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Bienvenue sur le site de Bertrand Lemennicier  Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme, ces droits sont : la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression (Article 2 de la déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen du 26 août 1789)  "Quand même tu aurais à vivre trois mille ans, et trois fois dix mille ans, dis-toi bien que l'on ne peut jamais perdre une autre existence que celle qu'on vit ici-bas, et qu'on ne peut pas davantage en vivre une autre que celle qu'on perd". Marce Aurèle, Pensées, Livre II, maxime 14  "La vertu de la rationalité signifie la reconnaissance et l'acceptation de la raison comme notre seule source de connaissance, notre seul juge des valeurs et notre seul guide d'action" Ayn Rand , La vertu d'égoisme,  J'ai le pouvoir d'exister sans destin, Entre givre et rosée, entre oubli et présence. Médieuse de Paul Eluard 1939 
2.4 L'échange librement consenti
 

2.4 L'échange librement consenti

Le marché repose sur une relation d'échange volontaire et mutuellement bénéfique. Les deux parties, si elles sont libres de refuser un marché, bénéficient de l'échange parce que, à l'évidence, il est difficile d'imaginer pourquoi les parties s'engageraient dans une transaction si elles en attendaient une perte ! Le vol, en revanche, est un échange non volontaire pour au moins l'une des deux parties. Mais ce n'est pas non plus une relation de marché. Le don, qui n'est pas une relation marchande, est volontaire mais pas mutuel. Il n'y a pas à obtenir de contrepartie de celui qui reçoit le don.

Ainsi, deux idées simples, mais non simplistes, doivent être retenues à propos de l'échange :

1) deux individus s'engagent dans une telle interaction parce qu'ils en espèrent un bénéfice ; autrement ils n'échangeront pas, En conséquence :

2) chaque individu estime que ce qu'il cède en contrepartie de ce qu'il demande a forcément moins de valeur pour lui (et réciproquement pour l'autre contractant), sinon il n'échangera pas. Dans un échange librement consenti, l'idée que les deux parties en cause doivent trouver leur avantage ou, tout au moins, espérer le trouver, est une évidence.

Pourtant, il est étonnant de constater combien celle-ci est rejetée par le commun des mortels. En effet, il existe des lois qui interdisent certains échanges mutuellement avantageux entre acheteurs et vendeurs tels l'adoption des enfants ou l'échange des organes ou du sang. Ces échanges devraient reposer sur le don. De même, de nombreuses personnes sont convaincues, d'instinct, que si un riche ou un employeur tire un avantage substantiel d'une affaire conclue avec un pauvre, cela signifie que le riche ou l'employeur exploite le pauvre !

Certains vont même jusqu'à penser qu'un échange juste est un échange où la valeur de ce que l'on donne doit être égale à la valeur de ce que l'on reçoit alors que la motivation profonde de l'échange est que justement ce que l'on donne a moins de valeur que ce que l'on reçoit ! Dans un échange librement consenti, chacune des parties anticipe un bénéfice ; sinon, elles n'échangeraient pas.

Prenons l'affirmations suivante :

Un bandit de grand chemin déclare à sa victime :" la bourse ou la vie ". La victime peut toujours choisir de ne pas payer. En un sens, cette transaction est volontaire et mutuellement bénéfique, puisque l'un s'enrichit et l'autre préserve sa vie. Le chantage, la prise d'otages et l'extorsion de fonds ne peuvent donc être distingués de l'échange volontaire.

Nombre d'économistes ont encore des difficultés avec l'analyse de telles situations. Or, celle-ci repose sur la notion de droit de propriété (nous examinerons avec soin cette notion dans deux chapitres ultérieurs). Le marché que propose le bandit consiste à vendre en retour à son propriétaire, quelque chose qu'il lui a volé : sa vie ! La transaction, soit-disant volontaire, repose en fait sur un vol . On ne peut échanger que ce dont on est " légitimement " propriétaire c'est-à-dire lorsque les droits de propriété sont définis. Ce point est crucial.

Etudions une autre situation. Un riche bourgeois de Nantes prête de l'argent aux pauvres fermiers du pays à des taux exorbitants. Beaucoup de paysans, endettés auprès de ce bourgeois, meurent avant d'avoir remboursé leur dette. Beaucoup vendent leurs maigres terres et émigrent en haillons vers les faubourgs de la ville, où ils vont mendier. Ce bourgeois exploite les pauvres fermiers du pays nantai. En réalité le pauvre paysan a un choix : accepter le taux d'intérêt exorbitant, vendre son lopin de terre pour aller mendier à la ville ou mourir de faim dans la campagne. En acceptant d'emprunter à ce taux, il révèle que cette situation, être endetté à vie, est meilleure pour lui que de vendre les autres. Ce bourgeois ne force pas le paysan à accepter sa proposition; en exigeant un tel taux, il ne diminue pas le bien-être du paysan !

On remarquera qu'il peut exiger un tel taux d'intérêt parce que d'autres bourgeois n'ont pas assez d'économies à placer. Sinon, le paysan pourrait trouver un bourgeois concurrent qui lui offre un taux plus raisonnable. Paradoxalement, quand le paysan met volontairement fin à ses jours avant d'avoir payé sa dette, c'est lui qui exploite le bourgeois en ne respectant pas le contrat passé avec lui.

En effet, il a obtenu de l'argent, grâce auquel lui et sa famlle ont pu consommer davantage en échange d'une promesse : celle de rembourser, plus tard, capital et intérêts. En ne respectant pas sa promesse, il vole le bourgeois et lui inflige une perte de bien-être. Affirmer que le bourgeois supporte une perte de bien être est aller trop vite dans l'argument. Il sait que le paysan peut ne pas respecter sa promesse. En acceptant de prêter à un paysan pauvre, il prend le risque de voir son prêt ne pas être remboursé. S'il craint cette éventualité, il peut aussi refuser de prêter au paysan ! Celui-ci ira à la ville mendier ou se suicidera. Le bourgeois n'accepte de prêter que si le taux d'intérêts est suffisamment élevé pour couvrir ce risque.

En ce sens, le non-respect de la promesse est bien un vol, mais ne diminue pas le bien-être du bourgeois car celui-ci s'est assuré ex-ante contre cette éventualité. La prohibition du taux d'intérêt par les autorités civiles et religieuses a été constante pendant des siècles. L'activité de prêteur a souvent été dénoncée comme immorale.

Citons Aristote : " l'intérêt est de l'argent issu d'argent, et c'est de toutes les acquisitions celle qui est le plus contre nature ". " Mutuum date nihil inde sperantes; prêtez, sans en espérer aucun avantage " (St Luc chap.VI verset 35). " Les prêteurs , dit Saint Basile, s'enrichissent des misères d'autrui; ils tirent avantage de la faim et de la nudité du pauvre.. " L'Eglise condamnait aussi les ventes à terme " vendre le temps qui ne peut être vendu; puisque Dieu l'a rendu commun à tous ".

Le préjugé contre le taux d'intérêt ou l'usure atteint son paroxysme avec Luther : "Échanger quelque chose avec quelqu'un, en gagnant sur l'échange, ce n'est pas faire oeuvre charitable, c'est voler. Tout usurier est un voleur digne du gibet. J'appelle usurier ceux qui prêtent à cinq et six pour cent."

Ne croyez pas qu'il s'agisse d'écrits en l'air. La loi française de 1807 punissait d'usure tout prêteur qui stipulait des contrats avec un taux d'intérêt supérieur à 6 pour cent! Pourtant A.M.Turgot dès 1770, et bien avant J.Bentham(1787), defendait l'usure. " La légitimité du prêt à intérêt est une conséquence immédiate de la propriété qu'à le prêteur de la chose qu'il prête " écrit-il. Le propriétaire d'un effet quelconque peut le garder, le donner, le vendre, le prêter gratuitement ou le louer, soit pour un temps certain, soit pour un temps indéfini. S'il le vend ou s'il le loue, le prix de la vente ou du louage n'est limité que par la volonté de celui qui achète ou qui prend à loyer ; et tant que cette volonté est parfaitement libre et qu'il n'y a pas d'ailleurs de fraude de la part de l'une ou de l'autre partie, le prix est toujours juste, et personne n'est lésé. Ces principes sont avoués de tout le monde, quand il s'agit de tout autre chose que l'argent, et il est évident qu'ils ne sont pas moins applicables à l'argent qu'à toute autre chose. La propriété de l'argent n'est pas moins absolue que celle d'un meuble.. " La véritable origine de la condamnation du prêt à intérêt n'est que l'expression d'un sentiment peu recommendable : "quoiqu'il soit doux de trouver à emprunter, il est dur d'être obligé de rendre".

Source : L.Faucher (1864), " L'intérêt " in Le Dictionnaire de l'Économie Politique, de C.Coquelin et Guillaumin; A.M.Turgot (1770) Mémoire sur les prêts d'argent. Communication au Conseil d'État à propos d el'affaire d'des commerçants d'Angoulême

Le paysan pauvre est pauvre, mais il n'est pas exploité. On ne se sert pas de lui comme on se servirait d'un esclave. On n'abuse pas de lui. Si le choix d'accepter un taux d'intérêt très élevé n'est guère réjouissant, l'échange volontaire nous assure au moins qu'il n'a pas été contraint d'agir ainsi. Il n'a jamais été avancé par les économistes que l'échange volontaire permettait d'atteindre le nirvana. Il y a cependant un corollaire important que l'on peut tirer du théorème de l'échange librement consenti : celui dérivé de sa négation : c'est-à-dire de l'échange involontaire.

Un échange non consenti implique les deux propositions suivantes :

 1) par définition, la victime aurait fait un autre usage de ses ressources en temps et en argent si la violence n'avait pas été utilisée pour l'en empêcher. Comme elle ne peut réaliser les fins qu'elles poursuivaient, elle anticipe, consécutivement à un échange involontaire une perte de satisfaction. En revanche, son agresseur anticipe gagner au transfert forcé, car personne ne l'oblige à user de la violence pour arriver à ses fins. Il y a donc une redistribution des satisfactions : l'un anticipe perdre à l'échange et l'autre gagner. En conséquence, l'échange involontaire signale deux choses : il existe une " exploitation " (un individu, l'agresseur, vit au dépens d'un tiers, la victime); les ressources ou les biens sont alloués à des usages différents de ceux que l'on auraient observé en absence de transferts forcés. Or, ils ne peuvent être affectés à un meilleur usage que celui auquel pensait la victime. Le fait que l'on use de la violence pour les obtenir nous interdit d'imaginer le contraire. En effet, il était facile à l'agresseur de démontrer qu'il pensait en faire un meilleur usage simplement en renonçant à son acte de violence et en obtenant le déplacement des ressources ou des biens dans ses mains avec le consentement de leur propriétaire en contrepartie d'un dédommagement : le prix de marché.

2) la victime cherchera à éliminer ou à minimiser la perte résultant du vol ou du don. Or, se protéger du vol ou refuser le don consomme des ressources. Ces dépenses auraient pu être évitées si l'échange, au lieu d'être forcé, avait été volontaire. Celles-ci auraient pu être consacrées à des usages différents, sans doute jugés plus productifs par la victime.

 

2.1: La notion de coût d'opportunité

2.2: Fongibilité, substituabilité et subjectivité

2.3: Analyse marginale

2.4: Les droits de propriété pacifient les conflits à propos de l'usage d'une ressource rare

2.5: L'échange librement consenti

2.6 Principe des avantages comparatifs et division du travail

2.7: Mécanisme de prix et coordination des plans individuels

2.8: Le principe d'arbitrage

2.9: Le principe de coopération et la nature de la firme

2.10:Le principe de compétition: ordre compétitif ou concurrence pure et parfaite?

2.11:La nature de l'Etat et le principe démocratique

2.12: Principe d'auto-organisation et de sélectiong

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