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Bienvenue sur le site de Bertrand Lemennicier  Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme, ces droits sont : la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression (Article 2 de la déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen du 26 août 1789)  "Quand même tu aurais à vivre trois mille ans, et trois fois dix mille ans, dis-toi bien que l'on ne peut jamais perdre une autre existence que celle qu'on vit ici-bas, et qu'on ne peut pas davantage en vivre une autre que celle qu'on perd". Marce Aurèle, Pensées, Livre II, maxime 14  "La vertu de la rationalité signifie la reconnaissance et l'acceptation de la raison comme notre seule source de connaissance, notre seul juge des valeurs et notre seul guide d'action" Ayn Rand , La vertu d'égoisme,  J'ai le pouvoir d'exister sans destin, Entre givre et rosée, entre oubli et présence. Médieuse de Paul Eluard 1939 
débat ente libre échange et protectionnisme
 
Autarcie, mondialisation et globalisation
par Bertrand lemennicier

Pétition des fabricants de chandelles, bougies, lampes, chandeliers, réverbères, mouchettes, éteignoirs, et des producteurs de suif, huile, résine, alcool, et généralement de tout ce qui concerne l'éclairage

À MM. les Membres de la Chambre des Députés
 Messieurs, Ÿ


 Vous êtes dans la bonne voie. Vous repoussez les théories abstraites; l'abondance, le bon marché vous touchent peu. Vous vous préoccupez surtout du sort du producteur. Vous le voulez affranchir de la concurrence extérieure, en un mot, vous voulez réserver le marché national au travail national. Ÿ

 Nous venons vous offrir une admirable occasion d'appliquer votre... comment dirons-nous? votre théorie? non, rien n'est plus trompeur que la théorie; votre doctrine? votre système? votre principe? mais vous n'aimez pas les doctrines, vous avez horreur des systèmes, et, quant aux principes, vous déclarez qu'il n'y en a pas en économie sociale; nous dirons donc votre pratique, votre pratique sans théorie et sans principe. Ÿ
 Nous subissons l'intolérable concurrence d'un rival étranger placé, à ce qu'il paraît, dans des conditions tellement supérieures aux nôtres, pour la production de la lumière, qu'il en inonde notre marché national à un prix fabuleusement réduit; car, aussitôt qu'il se montre, notre vente cesse, tous les consommateurs s'adressent à lui, et une branche d'industrie française, dont les ramifications sont innombrables, est tout à coup frappée de la stagnation la plus complète. Ce rival, qui n'est autre que le soleil, nous fait une guerre si acharnée, que nous soupçonnons qu'il nous est suscité par la perfide Albion (bonne diplomatie par le temps qui court!), d'autant qu'il a pour cette île orgueilleuse des ménagements dont il se dispense envers nous. Ÿ
 Nous demandons qu'il vous plaise de faire une loi qui ordonne la fermeture de toutes fenêtres, lucarnes, abat-jour, contre-vents, volets, rideaux, vasistas, œils-de-bœuf, stores, en un mot, de toutes ouvertures, trous, fentes et fissures par lesquelles la lumière du soleil a coutume de pénétrer dans les maisons, au préjudice des belles industries dont nous nous flattons d'avoir doté le pays, qui ne saurait sans ingratitude nous abandonner aujourd'hui à une lutte si inégale. Ÿ

 Veuillez, Messieurs les députés, ne pas prendre notre demande pour une satire, et ne la repoussez pas du moins sans écouter les raisons que nous avons à faire valoir à l'appui. Ÿ

 Et d'abord, si vous fermez, autant que possible, tout accès à la lumière naturelle, si vous créez ainsi le besoin de lumière artificielle, quelle est en France l'industrie qui, de proche en proche, ne sera pas encouragée? Ÿ

 S'il se consomme plus de suif, il faudra plus de bœufs et de moutons, et, par suite, on verra se multiplier les prairies artificielles, la viande, la laine, le cuir, et surtout les engrais, cette base de toute richesse agricole. Ÿ

 S'il se consomme plus d'huile, on verra s'étendre la culture du pavot, de l'olivier, du colza. Ces plantes riches et épuisantes viendront à propos mettre à profit cette fertilité que l'élevage des bestiaux aura communiquée à notre territoire. Ÿ

 Nos landes se couvriront d'arbres résineux. De nombreux essaims d'abeilles recueilleront sur nos montagnes des trésors parfumés qui s'évaporent aujourd'hui sans utilité, comme les fleurs d'où ils émanent. Il n'est donc pas une branche d'agriculture qui ne prenne un grand développement. Ÿ

 Il en est de même de la navigation: des milliers de vaisseaux iront à la pêche de la baleine, et dans peu de temps nous aurons une marine capable de soutenir l'honneur de la France et de répondre à la patriotique susceptibilité des pétitionnaires soussignés, marchands de chandelles, etc. Ÿ

 Mais que dirons-nous de l'article Paris? Voyez d'ici les dorures, les bronzes, les cristaux en chandeliers, en lampes, en lustres, en candélabres, briller dans de spacieux magasins, auprès desquels ceux d'aujourd'hui ne sont que des boutiques. Ÿ

 Il n'est pas jusqu'au pauvre résinier, au sommet de sa dune, ou au triste mineur, au fond de sa noire galerie, qui ne voie augmenter son salaire et son bien-être. Ÿ

 Veuillez y réfléchir, Messieurs; et vous resterez convaincus qu'il n'est peut-être pas un Français, depuis l'opulent actionnaire d'Anzin jusqu'au plus humble débitant d'allumettes, dont le succès de notre demande n'améliore la condition. Ÿ

 Nous prévoyons vos objections, Messieurs; mais vous ne nous en opposerez pas une seule que vous n'alliez la ramasser dans les livres usés des partisans de la liberté commerciale. Nous osons vous mettre au défi de prononcer un mot contre nous qui ne se retourne à l'instant contre vous-mêmes et contre le principe qui dirige toute votre politique. Ÿ

 Nous direz-vous que, si nous gagnons à cette protection, la France n'y gagnera point, parce que le consommateur en fera les frais? Ÿ

 Nous vous répondrons: Ÿ

 Vous n'avez plus le droit d'invoquer les intérêts du consommateur. Quand il s'est trouvé aux prises avec le producteur, en toutes circonstances vous l'avez sacrifié. - Vous l'avez fait pour encourager le travail, pour accroître le domaine du travail. Par le même motif, vous devez le faire encore. Ÿ

 Vous avez été vous-mêmes au-devant de l'objection. Lorsqu'on vous disait: le consommateur est intéressé à la libre introduction du fer, de la houille, du sésame, du froment, des tissus. - Oui, disiez-vous, mais le producteur est intéressé à leur exclusion. - Eh bien! si les consommateurs sont intéressés à l'admission de la lumière naturelle, les producteurs le sont à son interdiction. Ÿ

 Mais, disiez-vous encore, le producteur et le consommateur ne font qu'un. Si le fabricant gagne par la protection, il fera gagner l'agriculteur. Si l'agriculture prospère, elle ouvrira des débouchés aux fabriques. - Eh bien! si vous nous conférez le monopole de l'éclairage pendant le jour, d'abord nous achèterons beaucoup de suifs, de charbons, d'huiles, de résines, de cire, d'alcool, d'argent, de fer, de bronzes, de cristaux, pour alimenter notre industrie, et, de plus, nous et nos nombreux fournisseurs, devenus riches, nous consommerons beaucoup et répandrons l'aisance dans toutes les branches du travail national. Ÿ

 Direz-vous que la lumière du soleil est un don gratuit, et que repousser des dons gratuits, ce serait repousser la richesse même sous prétexte d'encourager les moyens de l'acquérir? Ÿ

 Mais prenez garde que vous portez la mort dans le cœur de votre politique; prenez garde que jusqu'ici vous avez toujours repoussé le produit étranger parce qu'il se rapproche du don gratuit, et d'autant plus qu'il se rapproche du don gratuit. Pour obtempérer aux exigences des autres monopoleurs, vous n'aviez qu'un demi-motif; pour accueillir notre demande, vous avez un motif complet, et nous repousser précisément en vous fondant sur ce que nous sommes plus fondés que les autres, ce serait poser l'équation: + x + = -; en d'autres termes, ce serait entasser absurdité sur absurdité. Ÿ
 Le travail et la nature concourent en proportions diverses, selon les pays et les climats, à la création d'un produit. La part qu'y met la nature est toujours gratuite; c'est la part du travail qui en fait la valeur et se paie. Ÿ
 Si une orange de Lisbonne se vend à moitié prix d'une orange de Paris, c'est qu'une chaleur naturelle et par conséquent gratuite fait pour l'une ce que l'autre doit à une chaleur artificielle et partant coûteuse. Ÿ

 Donc, quand une orange nous arrive de Portugal, on peut dire qu'elle nous est donnée moitié gratuitement, moitié à titre onéreux, ou, en d'autres termes, à moitié prix relativement à celle de Paris. Ÿ

 Or, c'est précisément de cette demi-gratuité (pardon du mot) que vous arguez pour l'exclure. Vous dites: Comment le travail national pourrait-il soutenir la concurrence du travail étranger quand celui-là a tout à faire, et que celui-ci n'a à accomplir que la moitié de la besogne, le soleil se chargeant du reste? - Mais si la demi-gratuité vous détermine à repousser la concurrence, comment la gratuité entière vous porterait-elle à admettre la concurrence? Ou vous n'êtes pas logiciens, ou vous devez, repoussant la demi-gratuité comme nuisible à notre travail national, repousser a fortiori et avec deux fois plus de zèle la gratuité entière. Ÿ
 Encore une fois, quand un produit, houille, fer, froment ou tissu, nous vient du dehors et que nous pouvons l'acquérir avec moins de travail que si nous le faisions nous-mêmes, la différence est un don gratuit qui nous est conféré. Ce don est plus ou moins considérable, selon que la différence est plus ou moins grande. Il est du quart, de moitié, des trois quarts de la valeur du produit, si l'étranger ne nous demande que les trois quarts, la moitié, le quart du paiement. Il est aussi complet qu'il puisse l'être, quand le donateur, comme fait le soleil pour la lumière, ne nous demande rien. La question, et nous la posons formellement, est de savoir si vous voulez pour la France le bénéfice de la consommation gratuite ou les prétendus avantages de la production onéreuse. Choisissez, mais soyez logiques; car, tant que vous repousserez, comme vous le faites, la houille, le fer, le froment, les tissus étrangers, en proportion de ce que leur prix se rapproche de zéro, quelle inconséquence ne serait-ce pas d'admettre la lumière du soleil, dont le prix est à zéro, pendant toute la journée? Ÿ


Frédéric Bastiat
Extrait de l'édition originale en 7 volumes (1863) des œuvres complètes de Frédéric Bastiat, tome IV, Sophismes Économiques, Ière série, chapitre VII, "Pétition...", pp. 57-62.




En dépit des bénéfices potentiels extrêmement important du libre échange, la plupart des gouvernants de tous temps ont introduit des barrières à l’entrée de leur marché. Droits de douane et quotas d’importation forment la panoplie habituelle de ces interventions et obstacles artificiels pour freiner les échanges. Un tarif douanier n’est pas autre chose qu’un impôt sur les importations de produits étrangers. La question de la mondialisation et de la globalisation contemporaine n'est donc qu'un retour au débat classique entre le protectionnisme et le libre échange du dix neuvième siècle.

Une bonne compréhension du phénomène de la mondialisation commence donc par l'assimilation d'un théorème de cette époque dont les économistes sont fiers : celui des avantages comparatifs.

Spécialisation des tâches et Principe de l'avantage comparatif

Le principe de l'avantage comparatif, présenté clairement et démontré par Ricardo en 1817, est l'argument analytique le plus puissant pour expliquer la source des gains à l'échange liée à la libre circulation des marchandises entre les frontières (ou entre régions comme autrefois dans la France de Louis XVI) quand les hommes et les capitaux ne peuvent les franchir pour des raisons institutionnelles (droits de douanes). C'est ce que l'on appelle traditionnellement le commerce international ou l’échange international. Si cet échange s’étend au monde entier on parle alors de mondialisation.
Comme le rappelle Von Mises ce principe de l’avantage comparatif démontré par Ricardo est un jugement analytique indépendant des circonstances de lieux et de temps. Toutefois Ricardo part de l’hypothèse d’immobilité des facteurs de production capital et travail entre les pays alors qu’ils sont parfaitement mobiles à l’intérieur d’un même pays. La possibilité de déplacer les capitaux et les hommes, d’un pays à l’autre, entraîne des délocalisations d’activité et des flux migratoire au niveau mondial comme on les observe au niveau régional ou interne à chaque pays. Il devient alors superflu de développer une théorie du commerce international distincte de celle du commerce intérieur à un pays. La localisation des activités et donc des facteurs de production : capital et travail suit un principe d’arbitrage. Elles sont réparties à la surface de la terre suivant les conditions de rentabilité qui leurs sont offertes de régions à régions et il règne alors une tendance à l’égalisation des taux de rémunération de ces deux facteurs de production pour une même espèce de travail ou de capital. Quand les déplacements de capitaux et de main d’œuvre deviennent fréquents on parle alors de globalisation.

Revenons au principe de spécialisation. Il repose sur une idée simple. Pour nettoyer et ranger votre bureau il vous faut une heure de votre temps. La question qui se pose est alors la suivante : est-ce que vous devez vous-même nettoyer ce bureau ou le faire faire par quelqu'un d'autre dont vous achetez le service sur le marché? C'est un arbitrage entre l'autarcie et le marché.

Cet homme ( ou femme) de ménage mettra 2 heures pour faire cette tâche à 25 € de l'heure. L'alternative dont vous disposez est de consacrer cette heure à donner une leçon d'économie sur le principe de l'avantage comparatif à un étudiant peu doué pour les études. Vous facturez cette heure à 100 €. Il va de soi que l'homme de ménage est dans l'incapacité de donner une heure de leçon d'économie sur ce principe, en une heure de son temps. Il lui faut 8 heures ( 7 heures de préparation et 1 heure de cours) . Vous avez donc sur l'homme de ménage un avantage absolu car vous pouvez réaliser chacune des deux tâches en une heure de votre temps alors que l'homme de ménage met deux heures pour nettoyer le bureau et huit heures pour pouvoir parler pendant une heure de l'avantage comparatif et de la spécialisation en économie à son fiston.

Par définition le temps passé à une tâche ne peut être passé à l'autre. Elles sont mutuellement exclusives.

Si donc l'homme de ménage voulait aussi donner une heure de leçon d'économie et nettoyer un bureau, il lui faudrait 10 heures de son temps, alors qu'il n'en faut que 2 pour le professeur d'université. Il est clair que en termes de temps, le professeur a un avantage absolu dans les deux tâches. Cependant, le coût d'opportunité de faire une heure de ménage pour le professeur est de 100 € puisqu'il sacrifie une heure de cours à 100 € de l'heure. Le coût d'opportunité pour l'homme de ménage de faire une leçon d'économie, qui lui demande 8 heures de son temps, est de 200 € puisqu'il sacrifie des heures de ménages qui lui rapportent 25 € de l'heure.

Or, il est clairement avantageux pour vous de payer deux heures de temps de l'homme de ménage qui coûte 50€ que de perdre 100 € c'est-à-dire une heure de votre temps à faire cette tâche à sa place. Vous arbitrez en faveur du marché. De manière identique il est avantageux pour l'homme de ménage de faire 4 heures de ménages pour pouvoir payer une leçon d'économie à 100 € de l'heure à son fiston plutôt que de perdre 8 heures à faire cette leçon lui- même. Il gagne en effet 100 €. Chacun gagne à cet échange et celui qui gagne le plus est l'homme de ménage ( il gagne 100 € alors que le professeur ne gagne que 50 € ). Finalement chacun se spécialise donc dans la tâche qui comparativement lui rapporte le plus.

Maintenant imaginez que l'homme de ménage soit un étranger qui travaille pour une entreprise de ménage dont le siège social est en Irlande. Vous importez le service d'un irlandais. Imaginez que l'étudiant à qui vous offrez une heure de leçon à 100 € de l'heure soit le fils de cet irlandais et que vous délivrez cette heure de cours par Internet, vous exportez votre service vers l'irlande. Vous pouvez remplacer le service de nettoyage de bureau et celui d'offrir des cours par du vin et des vêtements et vous aurez le même raisonnement. C'est le principe de l'avantage comparatif. Vous vous spécialisez dans les cours d'économie et l'irlandais se spécialise dans le nettoyage de bureau.

Ce n'est pas toujours aussi simple. L'homme de bureau, lorsqu'il nettoie et range, bouleverse vos papiers que vous avez dispersés à droite et à gauche mais dont vous avez mémorisé l'emplacement.. Vous n'êtes plus capable alors de les retrouver en un minimum de temps. Il vous faudra des heures supplémentaires pour retrouver vos affaires. Auquel cas, il est peut-être prudent de faire cette tâche vous même. La qualité du service et sa personnalisation joue un rôle dans ce choix.

Il va de soi que dans notre exemple, le service de ménage de la firme irlandaise entre en compétition avec celles qui sont françaises et qui offrent le même service. Si celles-ci offrent le même service à 30 euros de l'heure, elles sont moins compétitives que les firmes irlandaises. Les patrons de ces firmes sont donc très intéressées pour faire pression auprès de l'homme politique pour empêcher les firmes irlandaises de profiter de leur compétitivité. Ils exigent des droits de douane. Vous ne pouvez plus alors importer le service de la firme irlandaise car ce n'est plus 25 € de l'heure qu'il faut payer mais 40 € de l'heure : 25 € l'heure de service plus 15 € de droit de douane. A ce tarif prohibitif vous vous adressez à la firme française. Vous avez là l'essence du protecionnisme si bien moqué par F.Bastiat.

Ce principe dit de l'avantage comparatif est à l’origine d'une discipline entière: l'Économie Internationale. En effet, c'est dans ce contexte qu'il a été découvert, perfectionné puis appliqué. Son extension à la division du travail au sein de la famille ou de la firme est sans doute plus pertinente que son application au commerce international, tout simplement parce qu'une nation ne choisit pas et ne fait pas face à une rareté.

Les deux éléments constitutifs d’une nation sont, chez Ricardo, la dotation en main-d'œuvre et la technologie pour produire du vin et des vêtements. La main-d'œuvre pouvait circuler librement entre les deux secteurs de productions, vins et vêtements, dans chaque pays, le Portugal et l'Angleterre. Mais la main-d’œuvre ne pouvait se déplacer d'un pays à l'autre. Imaginez qu'un employé au Portugal, avec l’équipement dont il dispose, puisse produire une unité de vêtement ou bien une unité de vin. En revanche, en Angleterre, un employé, avec un équipement différent, peut produire 4 unités de vêtement ou 2 unités de vin. On précise que le vin produit en Angleterre ou au Portugal est le même type de vin ayant le même goût. De manière identique le vêtement est produit à partir du même tissu.

En autarcie les portugais produisent une demie unité de vin et une demie unité de vêtement en allouant la moitié de la main d’œuvre à chaque activité, tandis que les anglais produisent 2 unités de vêtements et 1 unité de vin en allouant 50% de leur main d'oeuvre dans chaque secteur. La production mondiale est de 2.5 unités de vêtements et de 1.5 unités de vin. Imaginons que les portugais désirent consommer une unité de vin et 2 unités de vêtements. Tandis que les anglais désirent consommer 2 unités de vin et 2 de vêtements. La demande mondiale est de 4 unités de vêtements et de 3 unités de vin. On suppose par la suite que cette demande reste inchangée.

Les anglais peuvent satisfaire leur demande de vêtement mais pas de vin, tandis que les portugais peuvent satisfaire leur demande de vin s’ils consacrent tous leurs facteurs de production à cultiver du vin. En revanche, ils sont obligés de renoncer aux vêtements. Il y a un excès de demande sur l'offre de vin chez les anglais et un excès de demande de vêtement chez les portugais. Cet excès de demande ne peut- être satisfait en autarcie. Le prix des vêtements, au Portugal, va monter jusqu’à ce que les portugais demandent une demie unité de vêtement au lieu de 2. De manière identique chez les anglais, le prix du vin va monter jusqu’à ce que les consommateurs ne demandent qu’une unité de vin.
Maintenant supprimons l’autarcie en développant les échanges internationaux. Il est alors possible d'échanger au niveau international le vin et les vêtements en supprimant toutes les barrières douanières, c'est ce que l’on appelle la mondialisation.

Comme l'employé anglais est plus productif que le portugais dans les deux types de production, on peut se poser la question suivante : à quelle activité doit -on allouer le stock de main d'oeuvre au Portugal ou en Angleterre?
Si les portugais allouent toute leur main d'oeuvre à la production du vin, ce pays renonce à produire des vêtements et produit une unité de vin. Au Portugal le coût d'opportunité de produire du vin est de 1 unité de vêtement. En revanche, il est de 2 unités en Angleterre. Les portugais ont donc un avantage comparatif dans la production du vin, puisqu'il renonce à une seule unité de vêtement alors que les anglais renoncent à 2 unités. Les anglais ont eux aussi un avantage comparatif, mais dans la production des vêtements. La production totale dans le monde est de 4 unités de vêtements et de une unité de vin. Ce qui est supérieure à la production globale en autarcie pour les vêtements (4 contre 2.5) et de une unité de vin. Ce qui est inférieure à la production en autarcie(1 contre 1 ,5). Le vin sera vendu à un prix compris entre 1unité de vêtement et 2 unités de vêtements. Ainsi les anglais pourront obtenir au moins une unité de vin pour la moitié du coût d’un vêtement et les portugais deux unités de vêtements pour une unité de vin. Les prix sont meilleurs qu’en autarcie.

Les portugais satisfont leur demande de vêtements: ils en consomment deux unités en les important d’Angleterre contre l’exportation de l’unité de vin qu’ils produisent. En revanche, les anglais satisfont leur demande de vêtements, puisqu'ils peuvent en consommer 2 sur les 4 qu'ils produisent. Les deux autres sont exportées contre du vin en provenance du Portugal. Si l’offre et la demande de vêtements est satisfaite par cet échange international, il n’a va pas de même du vin. Les anglais désirent consommer 2 unités de vin et les portugais une unité. Après la spécialisation totale, il n’y a qu’une unité de vin qui est produite contre 4 unités de vêtements. L’offre mondiale ( ici limitée à deux pays) ne satisfait pas la demande de vin. Le prix du vin va monter en Angleterre pour que la demande se réduise au niveau de l’offre. Seuls les anglais consommeront du vin au nouveau prix. La mondialisation est meilleure que l’autarcie, mais avec la demande existante, on pourrait peut-être faire mieux.

En effet , n'oublions pas que cet argument dépend foncièrement d'une hypothèse cruciale : la main d'oeuvre et la technologie ne peuvent se déplacer d'un pays à l'autre. Introduisons cette possibilité : la mobilité des facteurs de production. La main d’œuvre au Portugal émigre en Angleterre parce que celle-ci est plus productive à la fois dans le vin et dans les vêtements. Les salaires y sont donc plus élevés. Désormais les entreprises anglaises disposent de deux unités de main d’œuvre au lieu d’une. Avec deux unités de main d’œuvre elles produisent 4 unités de vêtement et 2 unités de vins. La demande mondiale est satisfaite ! On remarquera que le Portugal est devenue une région désertée. Toutes les activités industrielles et agricoles se sont concentrées dans la zone la plus productive. En présence d’une mobilité totale des facteurs de production la région ou le pays qui dispose d’un avantage absolu attire les capitaux et la main d’œuvre. C'est la différences entre la globalisation et l'échange international. Pour ne pas observer un tel phénomène il faut revenir sur une hypothèse que nous avons faite plus haut, à savoir les biens produits dans l’un ou l’autre pays sont identiques. Si ce n’est pas le cas, il en va autrement.

Imaginons que la qualité du vin résulte de la terre sur laquelle la vigne pousse. Le vin du Portugal est de différente qualité que celui d’Angleterre. La qualité du vin repose sur un facteur de production immobile : le terroir. En revanche, il n'en est pas ainsi pour la main d'oeuvre et la technologie . Ces deux facteurs de production peuvent franchir les frontières.. Maintenant si l’on admet une parfaite mobilité de la main d’œuvre et de la technologie, les anglais vont exporter leur technologie (et leur main d’œuvre spécialisée complémentaire à la technologie) dans le vin au Portugal au lieu de le faire en Angleterre puisqu’ils étaient capable de produire plus de vin que les portugais eux-mêmes. Désormais au Portugal le capital anglais et la main d’œuvre portugaise produiront 2unités de vin au lieu d’une unité comme avec le simple échange international. La demande globale de vin est satisfaite et l’offre globale de produits (vêtements et vin) est supérieure à celle qui prévalait avec la simple Mondialisation. La globalisation est donc préférable à la mondialisation ou à l'échange international et celui-ci est préférable à l'autarcie si l'on en juge en termes de gains à l'échange

Les idées les plus confuses ne manquent pas à propos de la mondialisation et c'est le théorème des avantages comparatifs qui permet de les dissiper. C'est la raison pour laquelle il mérite que l'on y consacre du temps. Prenons les trois mythes suivants en reprenant le manuel d'Economie Internationale de P.Krugman et M.Obstfeld.

Mythe 1 : le libre échange est profitable si les pays ont une productivité comparable, il ne le serait pas si le pays considéré était moins productif en tout que les autres.
C'est la confusion entre avantage absolu et comparatif. Dans l'exemple de Ricardo l'Angleterre est plus productive en tout que le Portugal. Mais le coût d'opportunité de produire du vin en Angleterre est plus élevé qu'au Portugal. Le Portugal a donc un avantage comparatif dans la production de vin. En absence de mobilité des facteurs de production le Portugal se spécialise dans cette production.

Mythe 2 : les pays de moindre productivité paient des salaires plus faibles et font une concurrence déloyale aux pays de plus forte productivité qui paient des salaires plus élevés. En se délocalisant dans ces pays les entreprises des pays riches exploitent les travailleurs des pays pauvres
Le choix pour les producteurs de vins anglais de se délocaliser au Portugal ne repose pas sur les bas salaires du Portugal mais sur la plus forte productivité des anglais dans cette activité : produire du vin. Cela leur permet de payer des salaires plus élevés aux Portugais qui travailleront dans ce secteur et de satisfaire la demande mondiale de consommation de vin, donc de maintenir le prix du vin pour le consommateur anglais à un bas niveau. Cela augmente le revenu réel des anglais en termes des produits importés. Les anglais et les Portugais bénéficient de cette délocalisation.

Mythe 3 : Un pays serait exploité si ses exportations incorporent une plus grande quantité de travail que ses importations, c'est l'idée marxiste de l'Echange inégal.
L'Angleterre importe un bien (le vin) qui incorpore une unité de main d'oeuvre portugaise et exporte des vêtements qui incorpore une demie unité de main d'oeuvre anglaise. Cette inégalité en heures de travail ou de main d'oeuvre n'a pas de signification car on doit comparer la main d'oeuvre ou la quantité de travail utilisée pour produire les exportations avec la quantité de travail qui aurait été nécessaire pour produire soi-même les importations!

Pour produire une unité de vêtement les portugais sacrifient une unité de main d'oeuvre. Pour produire les unités de vêtements qu'ils demandent, ils doivent sacrifier deux unités de main d'oeuvre dont ils ne disposent pas (dans notre exemple). En se spécialisant dans l'exportation de vin, ils obtiennent les deux vêtements pour une seule unité de leur main d'oeuvre!


On peut terminer cette section par les réflexions suivantes. Par définition les échanges se font entre Pierre et John et non pas entre l'Angleterre et le Portugal qui sont des entités abstraites n'agissant pas. Les gains à l'échange sont ceux de Pierre et John tels que ces deux individus les estiment. La différence qui existe entre Pierre et John est que l'un habite une région éloignée de l'autre séparée "artificiellement par une frontière. Or la notion de frontière est un concept strictement étatique (sinon on parle des limites d'une propriété privée).C'est une barrière coercitive coûteuse à franchir pour des partenaires à l'échange. Ce coût de franchissement de la frontière s'ajoute aux coûts de transport des marchandises, des services, des capitaux et des hommes. Comme pour la macroéconomie, l'Economie Internationale est une branche de la théorie des choix publics, une branche de l'interventionnisme étatique dans les affaires privées des individus, même si on ne la présente pas de cette manière dans les manuels d'Economie Internationale.

Une leçon importante néanmoins peut-être dégagée puisque les "causes" de gains positifs à l'échange viennent ici de différences de productivité des différents facteurs de production (Terre et Travail) entre les individus propriétaires de ces ressources et habitant les deux régions concernées comme on l'a suggéré avec le premier exemple. Le prix des facteurs de production jouant un rôle importants dans la décision, il va de soi que la rareté relative des facteurs de production dans une région ou l'autre affecte ce prix relatif. Les différences de dotations en facteurs de production jouent aussi un rôle essentiel dans les avantages comparatifs d'un habitant au Portugal et d'un autre en Angleterre. Les économistes contemporains ont tendance à ajouter deux autres "causes" aux avantages comparatifs : les économies d'échelle ou d'envergure et la présence d'une concurrence monopolistique à l'intérieur de chaque région. L'ouverture au commerce mondial permet d'exploiter des économies d'échelle par la spécialisation qui ne seraient peut-être pas rentables autrement et permet d'éliminer l'aspect monopolistique des firmes locales en les mettant en concurrence avec celles d'autres régions.

Enfin, comme la globalisation le suggère, cette discipline - l'Economie Internationale- n'a aucune raison d'être au sens où la décision de localiser ses activités ou son patrimoine ou encore d'acheter ou vendre dans une région plutôt qu'une autre est une décision étudiée par une autre discipline : l'économie spatiale ou économie géographique! Ce qui serait bien le cas si le monde, dans son entier, était sous l'emprise d'un gouvernement mondial disposant du monopole de la coercition. L'économie internationale nous intéresse non pas pour les échanges de biens, services ou de mobilité des capitaux ou du travail, mais parce que le monopole de la coercition exercé par des hommes d'Etat s'arrête aux frontières de cet Etat D'une façon ou d'une autre ces hommes d'Etat sont soumis à une concurrence en matière fiscale et réglementaire avec d'autres hommes d'Etat pour s'approprier les richesses des gens honnêtes qui produisent et échangent par delà les frontières ou qui cherchent à échapper à la spoliation légale exercée par leurs élus locaux.


Protectionnisme contre libre échange

Jusque dans les années 1940 le protectionnisme est la règle . Les droits de douane pouvaient atteindre entre 30 et 50 % de la valeur du produit importé avec des pointes sur certain produit excédent les 100 %. Les accords du GATT (General Agreement on Tarif and Trade) d’après guerre ont consisté à ramener ces tarifs douaniers à 5% environ pour la plupart des pays signataires. L’incidence d’un tarif douanier est facilement analysée à l’aide du graphique suivant. Sur l’axe horizontal on porte le nombre d’automobiles japonaises achetées à l’année par les consommateurs français. Le prix d’une voiture japonaise sur le marché mondial est de Pm. Ce prix est bien inférieur au prix d’une voiture similaire de marque Renault ou Peugeot .

Au prix mondial Pm le montant des importations de voitures japonaises s’élève à q0-q1. L’imposition d’un tarif t diminue le montant importé au niveau de q3-q2. Les producteurs français d’automobiles voient leurs gains à l’échange augmenter de S. Les consommateurs perdent S+U+T+V de gains à l’échange. Si U est redistribué de manière neutre aux consommateurs ou aux producteurs la perte finale nette de gains à l’échange se mesure par T+V.
L’histoire ne s’arrête pas là. Les exportateurs japonais ont moins de revenu tirés des ventes de leurs voitures sur les marché étrangers alors qu’ils les produisent à un coût moindre. D’une part ils ont moins de revenus à dépenser en important des parfums français pour lesquels les français sont plus compétitifs que les japonais, d’autre part on produit plus de biens pour lesquels on est le moins compétitif dans chaque pays. Les ressources ne sont pas allouées dans les emplois où elles sont le plus profitables. Il y a donc un manque à gagner.

Un quota a des effets similaires au tarif. Si le gouvernement impose un montant maximum d’importations de voitures japonaises à l’année, on ne peut importer plus que q3-q2, le prix de revient des voitures japonaises à Paris augmente au niveau Pm+t. Comme il s’agit d’une restriction sur les quantités, la perte sociale nette est alors de U+T+V. Ceci est intéressant. En effet, une façon de réduire la perte sociale est d’établir un droit à importer les voitures japonaises et de vendre ce droit aux enchères à quelqu’un. L’Etat récupère alors le montant U et le quota, toutes choses égales d’ailleurs, a un impact identique à un tarif. Les économistes d’une façon générale sont contre les tarifs ou les quotas mais, entre deux maux, il faut choisir le moindre, ils préfèrent donc les tarifs .

Quels sont les arguments avancés pour continuer de telles pratiques protectionnistes contre les concurrents étrangers, alors qu’elles entraînent des pertes nettes de gains à l’échange?

1) L’argument de la défense nationale.

L’industrie du pétrole, l’aviation, les armes, les technologies de pointe à des fins militaires. Toutes ses activités sont jugées vitales pour la défense nationale, si un tel concept existe. L’idée est qu’en cas de crise internationale ou de guerre, le pays puisse disposer d’essence, d’armes ou de technologies de pointe sans faire appel au commerce international. L’argument semble convaincant, mais peu d’industries sont vraiment vitales pour la défense. Lorsque Berlin a été soumis au blocus des allemands de l’Est au temps de la guerre froide, l’approvisionnement a été réalisé par un pont aérien. Les Berlinois n’avaient pas développé une industrie ou une agriculture locale pour des raisons de défense ou de crainte d’un blocus en cas de crise internationale. Si la France dépendait uniquement de l’Irak pour son approvisionnement et que la seule alternative était de produire du pétrole en France, on comprend l’argument. Mais l’Irak n’est pas le seul producteur de pétrole dans le monde. L’Arabie Saoudite, les Emirats, l’Angleterre, le Mexique, le Vénézuela, l’Estonie, la Russie produisent aussi du pétrole. La meilleure protection reste la concurrence et la diversification des sources d’approvisionnement.


2) L’argument de la diversification industrielle.

Si on applique le principe de spécialisation jusqu'au bout chaque pays serait spécialisé dans une monoproduction. "La France ne fera que des vins fins, des chapeaux de dames et des soieries, l'Angleterre des machines et des cotonnades, la Chine du thé, l'Australie de la laine, la Russie du blé, la Suisse des fromages ou des horloges, et la Grèce des raisins secs !" comme le rappelle Charles Gide. Or, les économies qui dépendent pour leurs revenus de la seule production d’une matière première ou d'un produit sont caractérisés par une plus grande instabilité. C’est le cas souvent dans les pays mono producteurs de café comme au Brésil. Cependant un tel argument d’une part n’ a pas de sens parce que ce ne sont pas les pays qui se spécialisent mais les individus. D’autre part l'argument s'applique au pays lui même. Introduire des barrières pour inciter l’économie locale de produire à plus cher ce qu’elle peut obtenir à moins cher sur le marché national ou mondial est irrationnel. Le problème de l’instabilité des revenus tirés d’une matière première que l’on exporte est un problème de marché des futurs et non pas de diversification de la production.


3) L’argument de l’industrie naissante.

Les partisans de cet argument affirment qu’une industrie qui est en train de naître doit être protégée des concurrents étrangers plus compétents et mieux implantés qui pourraient l’étouffer dans l’œuf. Une fois adulte l’industrie pourrait ne plus être protégée. C'est l'idée que la concurrence ne se fait pas sur un pied d'égalité. Le fort étouffe le faible dans la compétition. Cette analogie avec la compétition sportive est fausse parce que les deux gagnent à l'échange qu'il soit fort ou faible. Il y a toujours cette confusion que dans un échange ce que l'un gagne l'autre le perd. L’argument est aussi faux pour la raison simple que l’industrie devient mature et compétitive justement en se frottant aux autres le plus tôt possible. Il apparaît aberrant pour apprendre à nager à quelqu’un de le laisser avec une bouée dans un bassin où il a pied. Un jour ou l’autre il devra nager sans bouée et dans un bassin où il n’a pas pieds. Par ailleurs l'argument vaut aussi pour toute entreprise qui se lance dans une activité au niveau national. On peut citer Von Mises

"La plus fameuse objection qui ait été formulée dans le passé a été tirée de la nécessité d'une "éducation industrielle". Mais tout ce qu'on pouvait dire de l'incapacité où sont les industries de création récente de se défendre avec succès contre les producteurs anciens et fortement établis est vrai dans le cas où les concurrents appartiennent à la même nation, comme dans le cas où ils appartiennent à des nations différentes. Que personne ne s'avise de réclamer une protection pour de nouvelles maisons entreprenant de nouvelles affaires contre l'écrasante concurrence de vieilles maisons travaillant dans la même ville, dans la même province ou dans le même pays, voilà qui peut déjà être considéré comme une preuve que l'argument est moins économique que politique. Évidemment, chaque entreprise nouvelle doit éprouver des difficultés variées jusqu'au moment où elle fonctionne sans heurts. Il set des inconvénients qui condamnent les affaires à être mauvaises pendant une période d'initiation plus ou moins longue. S'il n'y a aucune chance que ses pertes soient compensées et au delà par des gains ultérieurs, alors la création de la nouvelle entreprise n'est pas une opération rémunératrice. Dans ce cas, c'est pur gaspillage que d'ajouter de nouvelles maisons ou de nouvelles entreprises à celles qui existent déjà. A cet égard, il importe peu que le nouveau centre de production se situe dans le pays même ou à l'étranger"


4) Les droits de douane sont le meilleur des impôts puisque c'est l'étranger qui les paie.

Les hommes d'Etat par des droits de douanes peuvent se procurer des ressources qui ne coûtent rien à ses citoyens. C'est un argument avancé souvent par les protectionnistes. Mais par définition tout impôt payé par un producteur ou un commerçant est généralement reporté par lui sur sa facture et vient frapper le consommateur. Cela est vrai aussi de la firme étrangère. Supposons cependant que les étrangers consentent à prendre à leur charge les droits protecteurs. Qu'en résultera-t-il? Les prix des produits étrangers ne seront pas relevés : par conséquent la concurrence qu'ils vont exercer sur l'industrie nationale ne sera pas atténuée par le droit de douane. Ce seront les propriétaires des entreprises étrangères et les salariés nationaux qui paieront l'addition.

5)L'importation des produits étrangers, quand elle n'a pas comme contre-partie une exportation correspondante, risque de ruiner le pays
L'erreur est de croire que la situation d'acheteur est nécessairement inférieure à celle de vendeur. Est-ce que dans les relations sociales, nous, consommateurs, nous nous jugeons inférieurs à nos fournisseurs ? Non. puisque les deux gagnent à l'échange. Si par exemple les natonaux importent plus de biens qu'ils n'en exportent, ils doivent emprunter pour payer les importations. C'est donc un arbitrage entre le présent et le futur auquel on asssite. Par définition cet échange de biens et services en excès de ses revenus présents par une importation en excès des exportations ( qui génèrent des revenus présents) améliore la satisfaction des nationaux puisque personne ne les forcent à échanger. De toute façon si les consommateurs nationaux ont préférence pour le présent, anticipent des revenus dans le temps plus élevés ou pensent que la productivité de leurs ivnestissements va croître dans le futur, ils sont dans la position d'emprunteurs nets et ils ont tendance à consommer des biens nationaux et étrangers en excès de leurs revenus présents.Cette position améliore définitivement leur bien être si en contrepartie on trouve sur le marché des capitaux des prêteurs nets nationaux ou étrangers!.

6) Le libre échange avec des pays où les salaires sont bas comme l’Inde ou la Chine ou la Grèce voire le Japon entraînerait une baisse des salaires des nationaux

Beaucoup de français de droite comme de gauche pensent qu’il est indispensable de protéger les industries de la concurrence des pays pauvres pour préserver le salaire et l’emploi des ouvriers français. De haut salaires n'impliquent pas obligatoirement des coûts élevés de main d’œuvre. On doit prendre en compte la productivité. Imaginez un ouvrier français dans une usine qui fabrique des allumettes et qui reçoit 200 F de l’heure . Un ouvrier identique en Indes reçoit lui 20 F pour la même heure de travail. Mais l’ouvrier français produit 20 fois plus de boite d’allumettes que l’ouvrier indien parce que la productivité est plus forte en France.

Paradoxalement le coût de la main d’œuvre exprimée par unité de produit est plus faible en France! Les ouvriers français sont qualifiés et disposent d’un équipement sophistiqué qui leur permet de produire 20 fois plus que les indiens. Il faut donc comparer le coût de la main d’œuvre par unité produite avant de se prononcer. L’avantage dont dispose les indiens provient d’une offre de main d’œuvre abondante et prête à travailler pour des salaires bas. Mais elle est aussi peu qualifiée.

Cette offre abondante doit donc être utilisée dans les techniques de production intensive en main d’œuvre comme la fabrication de jouet, de perruques ou de vêtements. En revanche, la main d’œuvre qualifiée doit être utilisée dans des emplois intensifs en bien d’équipement comme l’industrie des ordinateurs, les instruments de mesure la fabrication d’avion etc.). Le libre échange permet aux pays avec de hauts ou de bas salaires de réallouer leurs ressources en renonçant aux activités pour lesquelles ils sont peu efficients vers celles où au contraire ils le sont. Imaginez que les marocains produisent gratuitement des manteaux d’hiver pour les français, est-ce que cela aurait un sens de mettre des barrières douanières pour protéger les industries textiles françaises? Non. Les ressources utilisées dans la fabrication des manteaux peuvent être employées dans d’autres emplois puisque maintenant les manteaux sont quasi gratuits.



 

La discussion sur la mondialisation et les méfaits du protectionnisme n'est pas nouvelle.
Richard Cobden et la Loi sur les céréales
par Bertrand Lemennicier

3- La mondialisation aggrave le chômage et les inégalités



"La mondialisation financière aggrave l'insécurité économique et les inégalités sociales. Elle contourne et rabaisse les choix des peuples, les institutions démocratiques et les Etats souverains en charge de l'intérêt général. Elle leur substitue des logiques strictement spéculatives exprimant les seuls intérêts des entreprises transnationales et des marchés financiers."
. (Plateforme d'ATTAC)

La mondialisation vu par ses adversaires.


Le groupe ATTAC fait partie de ceux qui s'opposent à la mondialisation. Son ancien président, Bernard Cassen, critiquait, entre autre, la réduction des tarifs sur les produits en provenance de pays en voie de développement. Il écrivait:  Je trouve étrange la proposition selon laquelle les pays pauvres, les pays sous développés devraient avoir un meilleur accès aux marchés des pays riches. Qu’est-ce que cela veut dire en réalité? Cela signifie qu’on s’attend à ce que ces pays exportent. Exporter quoi, au juste? Des produits dont ils ont besoin pour leur marché intérieur... Nous devons retourner à une situation d’autarcie, et non à des économies très dépendantes des exportations, qui se sont avérées un véritable échec. Ÿ (Bernard Cassen, 2000).

Il est proprement étonnant de voir un économiste aujourd'hui tenir de tels propos et militer pour un retour à l'autarcie! Rares sont les ouvrages qui défendent la mondialisation.

C'est la raison pour laquelle la traduction du petit ouvrage de Norberg est la bienvenue tant il faut à chaque instant lutter contre l'inculture économique des contemporains de toutes les époques. C'est une des difficultés de notre métier. On perd un temps fou à rappeler les erreurs de raisonnement des anti-mondialisation. Le plaidoyer pour la mondialisation de Norberg rappelle que l'ouverture au commerce mondial et aux flux de capitaux internationnaux est, et a toujours été, un facteur de progrès, surtout pour les plus pauvres de la planète. Ce livre publié en suédois, en anglais et en néerlandais est enfin disponible en français auprès de l'Institut Economique de Montréal. Il utilise de nombreuses statistiques et des arguments économiques accessibles au lecteur non spécialiste pour démontrer combien la mondialisation est bénéfique à tous.
Johan Norberg est diplômé en histoire des idées et est chercheur à l'Institut Timbro de Stockholm.

Les bienfaits de la mondialisation

Les illusions du protectionnisme et de l'autarcie
par L.Von Mises

L'échange international et la Mondialisation
par Nikolay Gertchev

La mondialisation ? c'est magnifique!
par Tom Palmer

En contrepoint
Le libre-échange est-il dépassé?
par Paul Krugman

Ci-joint un texte de Charles Gide démontrant la permanence du débat et les méfaits du raisonnement holiste en la matière.
La politique commerciale
par Charles Gide

L'ÉCART CROISSANT ENTRE PAYS RICHES ET PAUVRES
par Roland Granier,
Roland Granier est Professeur émérite et Doyen honoraire de la Faculté d'économie appliquée à l'Université d'Aix-Marseille

La justice du marché ne respecte pas la puissance des autorités

par Guido Hülsmann, professeur d'économie à l'Université d'Angers et senior fellow du Ludwig von Mises Institute



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