Accueil
Vidéo conférences
 
Autres universes
Curriculum Vitae
 
Voir Panier
Connection client :
   
 
Nouveau compte ?
 
Evènements à la une
les Etats généraux de la bioéthique 2018
Le service civil obligatoire
Vive le réchauffement climatique
80 km/h sur les routes départementales
Le combat intellectuel contre la pensée libérale à l'université
 
Recherche
 
Nous contacter
Liens
Plan du site
 
 
  
 
Powered by
BWM Mediasoft
Bienvenue sur le site de Bertrand Lemennicier  Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme, ces droits sont : la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression (Article 2 de la déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen du 26 août 1789)  "Quand même tu aurais à vivre trois mille ans, et trois fois dix mille ans, dis-toi bien que l'on ne peut jamais perdre une autre existence que celle qu'on vit ici-bas, et qu'on ne peut pas davantage en vivre une autre que celle qu'on perd". Marce Aurèle, Pensées, Livre II, maxime 14  "La vertu de la rationalité signifie la reconnaissance et l'acceptation de la raison comme notre seule source de connaissance, notre seul juge des valeurs et notre seul guide d'action" Ayn Rand , La vertu d'égoisme,  J'ai le pouvoir d'exister sans destin, Entre givre et rosée, entre oubli et présence. Médieuse de Paul Eluard 1939 
le choix du conjoint
 
Le choix du conjoint

(tiré de "Le marché du Mariage et de la Famille" PUF Col."Libre Echange")

Par Bertrand Lemennicier

"Se peut-il qu'oublier au fond de ma province, je passe à côté du bonheur ? 40 ans, brune, yx bleus, 1.63 m, 65 kg, cél., secrétaire d'administration scolaire et universitaire, élégante et discrète, réservée mais passionnée, romantique - lui : début quarantaine, bonne situation, mais resté simple, non fumeur, calme, sensible, sérieux, mais non ennuyeux, désirant nid douillet mais solide. "

La Centrale des Particuliers, no 8 3 1, janvier 1986, annonce no 89-221 0 97.

Les circonstances qui conduisent à un échange de consentements pour décider d'un mariage ou d'une vie commune sont celles d'un marché. Les modalités de rencontre sont diverses: petite annonce dans un journal spécialisé, rendez-vous organisé par une agence matrimoniale ou un club, rencontres spontanées. Ces contacts sont indispensables, et les partenaires échangent une série d'informations sur la qualité des services qu'ils peuvent se rendre mutuellement ou sur le type d'aventure qu'ils désirent. Ces renseignements prennent différentes formes : ouïe dire, échange de curricula vitae, etc... Ils requièrent divers intermédiaires : agences matrimoniales, marieurs, amis. L'accord conclu et librement accepté peut être formel (contrat de mariage) ou informel (union libre). Généralement les conditions de travail (femme au foyer ou non), le nombre d'enfants (voire la date à laquelle on les désire), le partage des tâches seront implicitement décidés à l'avance et renégociés dès qu'il sera nécessaire de le faire pour maximiser le bien-être du couple. Ce contrat suppose un échange de services : l'homme désire obtenir de son épouse affection ou procréation, services difficiles a acquérir sur le marché ; elle, en retour, exige une compensation monétaire (voir encadré ), car le car le temps qu'elle consacre à son mari pourrait être utilisé à autre chose ou offert à un autre homme.

Les marchés du mariage et du travail sont respectivement semblables et interdépendants. Les services rendus par les individus ont une spécificité unique : ils ne peuvent être que loués. Le commerce des hommes et des femmes est aujourd'hui illégal, mais les services qu'ils rendent à un employeur, en absence d'un droit du travail, serait soumis aux règles du "louage de services". Il en est de même pour le marché du mariage : l'homme loue les services d'une femme et en contrepartie lui offre une compensation. Mais ici, les à côtés mêmes de cette location : beauté du mari, intelligence, statut socioprofessionnel etc... sont primordiaux.

Dans un monde où l'incertitude prédomine, les hommes et les femmes n'ont pas connaissance de l'utilité totale attendue en formant un couple. Il faut du temps et de la chance pour trouver l'époux le mieux assorti à ses propres traits. Entre épouser la première personne rencontrée et attendre indéfiniment un amour exceptionnel, existe un moyen terme. Dans un couple, l'assortiment réalisé est donc nécessairement imparfait.


LES PETITES ANNONCES DE DANIELE DANS LE JOURNAL
LA CENTRALE DES PARTICULIERS

Source: Les Occasions, La Centrale des Particuliers, no 831, 2 janvier 1986.

De tous temps les hommes ont été prêts à acheter le privilège d'avoir des relations sexuelles avec les femmes. Mais l'inverse est très rare. Cette différence de comportement s'explique par le risque de grossesse. Comme la prostitution est une industrie illégale, il est très difficile de connaître quel est le montant des transferts monétaires opérés à ces occasions-là. Cet échange n'est pas propre à la prostitution. Autrefois lorsque l'homme faisait la cour à une femme il était tenu par la coutume de payer les repas et les sorties. La loi elle-même dans le mariage impose à l'homme une obligation de secours et d'assistance à son épouse. Le fondement du mariage est un échange où la femme offre affection, relations sexuelles et enfants légitimes en compensation d'un salaire ou d'un support financier et accessoirement d'amour ou de tendresse assorti d'enfants légitimes.

Pour convaincre le lecteur de cet échange, prenons la rubrique des petites annonces d'offre et de demande en mariage dans un journal : celui de la Centrale des Particuliers, journal réputé sans intermédiaire. Dans le numéro 831 du 2 janvier 1986, 49 annonces de femmes et 89 d'hommes avaient été sélectionnées par Danièle, la responsable de rubrique. La taille, le poids, l'âge, le métier et le statut matrimonial; célibataire, veuf ou divorcé (avec enfants ou non), tous ces renseignements étaient signalés en plus des caractéristiques désirées par les annonceurs. Voici les plus citées : 1 ) l'âge minimum désiré (par la femme pour l'homme) ou maximum (par l'homme pour la femme); 2) la situation financière (exprimée par des mots comme bonne situation, niveau d'éducation supérieur ou catégorie professionnelle, tel cadre supérieur etc.) ; 3) la beauté (repérée par les mots : mignonne, physique agréable, mince, élégante) ; 4) l'intelligence ou la culture; 5) l'affection ("tendresse", "douceur"); 6) le sérieux et la responsabilité; 7) l'humour; 8) la sobriété; 9) la masculinité (repérée par des mots comme sportif, dynamique, ambitieux); 10) la féminité (le terme féminine est souvent employé par les hommes pour une femme); 11) la sensualité; 12) la générosité; 13) le désir ou la présence d'enfants. Le tableau suivant montre en pourcentage la fréquence avec laquelle chaque sexe désire voir ces caractéristiques chez le partenaire qui répondra à l'annonce. Les hommes demandent par ordre décroissant chez une femme : affection, beauté, féminité, intelligence et sensualité. Les femmes demandent en revanche: une bonne situation, de la tendresse, de l'intelligence, du sérieux et de la masculinité.

Ces résultats sur un petit nombre d'annonces pris au hasard dans un journal non spécialisé dans les annonces de mariage sont confirmés par une étude de Cameron et al. (1977), cité par Heer et Grossbard-Schetman (1981 ).

- Cameron et al., " Courtship American Style : News payer ads ", The Family Coordinator, janvier, 1977. Heer D. et Grossbard-Schetman A. (19811, " The Impact of the Female Marriage Squeeze and the Contraceptive Revolution on Sex Roles and the Women's Liberation Movement in the U.S. 1960 to 1970, The Journal of Marriage and the Family, février.

Mais aussi par une étude plus récente que nous avons menée sous le titre Sélection adverse et marché de seconde main. Une application à la recherche impersonnelle du conjoint (2001)
avec deux doctorants: Gaelle Leguirriec et Nicolas Vaillant.

Choisir un époux par petites annonces (agence matrimoniale) révèle l'échec des rencontres de la vie quotidienne. L'annonceur peut être un rebut (célibataire d'âge avancé, femme trop exigeante dans la sélection du conjoint ou divorcée, constituant par là même une "occasion" délicate à reprendre).

Le tableau ci-après est édifiant à cet égard. Dans l'échantillon, l'âge moyen des femmes est de 42 ans, celui des hommes en revanche est de 36 ans. Les femmes sont trop grandes ou trop maigres! 43,8 °/ des femmes sont divorcées. 18,7 % sont des veuves et seulement 37,5%d'entre elles sont célibataires. 58 % des femmes ont au moins un enfant L'âge minimum qu'elle souhaite chez leur partenaire, est de 41 ans. Chez les hommes, il y a, en revanche, 58 % de célibataires et 37,5 % de divorcés. Ils exigent chez leurs partenaires un âge minimum de 35 ans!


Les petites annonces et le marché de l'occasion

 

Femmes

Hommes

Taille de l'échantillon

49

89

âge moyen

42 ans (23 ans) 2

36 ans (26 ans)

taille

1,65 m (1,60 m)

1,73 m (1,73 m)

poids

54 kg (57 kg~)

68 kg (72 kg)

célibataires

37,5 % (7 %)

58 % (15%)

veufs

18.7% (3,9 %)

4.5% (0.2%)

divorcés

43.8% (6.1%)

37.5% (4.6%)

nombre de personnes avec des enfants

58%

25%

âge minimum demandé par les femmes

41 ans -

 

âge minimum demandé par les hommes

 

35

situation financière

61%

2%

beauté

12 %

49,4 %

intelligence

26,5 %

21,3 %

affection

36.7%

59.5%

masculinité

24.4%

 

féminité

 

27%

sérieux

24.5%

5.6%

sensualité

6.1%

16.8%

enfant

4.1%

12.3%

sobriété

14.2%

0

humour

12%

4.5%

générosité

10.2%

0

Source : Rubrique mariage de La Centrale des Particuliers, n° 831 du 2 janvier 1986
1 .Entre parenthèse: caractéristiques de la population de l'ensemble des François en 1981.
2. Age moyen au premier mariage en 1981 .
3. Taux de célibat de veufs et de divorcés dans la catégorie des 30 à 39 ans en 1983 pour les hommes et de 40 à 49 ans pour les femmes. Source : Tableau de l'Economie Française, INSEE, 1985..




Prospection, évaluation et cohabitation

Etre marié implique une perte d'indépendance et rompre le mariage ne se fait pas sans coût. Si le mariage n'entraînait pas ces difficultés, chacun épouserait la première personne rencontrée. Chacun profiterait du mariage dans un couple imparfaitement assorti et continuerait à prospecter, en même temps, d'autres partenaires. Une fois trouvé chacun quitterait l'ancien pour le nouveau'. La perte d'indépendance interdit une prospection intensive et prive l'individu qui est marié de découvrir aisément un meilleur assortiment. Rompre la liaison avec son ancien partenaire n'est pas non plus une décision unilatérale. Elle engendre souvent des larmes. Elle entraîne des coûts. Il n'est donc pas dans l'intérêt de chacun d'épouser la première personne rencontrée. Au contraire, il est prudent d'en essayer plusieurs ou d'évaluer de façon plus approfondie les traits de la personnalité rencontrée avant de prendre une décision.
Exactement comme pour le choix d'un yaourt ou d'une automobile, chacun consacre du temps et de l'argent pour inspecter, évaluer et expérimenter les caractéristiques d'un conjoint potentiel. Dans tout produit il existe des caractéristiques observables avant l'achat et d'autres se révèlent uniquement lorsque le produit est acheté ou consommé. Il en va de même avec les individus. Si vous êtes un homme et que vous préférez les brunes aux yeux bleus sans tenir compte du reste, une simple inspection suffira. Certes, il vous restera à convaincre cette jolie brune de vous épouser puisque la décision ici n'est pas unilatérale, mais vous vous serez épargné bien des coûts de prospection. En revanche, si vous attachez de l'importance à l'intelligence, aux goûts de votre partenaire en matière vestimentaire, à l'harmonie sexuelle et si en plus vous désirez une épouse d'une moralité irréprochable, honnête, capable de faire des enfants, alors une simple inspection sera insuffisante. II vous faudra expérimenter le partenaire avant de prendre une décision définitive; ou prolonger sérieusement la prospection si le coût d'expérimentation est trop élevé.

Cette prospection prend des formes variées. Le choix du lieu de rencontre est essentiel selon le partenaire souhaité et il faut se renseigner sur sa famille. Le compte en banque des parents ou les espoirs de carrière de votre partenaire sont des informations utiles lorsque vous avez tendance à vivre au crochet des autres. Certains individus auront du temps pour prospecter, d'autres non. Retarder le mariage, pour expérimenter un autre partenaire ne prive pas les plus jeunes des joies de vivre avec un conjoint, ils ont toute leur vie devant eux. Ils feront donc confiance à leur propre capacité pour trouver le partenaire rêvé. Inversement les plus anciens s'adresseront à des intermédiaires spécialisés.

Généralement pour mieux observer les traits de la personnalité d'un partenaire des contacts fréquents sont indispensables. Pour cela, des méthodes de prospection plus ou moins formelles ont toujours existé. L'échange des curriculum vitae entre familles par l'intermédiaire de marieuses ou de méthodes commerciales éprouvées et efficientes (fichiers informatisés) permet de réduire les facteurs de hasard. En général les intermédiaires sont supposés augmenter la probabilité d'un meilleur assortiment. Nombre de renseignements sont utilisés comme indice de certaines caractéristiques non observables avant le mariage. Le visage peut dévoiler des traits de caractère, le niveau d'éducation est un signe d'intelligence. L'appartenance à une religion suggère des principes moraux qui ont une grande valeur pour la constitution d'une famille. Cependant, toutes ces méthodes ne permettent pas de se faire une opinion ferme et définitive.L'expérimentation est vraisemblablement indispensable pour mesurer la valeur véritable d'un assortiment homme-femme. De tous temps, les familles ou les villages ont favorisé et organisé l'expérimentation par des méthodes empiriques, telles la cour ou les fiançailles. Ainsi la "cour nocturne" en Suède ou en Finlande en est un bel exemple .

Les seuls gains du mariage qui subsistent aujourd'hui sont ceux qui résultent de la complémentarité. Les gains de la spécialisation ont été détruits par l'évolution du salaire réel offert aux femmes sur le marché du travail et par l'évolution du prix des substituts à la production familiale.Or, les gains de la complémentarité impliquent une perfection plus grande de l'assortiment des conjoints. Les gains attendus de l'expérimentation se sont donc accrus. Naturellement, les nouvelles méthodes contraceptives et la légalisation de l'avortement la facilitent en diminuant l'un de ses coûts (risque de conception prénuptiale entraînant un mariage non désiré). Les gains attendus de l'expérimentation augmentent. Le coût d'opportunité diminue. La pratique de l'expérimentation plus connue sous le nom de cohabitation (substituts des fiançailles et des cours sous haute surveillance) s'est développé spontanément et à une grande échelle dans les nouvelles générations.
  Le marché du mariage et de la famille (1988) par Bertrand Lemennicier

Marriage Contracts and the Law-and -Economics of Marriage: An Austrian Perspective (1999)

par Shoshana Grossbard et Bertrand Lemennicier
publié dans The Journal of Socio Economics
 top
Vidéo conférences - Autres universes - Curriculum Vitae
Nous contacter - Liens - Plan du site - Conditions Générales de Vente

Copyright © 1996-2008 Bertrand Lemennicier. Tous droits réservés.