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Bienvenue sur le site de Bertrand Lemennicier  Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme, ces droits sont : la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression (Article 2 de la déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen du 26 août 1789)  "Quand même tu aurais à vivre trois mille ans, et trois fois dix mille ans, dis-toi bien que l'on ne peut jamais perdre une autre existence que celle qu'on vit ici-bas, et qu'on ne peut pas davantage en vivre une autre que celle qu'on perd". Marce Aurèle, Pensées, Livre II, maxime 14  "La vertu de la rationalité signifie la reconnaissance et l'acceptation de la raison comme notre seule source de connaissance, notre seul juge des valeurs et notre seul guide d'action" Ayn Rand , La vertu d'égoisme,  J'ai le pouvoir d'exister sans destin, Entre givre et rosée, entre oubli et présence. Médieuse de Paul Eluard 1939 
2.3 Analyse marginale
 

2.3 Analyse marginale

Pour déterminer le nombre d'unités d'un bien ou d'un service que l'on désire consommer, on s'intéresse au coût (et au gain) supplémentaire que l'on va supporter en en consommant une unité additionnelle. Ceci pour une raison simple : on s'attend à ce que le coût d'opportunité (resp. le gain attendu) d'une unité supplémentaire de ce bien s'élève (resp. diminue) au fur et à mesure que l'on en consomme.

 Revenons à notre exemple des années de scolarité. La quantité totale d'éducation reçue dépend du nombre d'années de scolarité effectuées. Elle est, en fait, déterminée en comparant à chaque fin d'année le coût d'opportunité de l'année suivante au gain attendu. Si le gain attendu est inférieur au coût d'opportunité, on a une règle d'arrêt : il est inutile de prolonger sa scolarité, puisque l'individu serait amené à sacrifier plus d'argent qu'il n'en reçoit. On peut décrire cette règle d'arrêt à l'aide d'un graphique. Portons sur l'axe vertical les gains et coûts marginaux d'une action (une année d'étude supplémentaire) et sur l'axe horizontal le nombre d'unités (ici le nombre d'années de scolarité) du bien ou du service en question.

Graphique 2.1

L'axe vertical représente les coûts transitoires et gains permanents attendus d'une année d'étude supplémentaire. L'axe horizontal représente le nombre d'années de scolarité. Le coût d'opportunité d'une année d'étude supplémentaire est croissant car d'une année à l'autre le salaire perdu en poursuivant ses études s'élève. Le supplément de gain attendu d'une année d'étude à l'autre, en revanche, diminue avec le nombre d'années de scolarité. Lorsque le coût d'opportunité d'une année d'étude supplémentaire excède le gain permanent attendu, l'étudiant arrête ses études.

D'un côté, le coût d'opportunité d'une année d'étude supplémentaire croît. En effet, celui-ci est mesuré par le revenu perdu en renonçant à un emploi salarié. Si le salaire est une fonction croissante du nombre d'années d'étude (ce qui est empiriquement établi), le fait de prolonger ses études d'une année entre la maîtrise et le DEA implique de renoncer à un salaire plus élevé que de prolonger ses études d'une année entre la première et la deuxième. Par ailleurs, les études sont plus coûteuses, car plus hautement qualifiées; elles exigent des enseignants et des chercheurs spécialisés et reconnus et parfois des équipements sophistiqués.

De l'autre côté, le gain attendu d'une année supplémentaire de scolarité diminue. Le supplément de revenus attendu entre une première année d'étude et un DEUG est plus élevé que le supplément de revenus attendu entre une maîtrise et un DEA. Le gain marginal est donc décroissant et le coût marginal est croissant. Arrêter ses études au DEUG (2 années d'études), revient à renoncer à un profit mesuré par le triangle "bae". Prolonger jusqu'au DEA (6 années d'études), c'est supporter des pertes mesurées par le triangle "egf". La comparaison des gains et des coûts d'opportunité d'une année d'études supplémentaire nous indique quand il faut arrêter ses études : quatre années d'études épuisent les profits sans supporter de pertes. Grâce à ce graphique très simple, on obtient déjà des prédictions élémentaires en matière de prolongation de la scolarité. Si le coût d'opportunité des études diminue ou si les gains attendus augmentent, et ce quelle que soit l'année de scolarité considérée, les étudiants prolongeront massivement leur scolarité. Chaque individu fait face à des coûts d'opportunité et des gains attendus différents. Les étudiants jeunes ne font pas face aux mêmes opportunités que les étudiants plus âgés.
 

Le graphique ci-dessus est pratiquement identique au précédent. La seule différence vient que l'on considère deux groupes d'individus : les jeunes et les vieux. Les vieux ont un coût d'opportunité à prolonger leur scolarité d'une année plus élevé que celui des jeunes. Le gain permanent attendu d'une année d'étude supplémentaire est aussi beaucoup plus faible car il court sur un plus petit nombre d'années. Les vieux ne vont pas à l'université contrairement aux jeunes. En effet, les individus les plus âgés voient le gain attendu d'une année de scolarité supplémentaire courir sur un plus faible nombre d'années. Ils seront donc moins incités à prolonger leurs années de scolarité.

Simultanément, leur coût d'opportunité est plus élevé, s'ils sont dans la vie active (sur les bancs de la Faculté, rares sont les personnes âgées de plus de trente ans). Comme l'exemple ci-dessus le suggère, cette règle d'arrêt repose sur deux hypothèses : la forme croissante ou décroissante des courbes de coût et de gain marginaux et sur le fait que le gain marginal doit excéder le coût marginal pour les premières années et lui être inférieur pour des années ultérieures. Si les faits devaient décider de la nature croissante ou décroissante des coûts et gains marginaux pour chaque année d'études, on pourrait trouver des situations où les premières années ne seraient pas rentables, alors que les dernières le seraient impliquant en effet de seuil au niveau de la maîtrise par exemple comme l'illustre le graphique ci-dessous.
 

Introduire un coût d'opportunité des études décroissant dans les premières années et croissant à partir d'un certain niveau d'étude ne change pas grand chose à l'analyse en dehors de l'effet de seuil. Ce dernier implique un choix où tous les individus ont tendance à prolonger leurs études jusqu'au DEA ou à ne pas faire d'études du tout. En réalité, un coût d'opportunité marginal est toujours croissant et un gain marginal toujours décroissant. En effet, lorsque l'on consomme une première année de scolarité, on sacrifie en contrepartie. l'opportunité ou l'alternative qui a le moins de valeur ! Et on le fait, si le gain marginal attendu de cette année de scolarité excède le sacrifice qu'elle implique. Comme le coût d'opportunité est mesuré par la valeur de ce qui est sacrifié et comme ce qui est sacrifié correspond à l'alternative qui a le moins de valeur, le coût d'opportunité de la première unité consommée est le plus bas possible.

En consommant une deuxième unité, on procède de la même manière. La courbe de coût d'opportunité est croissante puisque l'on suppose que chaque individu est rationnel et classe les alternatives qu'il est prêt à sacrifier par ordre croissant de valeur (et non pas parce que l'on a constaté empiriquement que celle-ci était croissante comme dans la première présentation de l'exemple de la scolarité. Concernant le gain marginal, l'analyse est similaire. Le gain attendu d'une action est la satisfaction qu'elle procure. Quand vous décidez de consacrer votre temps à une activité, la première unité est consacrée à l'activité qui vous donne la satisfaction la plus élevée ou au désir le plus urgent. Quand vient l'heure de consommer une deuxième unité, vous consacrez celle-ci à l'alternative qui vous procure la satisfaction la plus élevée c'est-à-dire à celle immédiatement inférieure à l'alternative que vous aviez choisie en premier ou au désir un peu moins urgent... et ainsi de suite. Le gain marginal est donc, par définition, décroissant, car on suppose que les individus classent leurs désirs par ordre décroissant d'urgence.

L'analyse marginale est une règle d'arrêt simple : lorsque le coût d'opportunité d'une action supplémentaire (coût marginal) devient juste égal ou supérieur au gain attendu de cette action (gain marginal), il est inutile de poursuivre cette action.

Une implication logique que l'on peut dériver de cette notion c'est celle de coût irrécupérable (sunk cost). Pour une raison ou une autre les gens ont tendance à faire des choix erronés au prétexte de réparer des erreurs de décisions passées. On peut décrire ce phénomène par l'exemple typique suivant. Une personne s'inscrit à un club de tennis en payant un droit d'entrée de 1000 euros l'année. Peu de temps après elle s'aperçoit qu'elle a fait une erreur. Mais elle se force à y aller pour ne pas perdre, se dit-elle, les 1000 euros dépensés. Pourtant elle reconnaît que cela lui déplait profondément.

Il est irrationnel de diminuer son utilité présente au prétexte d'avoir dépensé dans le passé une certaine somme d'argent. Le choix est de savoir si une fois payé le droit d'entrée, on prend du plaisir à y aller ou non. Personne ne peut revenir sur l'erreur d'une décision passée sans supporter un coût supplémentaire pour la réparer. Il faut alors comparer ce coût supplémentaire au gain attendu en corrigeant l'erreur. Mais la décision est prise pour la période future pas celle passée. Quand l'étudiant s'aperçoit qu'il s'est trompé dans le choix de ses études, il est idiot de persévérer dans la voie choisie au prétexte qu'il a déjà passé plusieurs années dans cette formation. La décision porte sur la rentabilité de l'année d'étude à venir par sur le total des années déjà passées à étudier.

La décision est prise sur la valeur attendue d'une activité supplémentaire ou sur l'achat d'un bien supplémentaire. Avec cet outil de raisonnement on peut expliquer très simplement un phénomène qui intrigue toujours les observateurs du système scolaire: la montée de l'absentéisme à l'école conjointement avec celle de la violence. L'explication pour un économiste est directe : c'est le produit d'une législation qui force les jeunes à continuer leurs études au-delà du nombre d'années optimal de scolarité. C'est ce qui se passe avec la scolarité obligatoire jusqu'à 16 ans.

Reportons-nous au graphique suivant. Admettons que le nombre  optimal Ÿ d'années de scolarité pour un groupe d'élèves est 8 ans. L' âge optimal de sortie du système scolaire est donc de 14 ans. Contraindre ces élèves à poursuivre leur scolarité au-delà de 14 ans revient à leur faire supporter un coût d'opportunité en excès des gains permanents attendus. Comme par ailleurs on interdit à un employeur d'embaucher des enfants de moins de 16 ans, les élèves n'ont aucune autre solution que de fuir l'école. S'ils sont contraints d'y aller par la force, ils vont résister par la violence à un système scolaire qui les agresse. S'ils n'ont pas envi d'aller à l'école, que les employeurs légaux n'ont pas le droit de les embaucher, ils se tournent vers le marché noir et la délinquance. Supprimer la scolarité obligatoire, autorisé le travail des enfants en deçà de 16 ans et ces maux disparaîtront comme par enchantement. Evidemment la contrepartie est que sur le marché du travail des concurrents marginaux arrivent .

Ces derniers sont prêts à travailler pour trois fois rien. Cette législation est faîte normalement pour contraindre des jeunes et leurs familles, qui spontanément ne poursuivraient pas leur scolarité au-delà de 13 ans ou 14 ans pour diverses raisons de le faire. L'idée est que le temps passé à l'école permet à ces élèves d'accumuler des compétences qui, plus tard, leur permettront d'avoir de meilleurs salaires. Nous avons alors un problème classique d'un législateur qui se substitue aux individus et aux familles en croyant savoir mieux qu'eux-mêmes ce qui est bon pour eux. Ils sont alors surpris de voir la réaction de ces jeunes. Quand on utilise la violence pour forcer quelqu'un à faire quelque chose qu'il n'a pas envie de faire, il ne faut pas s'étonner des conséquences que cela engendre. De façon ultime c'est l'individu lui-même qui contrôle son corps, ce ne sont pas les autres. En résistant, les jeunes des banlieues pétitionnent pour leur liberté vis-à-vis d'une réglementation dont ils pensent qu'elle leur est nuisible.

Si l'on ne veut pas revenir sur cette réglementation, existe-t-il une alternative pour éliminer cette perte que l'on fait supporter à ces jeunes? Comme l'a fait remarquer astucieusement une étudiante en cours, on peut proposer une école plus attrayante qui apporte des bénéfices plus élevés à chaque élève. La courbe de gain marginal s'élève jusqu'à ce que la date optimale de cessation de la scolarité devienne juste supérieure ou égale à 16 ans.

Par exemple on peut proposer un enseignement en alternance avec l'apprentissage d'un métier chez un employeur comme cela a été testé dans certains collèges en France ou adopter un système scolaire d'autres pays où de tels phénomènes ne s'observent pas. On peut aussi rémunérer l'élève (ou ses parents) pour l'inciter à poursuivre ces études au delà de 16 ans en diminuant son coût d'opportunité. Cette stratégie, par opposition à la simple suppression de la réglementation, reporte la question sur le mode de financement de ces alternatives et sur qui les paient. C'est-à-dire sur le coût d'opportunité du système alternatif au système scolaire existant et qui sera amené à supporter ce coût. En économie, il n'y a pas de repas gratuit. La leçon que l'on doit retenir ici est la suivante: l'analyse marginale est un outil qui permet d'organiser rapidement la réflexion sur la question de la cessation d'une activité. On peut l'appliquer à la date optimale du divorce, de la reprise d'une activité quand on est au chômage, à la vitesse optimale sur les routes..
 

2.1: La notion de coût d'opportunité

2.2: Fongibilité, substituabilité et subjectivité

2.3: Analyse marginale

2.4: Les droits de propriété pacifient les conflits à propos de l'usage d'une ressource rare

2.5: L'échange librement consenti

2.6 Principe des avantages comparatifs et division du travail

2.7: Mécanisme de prix et coordination des plans individuels

2.8: Le principe d'arbitrage

2.9: Le principe de coopération et la nature de la firme

2.10:Le principe de compétition: ordre compétitif ou concurrence pure et parfaite?

2.11:La nature de l'Etat et le principe démocratique

2.12: Principe d'auto-organisation et de sélectiong

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