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La discrimination envers les étrangers
 
La discrimination envers les minorités
par Gary Becker extrait de VOIR LA VIE DE FACON ÉCONOMIQUE* Journal des Economistes et des Etudes Humaines, vol.4 n°2&3, Juin/Septembre 1993.


La discrimination envers les étrangers a toujours existé, mais à l'exception de quelques discussions sur l'emploi des femmes[3], les économistes ont très peu écrit sur le sujet avant les années 1950. J'ai commencé à me soucier de la discrimination raciale, religieuse et sexuelle quand j'étais étudiant diplômé, et j'ai utilisé le concept de coefficients de discrimination pour organiser mon approche des préjugés et de l'hostilité envers les membres de groupes particuliers.

Au lieu de faire les hypothèses habituelles que les employeurs considèrent uniquement la productivité de leurs salariés, que les travailleurs ignorent les caractéristiques de leurs collègues de travail, et que les consommateurs ne s'intéressent qu'aux qualités des biens et services offerts, les coefficients de discrimination intègrent l'influence de la race, du sexe et d'autres caractéristiques personnelles des goûts et attitudes. Des employés peuvent refuser de travailler sous les ordres d'une femme cru d'un noir méme s'ils sont bien payés pour le faire, ou bien un acheteur peut préférer ne pas traiter une affaire avec un vendeur de voitures noir. C'est seulement en élargissant les hypothèses usuelles qu'il est possible de commencer à comprendre les obstacles au progrès rencontrés par les minorités.

Vraisemblablement, le montant de discrimination observable envers les minorités, en ce qui concerne les rémunérations et l'emploi, ne dépend pas seulement de penchants particuliers pour la discrimination, mais également d'autres variables telles que le degré de concurrence et la législation des droits civils. Cependant, mises à part l'importante théorie des différentiels compensatoires inspirée par A. Smith et quelques études comme l American Dilemma de Myrdal[4], il existait dans les années 1950 peu de travaux sur lesquels on pouvait s'appuyer pour analyser la façon dont les préjugés et les autres variables interagissent. J'ai passé plusieurs années à élaborer une théorie pour savoir comment la discrimination réelle des rémunérations et de l'emploi est déterminée par des penchants pour la discrimination, ainsi que par le degré de concurrence sur les marchés du travail et des biens, par la distribution des coefficients de discrimination entre les membres du groupe majoritaire, par l'accès des minorités à l'éducation et la formation, par le résultat du principe de l'électeur médian et d'autres mécanismes du vote qui déterminent si une loi est favorable ou hostile aux minorités, et par d'autres considérations encore. Puisqu'il y avait tellement de choses à faire clans ce domaine, mes conseillers m'ont encouragé à transformer ma thèse de doctorat[5] en livre[6].

La discrimination véritable qui s'exerce sur le marché envers les minorités dépend des discriminations combinées des employeurs, des salariés, des consommateurs, des écoles et des gouvernements. L'analyse montre que parfois l'environnement affaiblit fortement l'impact d'un montant donné de préjugés, alors qu'en d'autres périodes il l'amplifie. Par exemple, l'écart de salaires entre noirs et blancs, ou hommes et femmes, à productivité égale, serait bien inférieur au degré de préjugés envers les noirs ou les femmes si les entreprises pouvaient se spécialiser efficacement en embauchant des noirs ou des femmes.

En effet, dans un monde de rendements d'échelle constants dans la production, deux économies séparées avec la même distribution de compétences éviteraient totalement toute discrimination et engendreraient des salaires et des rendements égaux des autres ressources, sans se soucier du désir de discrimination envers les minorités isolées. Par conséquent, la discrimination par la majorité produit un effet parce que les membres de la minorité ne peuvent offrir les diverses compétences en quantités suffisantes pour que des entreprises se spécialisent en embauchant de tes travailleurs.

Quand la majorité dépasse largement la minorité - aux Etats Unis, les blancs sont neuf fois plus nombreux que les noirs et possèdent beaucoup plus de capital humain et physique par tête que ces derniers -, la discrimination par la majorité ne diminue sûrement pas leurs revenus, mais peut largement réduire les revenus de la minorité. Toutefois, quand les membres d'une minorité représentent une fraction assez importante du total, la majorité qui pratique la discrimination leur porte tout autant préjudice.

Cette proposition peut être illustrée par une analyse de la discrimination en Afrique du Sud, où les noirs sont quatre à cinq fois plus nombreux que les blancs. La discrimination envers les noirs a également touché significativement les blancs, bien que certains groupes blancs en aient bénéficié[7]. Ce coût relativement important pour les blancs semble indiquer pourquoi l'Apartheid et d'autres formes flagrantes de discrimination afrikaners s'effondrent en fin de compte.
Une littérature s'est développée pour savoir si la discrimination sur le marché due aux préjugés disparaît dans le long terme. Le fait de savoir si les employeurs qui ne veulent pas pratiquer la discrimination élimineront finalement ceux qui la pratiquent ne dépend pas seulement de la distribution du penchant pour la discrimination parmi les employeurs potentiels, mais aussi sérieusement de la nature des fonctions de production des entreprises.

La discrimination par les salariés et les consommateurs sur le long terme est empiriquement d'une plus grande signification, car ils représentent des sources de discrimination bien plus importantes que les employeurs. Il n'y a aucune raison d'espérer que 1a discrimination de la part de ces groupes disparaisse dans le long terme à moins qu'il ne soit possible d'avoir suffisamment d'entreprises séparées efficaces ainsi que des marchés de biens effectivement séparés.
Un développement théorique original et récent est l'analyse des conséquences d'un raisonnement stéréotypé ou d'une discrimination statistique[8]. Cette analyse suggère que les convictions des employeurs, des professeurs ou de tout autre groupe d'influence selon lesquelles les membres d'une minorité sont moins productifs peuvent s'auto réaliser, car ces convictions sont susceptibles de conduire les minorités à sous -investir dans l'éducation, la formation, les compétences, ou encore dans la ponctualité. Ce sous -investissement les rend vraiment moins productifs[9].

Dans beaucoup de pays, en ce qui concerne les salaires, le chômage, les activités des noirs, des femmes, des groupes religieux, des immigrés et autres, les preuves ont largement été faites durant les vingt-cinq dernières années. Ces résultats montrent plus clairement 1a position économique des minorités et comment elle se modifie dans des environnements différents. Cependant, cette évidence n'a pas dissipé la plupart des controverses au sujet de l'origine des faibles revenus des minorités[10].


 
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