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Bienvenue sur le site de Bertrand Lemennicier  Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme, ces droits sont : la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression (Article 2 de la déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen du 26 août 1789)  "Quand même tu aurais à vivre trois mille ans, et trois fois dix mille ans, dis-toi bien que l'on ne peut jamais perdre une autre existence que celle qu'on vit ici-bas, et qu'on ne peut pas davantage en vivre une autre que celle qu'on perd". Marce Aurèle, Pensées, Livre II, maxime 14  "La vertu de la rationalité signifie la reconnaissance et l'acceptation de la raison comme notre seule source de connaissance, notre seul juge des valeurs et notre seul guide d'action" Ayn Rand , La vertu d'égoisme,  J'ai le pouvoir d'exister sans destin, Entre givre et rosée, entre oubli et présence. Médieuse de Paul Eluard 1939 
 

De l'abstention aux élections et du vote  comme consentement à l’État.  (actualisé en mai 2014)

par Bertrand Lemennicier


Les campagnes de propagande  actuelles pour nous inciter à voter et élire les membres du parlement européen (ou de tout autre parlement, y compris élire  un chef d’État au suffrage universel,  comme en France), méritent d'être examinées d'un peu plus près. Ces campagnes cherchent à culpabiliser les abstentionnistes.
 Écoutez nos hommes politiques: si vous ne votez pas ce sera le déclin, la fin d'une période de paix, car les " partis populistes" vont l'emporter.  Si ces partis l'emportent ce sera la régression sociale et économique, la catastrophe. Si on quitte l'euro, les retraités seront ruinés par l'inflation, comme si les pays de la zone non euro étaient plus en déclin que les autres ou plus inflationnistes que les autres. Tous ces arguments font appel à la peur. Cette rhétorique de la part des hommes politiques est de bonne guerre bien qu'inadmissible de la part de personnages, membres d'un parlement et donc bardés de diplômes. Elle cherche à faire oublier aux citoyens ce que  cache concrètement l'acte de voter.

Ne soyez pas ignorant de ce que signifie pénétrer dans un isoloir, mettre secrètement un bulletin de vote  dans une enveloppe et la glisser dans la fente d'une urne.
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 Le vote, lors d'une élection, est souvent considéré comme un principe de consentement aux décisions collectives prises au niveau d'un État. Il s'agit d'une fiction pour vous faire croire que vous avez l'obligation de respecter les décisions prises, parce que vous avez volontairement pris part à la décision en votant. Malheureusement l'action de voter ne peut valoir consentement à l’État ou à son régime politique: la démocratie, ce Dieu qui a échoué, pour reprendre le titre célèbre d'un ouvrage de H.H.Hoppe, ni à la décision prise.  En effet, les citoyens ne se font pas connaître individuellement et n'assument pas personnellement la responsabilité de leurs actes en déléguant leur pouvoir à des tiers : les élus. Au contraire, ils désignent, en secret, certains d'entre eux pour user de la contrainte publique en leur nom et pour leur propre bénéfice, tandis qu'eux-mêmes restent cachés aux yeux des autres. Pourquoi cachent-ils leurs opinions? De quoi ont-ils peur? 

Nous pouvons nous reporter à la lecture de  Lysander Spooner et de son pamphlet:
"No Treason-The Constitution of No Authority" publié en 1870 à Boston. Que nous dit-il?  Le secret et l'anonymat, par définition  interdisent d'affirmer que voter puisse signifier consentir aux obligations issues du vote. L'obéissance à ces obligations repose sur la seule force brute du monopole de la violence accordé temporairement à la faction politique qui aura pris le pouvoir suite à cette élection. Ne nous laissons pas intimider par cette propagande. Les abstentionnistes ont fondamentalement raison de  refuser de voter.  Ce refus de participer à un processus de décisions collectives, qui donne le pouvoir de contraindre une population entière ou une fraction d'entre elle à des obligations auxquelles elle ne consent pas, est parfaitement moral. En effet, l'acte de voter est, de fait, devenu, dans nos démocraties contemporaines, une action "criminelle" au sens où l'électeur, par son vote, sait qu'il va "déléguer" à un homme politique, qu'il soit de droite ou de gauche, mécréant ou religieux,  le pouvoir de commettre en toute impunité des crimes ou des délits au profit de ses électeurs en volant Pierre pour habiller Paul et/ou en empêchant Pierre d'exercer une quantité de droits qui lui sont naturels.

S'abstenir est donc un acte politique qui délégitime le processus politique. Si tous, nous nous abstenions de voter, le parlement européen ne pourra pas siéger faute de députés et donc légiférer. Ce sera forcément un grand pas vers la liberté. Cela obligerait les citoyens à  retrouver leur capacité à vivre d'une manière autonome en affirmant leurs droits imprescriptibles que sont: la liberté, la propriété et la résistance à l'oppression (article II de la déclaration des droits de l'homme de 1789 qui au préambule de notre constitution mais qui ne l'est pas dans la charte européenne des droits de l'homme) en se donnant les moyens privés de faire respecter ces droits.

Il n'est pas inutile de revenir sur les arguments de Lysander Spooner,(1808-1887) ce juriste américain du XIX siècle.  Voter ne  signifie pas un consentement aux obligations issues des urnes, pas plus qu'on ne peut appeler " consentement" l'obéissance des citoyens à un groupe d'hommes armés appelé gouvernement. Cette notion de consentement (ou de contrat social) est une pure abstraction. Or, il est impossible de passer un contrat avec une abstraction, un incorporel ou un non-existant.


Reprenons les dix arguments de Lysander Spooner avec un commentaire plus contemporain.

1 "par la nature même des choses,l'acte de voter ne saurait lier que les personnes mêmes qui votent".
Ceux qui ne votent pas sont des tiers qui ne se sentent pas concernés, sans doute, par les décisions collectives prises par les autres, Or, ils sont dans l'obligation de supporter les conséquences des décisions prises par ceux qui votent. Il y a deux types de perdants la fraction des électeurs qui ont voté contre parce qu'ils ont jugé mauvaises pour eux, ou pour les autres, les conséquences du programme politique proposé au vote; et les tiers qui se sentent non concernés par l'enjeu électoral. Par définition, le jeu électoral est un jeu à somme nulle, voire négative pour tout le monde. En particulier, lorsque le programme politique proposé s'avère néfaste pour l'ensemble de la population ou une fraction d'entre elle, ce qui arrive souvent, pour ne pas dire à chaque fois.

L'abstention comme l'ignorance des électeurs sont jugées par les économistes comme le résultat d'un comportement purement rationnel de la part des électeurs et non pas comme un jugement de valeur sur la finalité du vote, point qui est le notre. Le coût d'opportunité de voter et de se renseigner sur les conséquences de son vote, pour soi-même ou pour les autres, excèdent largement les gains attendus. En effet, la probabilité de chaque vote de faire basculer la décision en faveur de celui qui vote est quasi nulle, le gain attendu du vote qui est le produit d'avantage monétaire ou non monétaire espéré du programme politique qui sort vainqueur des élections est multiplié par cette probabilité, or une somme aussi grande soit-elle multipliée par zéro fait zéro. Si le coût d'opportunité, aussi faible soit-il est positif, l'électeur s'abstient d'aller voter.

Le paradoxe n'est donc pas  dans l'abstention mais dans : comment se fait-il qu'il y ait autant  de gens qui votent? Les réponses ad hoc fournies par les économistes font référence: 1) pour l'abstention: soit à l'indifférence (UMPS) entre les deux programmes politiques principaux qui ont des chances de l'emporter, soit à un éloignement idéologique extrême vis-à-vis de ces deux programmes; 2) pour la participation, l'économiste et le politologue font référence soit à la satisfaction obtenue en remplissant son devoir de voter, soit à la prise en compte du comportement des autres électeurs. En effet, si ceux ci ne votent pas, la probabilité de voir la proposition soumise au vote basculer  en faveur de celui qui vote augmente et les gains peuvent alors excéder les coûts. Cette interdépendance stratégique entre les électeurs entre eux expliquent  pourquoi les gens votent dans une proportion non négligeable. Leur objectif est simple: empêcher que les autres emportent les élections. De ce combat entre les électeurs émerge une participation non nulle qui varie selon le type d'élection. Enfin on peut rappeler l'argument de Buchanan et Tullock . Si une seule personne vote ou si  une seule personne décide et que les conséquences de sa décision affectent négativement un grand nombre d'autres personnes (la décision de taxer lourdement les étrangers sur notre territoire qui n'ont pas le droit de voter pour élire un membre du parlement), il y aura une pression des étrangers eux-mêmes pour participer au vote et s'opposer à la décision du "dictateur". Un tel conflit apparaît  parce que le principe d'unanimité pour les personnes concernées par la décision n'est pas adopté. Cependant mais avec un principe majoritaire, la dictature d'un seul reste la règle. Dans un vote à la majorité simple et un électeur , un vote, le dictateur est, sous certaines hypothèses, ce que l'on appelle l'électeur médian.
 

2 "Parmi ceux qui sont autorisés à voter, nombreux sont ceux qui ne votent jamais et  aucun individu ne peut être dit engagé par son vote pour une période plus longue que celle pour laquelle il vote, .. par conséquent, en se fondant sur les votes réellement exprimés, on ne saurait prétendre que, dans la population toute entière , les élus représentent la majorité de ses membres."
On peut rappeler que les jeunes de moins de 18 ans ne peuvent voter, que les étrangers vivants sur notre territoire ne sont pas autorisés à voter pour être représentés au parlement français, alors qu'ils paient des impôts. Si à ces derniers on ajoute les abstentionnistes, les votes blancs et nuls, aucun parti politique  ne dépasse 10% des suffrages de ceux qui sont inscrits sur les listes électorales. Ils ne représentent que des minorités. Ils ne peuvent donc pas se prévaloir du principe majoritaire qui est au fondement de la démocratie contemporaine et prétendre qu'ils représentent les préférences et intérêts  de la population dans sa majorité.
 
Une des solutions souvent proposées pour contrecarrer ce défaut est le vote obligatoire. Une telle proposition, si elle était mise en œuvre et respectée, priverait les élus d'une mesure révélée de leur popularité par un acte et non plus par une opinion lors de sondages dont les hommes politiques sont si friands tout en les dénigrant systématiquement.


3 " En vérité, dans le cas des individus, leur vote réellement exprimé n'est pas à prendre comme une preuve de leur consentement, même au moment où ils l'expriment.. Tout au contraire, il faut considérer que, sans qu'on lui ait même demandé son consentement, l'individu se trouve  de toutes parts entouré par un gouvernement auquel il ne saurait résister; un gouvernement qui, sous peine de châtiments graves,l'oblige à donner son argent et ses services,et à renoncer à exercer quantité de droits qui lui sont naturels. Il voit en outre, que c'est grâce au vote, que d'autres hommes exercent sur lui cette tyrannie...Bref, il se trouve, sans l'avoir voulu dans une situation telle que s'il utilise le vote, il sera peut-être un maître, s'il ne l'utilise pas il sera nécessairement un esclave.
C'est une situation profondément immorale à laquelle les citoyens font face. On oblige chaque citoyen à s'engager dans une bataille dans laquelle un crime va être commandité par celui qui utilise le vote: violer les droits naturels et imprescriptibles (liberté, propriété et résistance à l'oppression) de certains au profit d'autres. Or, en tant que citoyen, nul n'a le droit de commanditer un crime, et en tant qu'élu, nul n'a le droit d'exécuter un crime commandité par des électeurs! L'acte de voter dans le cadre étatique est devenu, de fait, un substitut à la balle de fusil. C'est une guerre de tous contre tous. Dans cette lutte, les électeurs ne perdent pas nécessairement leur vie, mais ils perdent des opportunités de vivre une autre vie que celle qui va résulter de cette lutte fratricide. Il ne faut pas oublier que derrière le vote se profile l'usage du monopole de la violence pour réaliser les desseins désirés par une fraction (minoritaire) des électeurs. Voter devient donc une activité criminelle. Il est fondamentalement moral de s'y opposer. Ne pas voter, c'est-à-dire refuser de commettre une mauvaise action, est non seulement honorable mais devrait-être la règle. Mais dans un tel système de compétition pour s'emparer du pouvoir politique (donc d'opprimer autrui) pour réaliser ses fins privées ou communautaires, dès qu'une minorité d'électeurs vote, chacun est involontairement engagé dans une bataille où il faut ou être tuer  ou tuer ses adversaires (on vote toujours contre quelqu'un ou contre un programme politique).  Voter devient de la légitime défense de la part de ceux qui ne veulent pas, pour des raisons morales, commanditer une violation des droits naturels de leurs concitoyens à qui ils ne veulent aucun mal. Il est donc difficile de savoir entre ceux qui s'abstiennent et ceux qui votent, par légitime défense, qui consent à quoi, car le vote est anonyme.
 
La justification du vote à bulletin secret et à l'anonymat dans l'isoloir (le bulletin de vote n'est pas recevable si vous ne passez pas par l'isoloir) a été conçu pour
éviter que l'on connaisse l'individu "pivot" ou l'électeur médian, celui qui fait basculer le vote en faveur d'un camp plutôt que d'un autre. En effet, si chaque camp était capable de connaître cet individu, il pourrait être menacé et subir la vengeance du clan perdant pour les dommages qu'il va créer. Il pourrait aussi profiter de cette position pour "vendre"son vote d'une manière ou d'une autre à l'un des deux clans qui convoite le pouvoir pour mettre en œuvre  sa proposition ou son candidat (ce que les universitaires dans les commissions de recrutement connaissent bien et pratiquent  régulièrement, compte tenu du faible nombre de participants à l'élection de leurs collègues. D'où les haines silencieuses et parfois ouvertes qui existent dans ce milieu au demeurant fort sympathique quand on ne cherche pas à s'emparer d'un quelconque pouvoir au sein de cette institution). Exercer une vengeance via l'usage de la force ou de sa menace c'est violer le droit de propriété sur soi ou l'intégrité physique de cet électeur. C'est un acte d'agression qui implique de faire justice. Acheter son vote, en revanche, est un échange volontaire. Cependant, le prix demandé par l'électeur médian, qui met en compétition les deux clans qui s'affrontent, peut être tel qu'il devient le seul bénéficiaire du vote en captant la totalité de la rente que la proposition mise au vote génère. Ce qui annihile l'intérêt du vote majoritaire. Si la constitution imposait que les conséquences de l'adoption d'une proposition ne nuisent à aucun membre de la collectivité (comme dans une copropriété), il faudrait pour la faire passer dédommager les perdants (Principe de Hicks-Kaldor).  On devine tout de suite que plus personne ne serait intéressé à prendre le pouvoir et à utiliser ce moyen pour atteindre ses fins privées ou communautaires, car le coût en serait exorbitant.

4 "Prendre le bien d'un homme sans son accord, puis conclure à son consentement parce qu'il tente en votant, d'empêcher que son bien ne soit utilisé pour lui faire tort, voilà une preuve bien insuffisante  de son consentement" 
L'impôt est normalement une obligation pour tous (manifestement l'impôt sur le revenu ne l'est pas pour tous puisque 17 millions de français en sont exemptés au prétexte que leur revenu n'est pas assez élevé), qu'ils votent ou non. Ceux qui votent le font sans doute pour éviter que leur propre argent (ou leur temps) ne soit utilisé contre eux ou à des fins qu'ils jugent profondément immorales (comme de financer par l'impôt les campagnes et les partis politiques qui se déclarent sans vergogne vos ennemis! D'habitude on ne paie pas le voleur pour qu'il vienne vous voler, au contraire on paie des "gens d'armes" pour l'en empêcher). Si ces électeurs avaient pu échapper à l'impôt et "autres usurpations ou tyrannies du gouvernement", ils se seraient abstenus de voter.



5 " Lors de presque toutes les élections, les suffrages pour la même charge sont dispersés sur divers candidats. Pour ceux qui votent pour le non élu on ne saurait dire à proprement parler qu'ils ont voté pour soutenir ce candidat mais pour  éviter la tyrannie que le candidat élu s'apprête, pensent-ils, à pratiquer à leurs dépens "
C'est un classique des sondages. En votant contre Hollande, les électeurs ne votent pas pour Sarkozy, en votant pour Sarkozy, ils votent contre Hollande. Chacun vote contre la tyrannie attendue qui sera exercée par celui qui sera élu. Le mandat de Hollande est une excellente illustration de cet argument qui date rappelons le du XIX siècle  époque où  le suffrage n'était pas encore universel!


6 "Quantité de votes vont ordinairement à des candidats qui n'ont aucune chance de l'emporter, on peut raisonnablement supposer que ceux qui vote de la sorte l'on fait avec l'intention spécifique non de soutenir [ les candidats qui ont une chance de l'emporter] mais de voter contre [ eux]".
Bien que cet argument dépende de la procédure de vote, la dispersion des votes sur des candidats marginaux est aussi une façon de voter blancs ou nuls. Mais aussi une stratégie des partis dominants pour affaiblir leur principal concurrent.


7 "Comme  tous les votes sont exprimés secrètement (par scrutin secret), il n'existe aucun moyen légal de connaître, grâce aux votes, qui vote pour ou qui vote contre, par conséquent le vote n'apporte aucune preuve légale que tel individu particulier soutient [un candidat]. Puisqu'il n'y a aucune preuve légale qu'aucun individu  particulier soutienne [le candidat élu], on ne saurait légalement affirmer qu'il est soutenu par qui que ce soit"
Ce qui en clair veut dire qu'un candidat élu ne représente que lui même. Une analyse des résultats électoraux peut, par exemple, permettre d'affirmer que Hollande a été élu grâce aux votes non seulement des électeurs de Bayrou qui ont suivi ses consignes de vote (leur nombre n'était pas suffisant) mais aussi des électeurs de l'extrême droite qui se sont reportés au second tour sur son nom violant ainsi une règle habituelle de report de proximité. Mais comme le vote est anonyme, il n'existe aucune preuve légale qu'un individu, en particulier, parmi les électeurs d'extrême droite a pu reporter son vote sur Hollande et non sur Sarkozy.


8 "Comme il n'existe aucune preuve légale des intentions exprimées par le vote de qui que ce soit, nous ne pouvons que les conjecturer
En droit et en raison une conjecture (au moyen des sondages d'opinions ou de toute autre méthode plus ou moins sophistiquées) sur qui a voté et pour qui n'est pas une preuve du consentement.


9 "D'aucun homme ne saurait en droit et en raison affirmer qu'il approuve ou soutient [ l'action d'un candidat ou d'un parti ou (d'une constitution dans le cas de Lysander Spooner)] à moins qu'il ne le fasse ouvertement, et d'une manière qui le rende responsable pour les actes de ses agents [les députés ou les hommes politiques qu'il a élu] aussi longtemps que ceux-ci agissent dans les limites du pouvoir qu'il leur a délégué". 
Les hommes politiques comme les bureaucrates sont des irresponsables institutionnels. Ils ne sont pas sanctionnés pour les dommages causés à leurs propres électeurs ou bien à la population sous leur juridiction suite à leurs erreurs politiques et économiques. Ils sont souvent réélus par les électeurs eux-mêmes quand ils ont été condamnés pour corruption. Ce qui en dit long sur les raisons réelles pour lesquelles  nos concitoyens votent.


10 " Puisque tout vote est secret et puisque tout gouvernement secret est par nécessité une association secrète de voleurs , tyrans et assassins, le fait général que notre gouvernement, dans la pratique, opère par le moyen d'un tel vote prouve seulement qu'il y a parmi nous une as
sociation secrète de voleurs, tyrans et assassins, dont le but est de voler asservir et-s'il le faut pour accomplir leur dessein- assassiner le reste de la population"
 Les partis politiques du XXième siècle, expression politique d'une fraction des électeurs, ont prouvé, qu'avec la nature profonde des États modernes, les électeurs pouvaient  commanditer et faire exécuter massivement des vols et assassinats sur leurs concitoyens. Depuis l'ère de l'arme nucléaire, de la télévision, d'Internet et de la mondialisation des communications, l'assassinat de masse des populations s'est ralenti, en revanche le vol (impôt et endettement massif) s'est substitué aux "démocides", mais un vol est un vol, cela reste toujours un crime ou un délit sans parler du recel de ces vols et de la fausse monnaie (monopole d'émission de la monnaie sans contrepartie réelle) produite par les hommes d'Etat.





Voter est souvent assimilé à un devoir moral parce qu'il exprime une adhésion à un contrat social. Mais un tel mot-contrat social- est source de confusion lui aussi et pour les mêmes raisons. On ne peut consentir à un contrat avec de parfaits inconnus, pas plus qu'on ne peut donner le nom de contrat social à l'obéissance des citoyens à un groupe d'hommes armés appelé gouvernement. Cette notion de contrat social est une pure abstraction. Or, il est impossible de passer un contrat avec une abstraction, un incorporel ou un non-existant. Il est également difficile de parler de consentement "tacite", sous le fallacieux prétexte que vous n'exercez pas votre droit d'émigrer. Si une femme reproche à son mari ses relations adultères, celui-ci peut toujours lui dire de quitter le foyer ou d'épouser un autre homme. En restant malgré tout au foyer, elle ne consent nullement au comportement déloyal de son époux mais constate simplement qu'il est plus coûteux de divorcer que de partager son époux avec une autre femme.

L'idée que le contrat social qui lie les individus est une forme de contrat non écrit, confond la notion de règle de conduite avec celle de consentement. Lorsque vous roulez à droite au lieu de rouler à gauche, vous ne "consentez" pas à la règle, vous l'adoptez parce que le risque d'avoir un accident grave en roulant à gauche est trop élevé. Tout le monde roule à droite et cette règle se fait respecter d'elle-même.

Il existe en fait trois formes de consentement:

1) les promesses
2)les contrats écrits
3)les contrats non écrits ou tacites

Un immigré, qu'il soit politique ou non, et qui demande la nationalité française promet de respecter les règles en vigueur dans le pays d'accueil : il y consent explicitement. On peut alors parler de consentement par contrat écrit ou par promesse. Mais si vous êtes né sur le territoire français, de parents français, vous obtenez automatiquement la nationalité française. En aucun cas on ne peut parler de consentement.

Prenons l'exemple suivant : lors du conseil d'administration d'une entreprise, le Président fixe la date de la prochaine réunion et demande s'il y a des objections. Aucun des membres du conseil d'administration ne proteste. Le fait de garder le silence a ici valeur de consentement tacite. Qui dit consentement tacite dit possibilité d'objecter !

Plusieurs conditions sont nécessaires à cela:
-les individus doivent avoir connaissance du droit qui leur est donné;
-la limite temporelle avant laquelle ils doivent objecter doit être parfaitement claire;
- les moyens qui leur permettent de le faire doivent pouvoir être facilement employés;
- les conséquences d'un refus éventuel ne doivent pas être dommageables.

Dans la mesure où il s'agit d'un contrat, qu'il soit, ou non, tacite, seuls ceux qui y consentent sont concernés.

Le droit de divorcer d'avec l’État, le droit d'ignorer l'État et de faire sécession font alors partie des règles fondamentales qui le régissent, faute de quoi il ne s'agit pas d'un contrat mais d'assujettissement ou d'esclavage.

Maintenant que nous avons une idée plus précise de ce que peut être un contrat social fondé sur le consentement, il est possible de rejeter aisément cette théorie.

Les individus nés en France ne peuvent, en effet, ni ignorer, ni divorcer, ni objecter au contrat social: ils ne sont donc pas tenus de respecter une quelconque obligation politique. Tel est l'argument du politologue J. Simmons.

Le paradoxe qui en résulte est que seuls les immigrés qui ont obtenu la nationalité française peuvent être considérés comme véritablement français et contraints à des obligations politiques!

Nous avons aussi un guide pour savoir ce qu'il faut faire. Si l'on désire fonder un contrat social sur le consentement, il faut revendiquer un statut "d'homme libre".

C'est-à-dire un statut pour tout être humain qui désire vivre sur un territoire donné en ignorant l’État et l'ensemble des services qu'il prétend offrir. Cela signifie aussi que sur un même territoire les "métèques" puissent assurer leur propre protection sans avoir recours à l’État et donc sans payer d'impôts.Si l’État ne fait pas payer les rues ou les routes aux métèques c'est son problème. Charge à lui de le faire.Sinon les métèques pourront alors créer des routes pour eux si l’État refuse qu'ils circulent sur ses propres routes. Exactement comme l' Etat devra accepter que les métèques aient leur propre défense.

Tout citoyen et a fortiori tout homme politique qui refuse que l'on puisse objecter à l’État  révèle que l'usage qu'il veut faire du monopole de la violence politique au nom de ceux qui l'ont porté au pouvoir n'est pas honnête. Il ne se différencie pas fondamentalement d'un brigand et les hommes politiques dans leur ensemble une bande de brigands organisés comme le suggérait Lysander Spooner.
Vous trouvez que j'exagère et que je suis le seul à faire un tel diagnostic? Vous avez tort.
Le député eurosceptique britannique Godfrey Bloom (UKIP) le 21  novembre 2013 tance vertement ses collègues à la tribune du Parlement européen dans les termes suivants:

"Eh Bien, monsieur le Président. Il me vient une citation du grand philosophe américain Murray Rothbard qui dit: "L'État est une institution de voleurs". A l'extrême. L'imposition est simplement un système dans lequel les politiciens et les bureaucrates volent l'argent de leurs citoyens, pour le dilapider de la plus honteuse des façons. Cet endroit n'est pas une exception. C'est fascinant et je me demande comment vous arrivez à garder votre sérieux en parlant d'évasion fiscale. La Commission ne paient pas d'impôts. Vous n'êtes pas assujettis à l'impôt au même titre que les citoyens. Vous avez toutes sortes d'avantages. Taux d'imposition convertis, plafond d'impôt sur la grande fortune, retraites non imposables. Vous êtes les champions d'Europe de l'évasion fiscale et pourtant vous êtes là assis, à donner des leçons. Mais bon, les gens de l'Union Européenne ont compris le message. Vous allez bientôt vous rendre compte que les eurosceptiques vont se faire de plus en plus nombreux en juin prochain. Et plus grave, quand les gens se seront rendu compte de qui vous êtes, il ne leur faudra pas beaucoup de temps pour prendre cette Chambre d'assaut et vous pendre. Et ils auront raison!."

Les résultats des élections européennes de mai 2014 ne lui donne pas tort. Au grand damne des anti populistes de tous bords, les eurosceptiques se sont fait effectivement plus nombreux et ceux dans presque tous les pays de l'Union Européenne!



 
  Le mystère de l'obéissance civile
par Bertrand de Jouvenel , chapitre premier de "Du pouvoir" 1942

Du devoir de désobéissance civile 1849
par David Thoreau

Esquisse d'une théorie de la désobeissance civile
Par J.Rawls


Du Droit de résistance et de désobéissance civile
par Alain Laurent

Pour une définition cohérente du principe de consentement
par François Guillaumat

La résistance aux recensements
par Bertrand lemennicier

La théorie contractuelle des gouvernements locaux
par Bertrand lemennicier
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