à part ce biais de perception de la part de activistes de la santé publique on peut leur accorder qu'ils évoquent un problème sérieux. Que peut-on faire pour éviter qu'il y ait un grand nombre de victimes sur les routes ?
Tableau 1 | Taux de mortalité pour 100 000 habitants des 15-44ans |
| Causes de la mortalité prématurée en 1997 | Hommes | Femmes |
| Accidents de la route | 27.7 (16.5) | 7.1 |
| Suicides | 26.6(38) | 8.3 (15) |
| Alcoolisme | 7.2 (57) | ND (21) |
| Sida | 5.4 | 1.4 |
| Cancer du poumon (lié au tabac) | 5.3 (168) | 2 (22) |
| Cancer du sein | --- | 5.9 (64) |
| Cardiopathies ischémiques | 5.2 (129) | 1.9 (31) |
| Chutes accidentelles | 2.5 | --- |
Sources: La santé en France rapport 2002 Haut comité de la Santé Publique ( entre parenthèse taux de mortalité des 45 à 74ans )
|
Suicides et accidents de la route apparaissent comme les principales causes de décès prématurés, pour les hommes comme pour les femmes. Pratiques sexuelles à risque, alcoolisme et consommation de tabac sont loin derrière ces deux causes de mortalité prématurées. On peut compléter ce tableau par le suivant représentant pour cent jeunes de 15 à 24 ans le nombre de décès consécutifs à un accident de la route ou à un suicide.
Tableau 2 | sur cent décès des 15 à 24 ans, x % sont dus aux: |
| Causes de la mortalité prématurée en 1999 pour les 15 à 24 ans | Taux de mortalité pour l'ensemble de la population en % | Hommes | Femmes |
| Accidents de la route | 2.1 | 44.3 | 37.7 |
| Suicides | 2.7 | 13.4 | 10.2 |
| Cardiopathies ischémiques | 27.7 | 3.5 | 5.1 |
| Tumeurs | 32.4 | 6.8 | 12.3 |
| Maladie de l'appareil respiratoire | 8.2 | 1.3 | 2.7 |
| Sources: Tableaux de l'Economie Française INSEE 2002-2003 p.61 |
Les jeunes sont essentiellement les victimes des accidents de la route. D'où l'importance du débat sur l'insécurité routière. Rappelons pour mémoire qu'il y a chaque année environ 530 000 décès pour 58 millions d'habitants. La mortalité,en 1997, ramenée par habitant fait un taux de 883 décès pour 100 000 habitants. En l'an 2000, en France, le taux de tués sur la route est de 13,6 /100 000 habitants, le taux de mortalité de cette année là a été de 910/100 000 habitants, les accidents de la route font donc simplement 1,5% de la mortalité générale. Ces chiffres permettent de relativiser le problème de l'insécurité routière. Ce problème est important parce que le décès sur la route frappe doublement les esprits : il est prématuré, violent et spectaculaire. Par ailleurs, chacun, après un certain nombre d'années de conduite, a pu assister à un accident mortel et/ ou avoir été victime d'un accident non mortel. En conséquence, les hommes politiques ont plus intérêt à s'attaquer à ce qui est visible et qui frappe les esprits et ce au détriment des autres causes de mortalité.
2) La France est un pays où la mortalité sur les routes est élevée comparé aux autres pays de l'Union européenne, exception faite, de l'Espagne, de la Grèce et du Portugal où la mortalité y est encore plus élevée
Tableau 3:
les taux de mortalité en europe
Tableau 3Pays de l'Union européenne, 1999
| Densité (habitants/km2)
| Taux de tués pour 100 000 habitants
|
Allemagne
| 230
| 9,5
|
Autriche
| 96
| 13,4
|
Belgique
| 339
| 13,7
|
Danemark
| 123
| 9,4
|
Espagne
| 78
| 14,6
|
Finlande
| 15
| 8,4
|
France
| 107
| 14,3
|
Grèce
| 80
| 20,7
|
Irlande
| 52
| 12,4
|
Italie
| 191
| 11
|
Luxembourg
| 166
| 13,5
|
Pays Bas
| 380
| 6,9
|
Portugal
| 102
| 22,4
|
Royaume Uni
| 243
| 6
|
Suède
| 20
| 6,6
|