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Bienvenue sur le site de Bertrand Lemennicier  Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme, ces droits sont : la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression (Article 2 de la déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen du 26 août 1789)  "Quand même tu aurais à vivre trois mille ans, et trois fois dix mille ans, dis-toi bien que l'on ne peut jamais perdre une autre existence que celle qu'on vit ici-bas, et qu'on ne peut pas davantage en vivre une autre que celle qu'on perd". Marce Aurèle, Pensées, Livre II, maxime 14  "La vertu de la rationalité signifie la reconnaissance et l'acceptation de la raison comme notre seule source de connaissance, notre seul juge des valeurs et notre seul guide d'action" Ayn Rand , La vertu d'égoisme,  J'ai le pouvoir d'exister sans destin, Entre givre et rosée, entre oubli et présence. Médieuse de Paul Eluard 1939 
les déterminants du divorce
 
Les déterminants du divorce
Par Bertrand Lemennicier
tiré du livre : "Le Marché du mariage et de la famille", Paris PUF 1988, chapitre 3.

Les données empiriques sur les déterminants du divorce font apparaître quelques grands faits stylisés.

1) L' âge au mariage

L'âge au mariage, même lorsque l'on maintient constant la durée du mariage, est un déterminant essentiel de la probabilité de divorcer. La corrélation négative observé entre l'âge au mariage et le divorce est largement répertorié dans la littérature. Cette corrélation prend la forme en général d'une courbe en U avec un minimum à 30 ans. Ceci tend à suggérer qu'une fraction des mariages aux âges les plus jeunes résultent d'une prospection et d'une expérimentation et ceux aux âges plus éloignés d'un retard au divorce par suite d'investissements spécifiques au mariage comme ta présence des enfants. Bien entendu une durée du mariage plus longue est associée avec des taux de divorce faibles.

2) Le niveau de revenu de l'époux

Une hausse du niveau d'éducation du mari ou de son niveau de revenu réduit la probabilité de divorcer surtout au niveau le plus bas, en revanche cette hausse si elle se produit au niveau le plus élevé incite au divorce. Ce fait confirme d'une part le principe de spécialisation et d'autre part l'importance des événements non attendus. Un mari chômeur incite la femme à divorcer car elle ne peut être entretenue; un mari qui devient milliardaire est incité à changer de femme pour une autre de meilleure qualité. De la même manière quelqu'un qui émigre divorce plus facilement et souvent le divorce provoque une émigration.

3) Le niveau de revenu de /'épouse ou son activité professionnelle

Une activité professionnelle de l'épouse tend à augmenter de façon très significative la probabilité de divorcer. Une activité professionnelle signifie un revenu plus élevé de l'épouse dans le statut de célibataire. Celle﷓ci diminue donc les gains du mariage et incite au divorce. De la même manière un divorce anticipé incite la femme à travailler et â augmenter ses revenus et donc à précipiter le divorce.

4) Le nombre d'enfants

L'impact du nombre d'enfants sur le divorce est généralement négatif. Mais cette corrélation est plus complexe qu'il n'y paraît car l'âge des erfants et leur nombre interviennent simultanément. Par ailleurs les conceptions pré﷓nuptiales augmentent de façon significative la probabilité de divorcer.

5) Les revenus de transferts

Les aides aux familles pauvres tendent à rompre le mariage et les aides aux femmes seules (divorcées) tendent à maintenir leur statut de divorcées.

6) Les autres facteurs

Les couples qui se marient en dehors de leur religion, ou qui se marient très jeunes ou plus tardivement que la normale ont une probabilité plus forte de divorcer. La probabilité de divorcer est plus élevée dans un remariage. En revanche une hausse du niveau d'éducation a un effet ambigu. En général, un haut niveau d'instruction augmente le niveau de vie du couple et ses revenus, augmente les gains du mariage si les niveaux d'éducation sont assortis, et, en conséquence, entraîne une probabilité plus faible de divorcer. En revanche un haut niveau d'éducation de la femme la pousse à travailler, ce qui diminue les gains du mariage et incite au divorce.

7) La loi ne modifie pas les taux de divorce

Dans les Etats où le divorce unilatéral est autorisé, celui-ci n'est pas significativement plus élevé. Ce résultat, avancé par Becker, a été confirmé récemment par Peters.

i) Becker G., Landes E. et Michael R.,  An Economic Analysis of Marital Instability Ÿ, Journal of Political Economy, décembre 1977.
ii) Peters E.,  Marnage and Divorce : Informational Constraints and Private ContractingŸ, American Economic Review, juin 1986.


Les divorces ont lieu en majorité dans les cinq premières années de mariage aux Etats﷓Unis et dans les neuf premières en France. Cinq ans est la durée de mariage la plus fréquente au moment du divorce même si la durée moyenne est beaucoup plus élevée (douze ans en 1977). Elle doit être diminuée, en moyenne, d'une année car le divorce est souvent précédé d'une longue période de séparation (un an au moins) en attente du jugement sans compter les mois où la décision de divorcer est déjà prise mais non déclarée ou enregistrée.

L’hypothèse principale proposée par les économistes est la suivante : l'accumulation rapide d'informations correctes sur les caractéristiques de son conjoint est la source principale des ruptures précoces. Cependant de nombreux divorces surviennent beaucoup plus tard et l’explication que ces mêmes économistes proposent est très simple : l'utilité attendue du mariage à la date peut différer de celle qui se réalise à la date t + k.

Les gains du mariage, positifs au début du mariage, deviennent négatifs par suite d'événements imprévisibles. Les gains obtenus lorsque l'on vit ensemble peuvent évoluer au cours du mariage. Un homme peut devenir alcoolique, chômeur et donc incapable d'entretenir financièrement son foyer. Inversement il commence une carrière d'acteur besogneux puis quelques années plus tard devient célèbre et ne peut préserver sa vie familiale de toutes les tentations que lui offre la richesse, il quitte son épouse pour vivre avec d'autres femmes. Les longues maladies sont aussi un élément décisif.
Même en présence de gains du mariage positifs, il est possible de trouver un autre partenaire avec lequel les gains du mariage sont plus élevés.

Deux catégories de divorces coexistent : ceux qui ont pour origine un écart non prévu entre les gains attendus et ceux réalisés dans le mariage présent; ceux qui ont pour source une occasion d'améliorer sa vie en changeant de conjoint. Mais le point important ici est le suivant. La dissolution du mariage n'arrive pas automatiquement quand les gains du mariage à la date t deviennent négatifs ou lorsque l'un des époux trouve plus agréable de vivre avec une autre personne. Plusieurs raisons fondamentales expliquent ce fait :

﷓ L'existence d'un coût direct pour obtenir le prononcé du divorce par un juge aux affaires matrimoniales et pour liquider l'ensemble des actifs financiers, physiques ou humains accumulés au cours du mariage﷓ La présence d'un conjoint qui fait de la décision de divorcer une décision non unilatérale;
﷓ Les gains attendus du célibat après rupture.

a/ Les coûts directs du divorce

Les frais pour engager la procédure de divorce et les difficultés que rencontrent les époux entre la décision de rompre le mariage, le dépôt de la requête et le prononcé du divorce peuvent ne pas être négligeables. En 1974 la revue  50 millions de ConsommateursŸ estimaient à 6 000 F (au prix actuel cela fait 18 000 F) 3 , le coût du divorce pour la plus grande partie des justiciables. En 1970 la durée entre la tentative de conciliation et le prononcé du divorce s'élevait au chiffre moyen de 13 mois. Généralement les époux sont séparés dès le début de la requête et les pensions alimentaires sont déjà payées, couvrant ainsi pendant cette attente les difficultés financières de l'un des conjoints. Les économistes négligent habituellement ces coûts directs pour une raison simple : ils sont par nature transitoires. Ils sont inférieurs à la perte permanente qu'entraînerait une prolongation du mariage.

b/ La décision de divorcer n'est pas unilatérale

Jusqu'à maintenant nous avons fait comme si l'autre conjoint n'avait pas son mot à dire dans cette affaire. Si les deux époux tirent, tous deux, des gains positifs ou négatifs du mariage, ils seront d'accord pour rompre leur union ou pour la prolonger. En revanche si l'un des époux tire une utilité positive du mariage et l'autre une utilité négative, un conflit apparaît. Deux règles sont possibles: ou la prolongation du mariage, ou le divorce correspond à un consentement mutuel. Dans le premier cas le divorce unilatéral est autorisé, dans le second il est interdit. Ces deux règles ne sont pas indifférentes pour les époux qui se trouvent dans une situation de conflit. Dans le cas d'un consentement nécessaire mutuel pour divorcer, la loi accorde à l'un des conjoints le droit d'imposer un mariage unilatéral à l'autre, s'il ne peut acheter sa liberté en le dédommageant! A contrario la possibilité d'un divorce unilatéral implique un coût au conjoint qui ne peut acheter à l'autre le droit de prolonger son mariage avec lui. Les enfants sont des adultes potentiels. Eux aussi sont parties prenantes au mariage. Le divorce les concerne tout autant que les époux et ils n'ont pas leur mot à dire dans la procédure de divorce. En un sens, la rupture de l'union est pour eux une rupture unilatérale. Ce que l'on refuse aux adultes, puisqu'on les oblige à divorcer encore par consentement mutuel (ou 6 ans de séparation avant de divorcer de façon unilatérale), on l'impose aux enfants! L'enfant bénéficie tout autant, si ce n'est plus, des gains du mariage et son intérêt n'est pas protégé. Le juge ne doit﷓il pas se substituer à celui﷓ci et savoir le protéger des conséquences de la rupture? Ne peut﷓il interdire le divorce faute du consentement de l'enfant?

Le juge prétend, naturellement avoir pour seul souci la protection de l'enfant. Mais il ne peut s'opposer au divorce des parents. La loi le lui interdit. Cette question des décisions unilatérales pour les uns et pas pour les autres lorsque les conjoints ne sont pas les seuls concernés par le divorce est plus délicate qu'on ne le croit et certainement d'un traitement théorique plus complexe que celui offert jusqu'à maintenant par les économistes.

c/ La date optimale du divorce

Lorsque les gains du mariage à la date t, sont négatifs, cela n'implique pas de divorcer à ce moment﷓là. La décision de rompre le mariage en t ou bien de retarder d'une année cette rupture dépend

﷓ de la perte envisagée en prolongeant le mariage d'une année;
﷓ de l'effet de ce retard : d'une part sur les gains du célibat après la rupture, et d'autre part sur le coût du divorce.

Prenons l'exemple de la présence d'un enfant. Elle augmente le coût du divorce et réduit les gains d'un remariage. Pour le partenaire qui doit payer une pension alimentaire le coût du divorce augmente et pour celui qui garde l'enfant, la probabilité de se remarier est réduite. Les joies procurées par l'enfant réduisent aussi la perte des gains du mariage pendant les années où il faut l'élever. Les enfants retardent donc le divorce. Mais, plus ils avancent en âge, plus ils deviennent indépendants. Dans ce cas la perte des gains du mariage s'accroît et les coûts du divorce diminuent. Lorsqu'ils seront adultes les parents n'auront plus à les entretenir et n'auront plus de pensions alimentaires à payer. Ils n'imposeront pas leur présence à un autre conjoint. Si les parents retardent leur divorce jusqu'à l'indépendance des enfants, ce retard ne sera pas sans effet sur le statut de célibataire au moment de la rupture.

La mère compte tenu de son âge, à ce moment﷓là aura du mal à se remarier ou à bénéficier d'un niveau de vie identique en travaillant. Les effets se contrebalancent. Les enfants retardent le divorce mais l'effet de ce retard sur le niveau de vie dans le cas d'un retour au célibat l'avance.

d/ Les gains du célibat à la rupture

C'est le point essentiel. Au moment du divorce le niveau de vie attendu dans le célibat n'est pas nécessairement le même que celui expérimenté avant de se marier. Il peut être plus élevé. A l'inverse, il peut être inférieur. La raison fondamentale de cette différence vient des investissements spécifiques au mariage.
Les investissements spécifiques au mariage sont définis en général par deux caractéristiques

-ils accroissent les gains;
-ils sont sans valeur si le couple se sépare.

Toutes choses égales, les investissements spécifiques au couple accroissent la différence entre les gains que procureraient la prolongation du mariage et ceux obtenus en redevenant célibataire ou en épousant un autre partenaire. Ces investissements stabilisent le mariage. Cette stabilité, par un effet de retour, réduit le risque d'investir spécifiquement dans le couple. La spécialisation des rôles est une forme d'investissement spécifique. En effet, une femme au foyer acquiert des aptitudes propres à son mariage. Cette productivité intra-familiale qui accroît les gains du mariage n'est pas transférable dans un autre mariage. La femme au foyer connaît les goûts des uns et des autres, les faiblesses de ses enfants ou de son époux, leur état de santé, etc... Elle a appris à faire face à toutes ces différences. En changeant de partenaire toute cette information spécifique devient sans valeur. Rester au foyer c'est prendre la décision d'investir dans la productivité domestique et, en même temps, celle de renoncer à l'exercice d'un métier. Or, investir spécifiquement dans le mariage c'est en même temps désinvestir sur le marché du travail. Les aptitudes à vivre en célibataire sont réduites. Le niveau de vie du célibat au moment d'un divorce est alors plus faible que celui que l'on aurait pu obtenir en renonçant à travailler au foyer. La différence entre ces deux niveaux de vie va dépendre de la façon dont les conjoints vont accumuler ces différentes formes de capital au cours du mariage. La plupart des situations se trouve être à mi-chemin entre deux cas extrêmes.

Prenons l'hypothèse où la productivité familiale dépend des investissements spécifiques au mariage tandis que le salaire obtenu sur le marché du travail ne dépend pas de l'expérience accumulée dans un travail salarié. Dans un tel cas rester au foyer accroît les gains du mariage sans diminuer les gains du célibat après la rupture. Une femme qui serait restée célibataire n'aurait pas obtenu un niveau de vie supérieur à celui qu'elle obtient en redevenant célibataire après avoir été mariée. Prenons l'autre hypothèse. La productivité familiale est indépendante des investissements faits dans le travail domestique, tandis que les salaires s'élèvent avec l'expérience accumulée sur le marché du travail. Dans ce cas rester au foyer accroît les gains du mariage mais diminue les gains du célibat après rupture. Cette fois une femme qui serait restée célibataire aurait un niveau de vie supérieur à celui qu'elle obtient après un divorce. L'activité professionnelle des femmes mariées est associée à des taux de divorce très élevés. Ce phénomène est souvent expliqué par le fait que le coût du divorce pour les femmes actives est plus faible (ou plus élevé pour la femme au foyer) parce que le revenu du célibat est plus élevé après le mariage qu'avant. Cet argument repose sur une hypothèse implicite exprimée plus haut : le salaire dépend de l'expérience accumulée sur le marché du travail. Dans le cas où il n'en est pas ainsi on peut soutenir le raisonnement inverse. La femme active divorce plus que la femme au foyer parce que pour la première, les gains du mariage sont plus bas que pour la seconde.

Anticiper ou craindre un divorce incite l'épouse à travailler pour préserver son niveau de vie en cas de séparation. Mais en agissant ainsi elle diminue les gains du mariage et accroît la probabilité de divorcer. La crainte du divorce engendre le divorce.

Les enfants constituent a priori une forme de capital spécifique. Les relations affectives qu'ils créent, élèvent les gains du mariage. Ces gains ne disparaissent pas totalement avec la dissolution du couple car ils peuvent être transférés dans un autre mariage. Mais et c'est là leur aspect particulier, faute d'être divisible ou faute de pouvoir être achetés, ils ne sont transférables que pour l'un des époux. Les coûts du divorce sont plus élevés pour les couples qui ont des enfants et ils ne sont pas les mêmes entre les conjoints. Celui qui bénéficie de la garde des enfants évite contrairement à son ex﷓partenaire de perdre l'ensemble des investissements affectifs faits dans ses enfants.


Le remariage

Si le mariage indique l'entrée sur le marché matrimonial, le divorce n'en indique pas le retrait'. Le divorce ressemble à une période de chômage entre deux mariages et les divorcés à des salariés qui sont licenciés ou qui démissionnent de leur entreprise. Certains conjoints abandonnent leur époux pour un autre avec lequel ils espèrent une meilleure opportunité de vie : ils démissionnent d'un premier mariage pour entrer dans un second. C'est un divorce involontaire pour le partenaire qui est abandonné et le conjoint laissé pour compte se retrouve sur le marché du remariage en position défavorable faute d'avoir été prévoyant. En revanche d'autres conjoints renoncent à prolonger ensemble leur union parce que celle﷓ci fait failliteŸ. Ils sont alors comme des licenciés et se retrouvent sur le marché du
remariage de façon imprévue et dans une situation défavorable. Un abandon ou une démission résulte pour l'un des conjoints d'une amélioration attendue de son niveau de vie avec un autre partenaire.

Un licenciement résulte d'une faillite non anticipée du mariage actuel. Les conjoints abandonnant leur partenaire pour un autre se retrouveront avec une période de célibat (ou de chômage) plus courte que les abandonnésŸ dont le mariage a fait faillite. Ces derniers ne retrouveront pas une situation maritale aussi favorable que dans leur premier mariage car le marché du remariage est un marché où abondent les mauvaises occasions. Les mariés encore mariés révèlent

qu'ils sont un bon assortiment. Le remariage prouve implicitement
que le conjoint délaissé n'était pas une bonne affaire ou qu'il y avait mieux ailleurs.

Ceux qui restent sur le marché, c'est﷓à﷓dire les célibataires qui n'ont pas été choisis (ou se sont montrés trop exigeants) et les divorcés (laissés pour compte par un phénomène d'auto-sélection) constituent une population de rebut (voir encadrés 3.1 et 3.2). Ces derniers mettront plus longtemps à se remarier. L'assortiment de leur second mariage sera moins bon que le premier. Leur remariage sera encore plus fragile et ils seront amenés à divorcer à nouveau' .

L'époux qui risque d'être abandonné s'attend à un niveau de vie plus faible après le divorce. Pour éviter cette perte il est prêt à sacrifier une partie de son niveau de vie au profit de son partenaire afin de le retenir. Mais ce sacrifice n'est pas sans limite : il sera au maximum égal à la différence entre son niveau de vie courant et celui attendu après le divorce (célibataire ou remarié).
Le conjoint qui désire abandonner son époux acceptera de rester si son niveau de vie, après redistribution des gains du mariage (redistribution de revenu monétaire ou ré-allocation des rôles) s'élève au minimum de la différence entre le niveau de vie attendu dans le remariage envisagé avec un autre conjoint et celui de sa situation actuelle. Au sein du mariage les coûts de négociation de cette transaction sont à priori faibles (ce n'est pas le cas dans une entreprise où le nombre de partenaires est sensiblement plus élevé). Une grande partie des couples dont l'assortiment est loin d'être parfait règle leur problème par cet échange intra-familial. Le divorce ne concernera donc que les partenaires qui ne peuvent dédommager leurs conjoints pour qu'ils restent près d'eux. C'est en ce sens que la population des divorcés et des remariés est très sélectionnée.

Les stigmates du divorce

Les couples divorcent parce que l'assortiment réalisé ne procure pas autant d'utilité qu'ils l'espéraient. Mais lorsqu'ils se présentent sur le marché du remariage, personne ne connaît les raisons véritables du divorce. Comme il n'y a pas de fumée sans feu, les divorcés ne bénéficient pas d'un préjugé favorable. Faute de pouvoir discriminer entre ceux qui constituent une bonne affaire et les autres, les divorcés seront en moyenne considérés par les célibataires ou les veufs comme de mauvaises occasions. Le divorcé se différencie en cela nettement des veuves et veufs dont la rupture de l'union peut être présumée comme accidentelle et ne résultant pas d'une baisse des gains du mariage. Contrairement aux divorcés ces derniers bénéficient d'un préjugé favorable. Ce sont ces préjugés qui vont créer des stigmates.
Leurs rôles est d'économiser aux individus une perte de temps et de leur éviter des erreurs. Les préjugés, comme les normes, réduisent l'incertitude. Mais les choses ne sont pas aussi simples.

Les divorcés s'ils se remarient devraient trouver un mariage dont les termes sont plus défavorables. Mais c'est oublier que les individus ne sont pas tous égaux devant l'incertitude. Parmi les divorcés hommes ou femmes, certains divorcent pour améliorer leur statut matrimonial (ou statut social), d'autres au contraire se retrouvent involontairement sur le marché du remariage. Par ailleurs, le temps passé à prospecter un second mari dépend des ressources dont on dispose pour vivre en célibataire et pour rechercher intensivement un nouveau conjoint. Plus on passe de temps à prospecter sur ce marché, plus il sera possible de choisir un assortiment conforme à ces propres caractéristiques. Ainsi une femme divorcée bénéficiant d'une pension alimentaire et exerçant une profession aura tout le loisir de rechercher un mari à sa convenance. Elle améliorera l'assortiment de son remariage. En revanche une femme divorcée inactive et sans pension alimentaire ou une femme veuve (bénéficiant pourtant d'un préjugé favorable), qui était au foyer avant le décès de son époux, seront toutes deux pressées de retrouver un époux. Moins sévère sur la sélection de l'assortiment, le remariage se fera dans une position défavorable. C'est une des raisons pour lesquelles les femmes veuves remariées ne retrouvent pas, la plupart du temps, dans un second mariage un niveau de vie supérieur au premier'. Paradoxalement même si elles bénéficient d'un préjugé favorable, elles ne se retrouvent pas dans une situation meilleure que les divorcées qui, elles n'en bénéficient pas. La dévaluation de la condition de divorcée n'est donc pas évidente. A cela s'ajoutent la banalisation du divorce, sa fréquence et son rajeunissement qui en diminuent sa stigmatisation. Sa population se rapproche de la population observée sur le marché du premier mariage
 
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