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Bienvenue sur le site de Bertrand Lemennicier  Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme, ces droits sont : la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression (Article 2 de la déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen du 26 août 1789)  "Quand même tu aurais à vivre trois mille ans, et trois fois dix mille ans, dis-toi bien que l'on ne peut jamais perdre une autre existence que celle qu'on vit ici-bas, et qu'on ne peut pas davantage en vivre une autre que celle qu'on perd". Marce Aurèle, Pensées, Livre II, maxime 14  "La vertu de la rationalité signifie la reconnaissance et l'acceptation de la raison comme notre seule source de connaissance, notre seul juge des valeurs et notre seul guide d'action" Ayn Rand , La vertu d'égoisme,  J'ai le pouvoir d'exister sans destin, Entre givre et rosée, entre oubli et présence. Médieuse de Paul Eluard 1939 
échange international et mondialisation
 

Echange international, mondialisation et globalisation

par Nikolay Gertchev


1. Introduction
L’objectif de ce texte assez court est de comparer des situations où l’échange international n’est pas possible avec d’autres situations où il l’est. Par ailleurs, nous pourrons ainsi comprendre les conséquences des entraves à l’échange international aussi bien que les raisons pour les griefs contemporains qui verraient dans l’échange international des conséquences néfastes pour les différentes parties.
Précisons d’abord qu’il existe en français trois termes assez proches, mais auxquels l’opinion publique a donné des sens distincts. L’internationalisation, d’abord, ne fait référence qu’au simple fait d’échanges existant entre individus appartenant à différentes nations. La mondialisation se réfère plutôt aux échanges de biens et services destinés à la consommation, et possède une connotation plutôt négative. Quant à la globalisation, enfin, souvent accompagnée de l’adjectif  financière Ÿ, elle englobe également les flux de facteurs de production – capital aussi bien que travail.
Pour cadrer les idées, nous commencerons par présenter quelques banalités sur la genèse de l’échange et le processus de marché. Nous arriverons ainsi à une première idée de qui sont ces gens qui craignent la mondialisation. Ensuite, dans le corps du présent exposé, nous reviendrons sur l’analyse de Ricardo des avantages comparatifs et de la spécialisation. Contrairement à l’analyse habituelle, nous soulignerons le caractère sous-optimal de la spécialisation et de l’échange international des seuls biens destinés à la consommation finale. En conclusion, nous approcherons de plus près deux critiques adressées à la mondialisation.

2. Genèse et taille optimale du marché

Ayant souligné à maintes reprises que le marché est l’ensemble des échanges de biens et services, posons-nous la question sous quelles conditions un marché peut bien naître. Il s’agit d’examiner les conditions sous lesquelles les individus sont incités à échanger des biens et services. En ignorant le penchant que certains peuvent avoir pour jouer à  échanger une carotte contre une carotte identique Ÿ, on comprend assez vite que l’échange ne se manifeste que lorsque des individus à aptitudes productives différentes, et produisant des biens différents, se rencontrent. En définissant comme une communauté primitive une communauté où les individus sont tous pareils, on voit facilement pourquoi l’autarcie familiale y est la règle. Les familles voisines produisant les mêmes choses, en quantité identique, ne peuvent point prétendre au statut de co-échangiste. En revanche, une autre communauté, qui produit d’autres biens, appartenant à une autre région où les conditions naturelles sont telles que d’autres biens peuvent être produits en quantités différentes, peut bien intéresser les membres de toutes les autres communautés. L’échange, bref, naît de la différence, et il est acceptable de concevoir qu’au stade primitif du développement de l’homme la différence ne peut exister qu’entre des  étrangers Ÿ. L’échange donc, par naissance, est un échange inter-communautaire. C’est bien ce que nous qualifierons aujourd’hui de commerce international. Le commerce international est donc la règle, de la nature même de l’échange, et non pas l’exception.
Voyons maintenant si le processus de marché, qui est un processus d’allocation des ressources, est naturellement restreint à la seule taille de la communauté à laquelle les propriétaires de facteurs de production appartiennent, de par leur langue ou de par leur localisation arbitraire. A l’évidence, il n’en est rien. Ne tenir compte que des investissements domestiques possibles, tout en ignorant les investissements possibles à l’étranger, ne permet pas aux entrepreneurs d’obtenir plus de profit. Bien au contraire, les possibilités de profit ne sont pleinement exploitées que si les entrepreneurs tiennent compte de la totalité des projets qui se présentent à eux, quel que soit l’endroit nécessaire à leur réalisation. La taille optimale du marché, par conséquent, est le monde tout entier. La globalisation, encore une fois, plus que d’être une exception, est la règle.
Seulement, des entraves à la circulation des facteurs de production et à la circulation des biens et services finals existent bien. Il n’est pas compliqué de comprendre la raison d’être de leur existence. Le monde est fracturé en nations, où la vie des gens est soumise à l’intervention d’entités politiques indépendantes. Les seuls revenus des états, monopolistes de la violence sur un territoire donné, proviennent de la taxation, quelle que soit sa nature. La globalisation, qui présuppose la liberté d’exporter et d’importer du capital, est donc contraire à l’objectif même que se fixe chaque état de prélever le maximum d’impôts. Il nous faut donc dans notre analyse de la mondialisation tenir précisément compte de l’existence d’entités politiques indépendantes, qui empêchent d’une manière ou d’une autre la liberté d’échanger avec les étrangers. Ricardo a très bien perçu ce dernier point, comme nous le verrons tout de suite.

3. La spécialisation ne serait-elle pas sous-optimale, finalement ?
Ricardo analyse le cas de deux régions, où les conditions de production – pour des raisons climatiques ou pour des raisons d’avancement de la connaissance – sont différentes. Prenons que le cas des USA et de la Malaisie. Les américains, avec le stock de facteurs de production dont ils disposent peuvent produire ou bien 500 voitures, ou bien 100 000 paires de chaussures. Il peuvent bien sûr décider de ne pas allouer la totalité de leurs ressources dans la production d’un seul bien. En dirigeant des facteurs de production de l’industrie automobile vers les industries d’habillement, ils peuvent augmenter la quantité produite de chaussures. Mais ceci ne peut se faire qu’au détriment d’une quantité de voitures à laquelle ils doivent renoncer. Il est aisé de voir qu’ils doivent renoncer à 1/200-ième d’une voiture pour obtenir une paire de chaussures, ou autrement dit une voiture leur coûte deux cents paires de chaussures. Faisons l’hypothèse que, étant donné les préférences des consommateurs américains, la moitié des ressources sont investies dans la production de voitures, et l’autre moitié dans la production de chaussures. Ainsi, la production américaine se monte à 250 voitures et à 50 000 paires de chaussures.
Les malayens, de leur côté, avec le même stock de facteurs de production, ne peuvent produire que 200 voitures ou 30 000 paires de chaussures. Leurs préférences les amènent à partager, eux aussi, leurs facteurs de production également entre les deux industries. Ils produisent donc 100 voitures et 15 000 paires de chaussures. La production mondiale s’élève alors à 350 voitures et à 65 000 paires de chaussures. Le graphique suivant résume les possibilité de production, si la totalité des facteurs de production est investie dans la branche correspondante :
Mais pourquoi américains et malayens vivent-ils en autarcie ? Parce que, et c’est là le génie de Ricardo, les facteurs de production, capital et travail, sont immobilisés par ordre des entités politiques correspondantes. Les ressources produites par les malayens ne peuvent pas aller s’investir aux USA, pour cause d’interdiction. Ricardo analyse donc le cas où les facteurs de production sont immobiles. Mais qu’en est-il des biens de consommation finals ? Si l’échange de biens et services est interdit également, le schéma autarcique déjà décrit correspond bien à la réalité. Supposons seulement maintenant que l’échange de biens et services (la mondialisation au sens strict) soit possible. Ricardo nous enseigne alors que les habitants de chacune des deux régions ont intérêt à se spécialiser dans la production du bien pour lequel ils sont relativement plus doués.
Qui des américains et des malayens est plus doué pour la production des voitures ? A l’évidence ce sont le malayens. Une voiture leur coûte en effet 150 paires de chaussures, alors qu’elle coûte aux américains 200 paires de chaussures. Les malayens ont alors intérêt à investir la totalité de leurs facteurs de production dans l’industrie automobile, et les américains ont intérêt à se spécialiser dans la production de chaussures. La production mondiale est alors de 200 voitures et de 100 000 chaussures. Voitures et chaussures, une fois produites par malayens et américains respectivement, seront ensuite échangées l’une contre l’autre à un prix compris entre 150 paires/1 voiture et 200 paires/1 voiture. Ainsi, les malayens obtiendront plus de 150 chaussures en renonçant à une voiture et les américains pourront obtenir une voiture en renonçant à moins de 200 chaussures. Voilà la raison pour laquelle les deux parties gagnent à se spécialiser et à échanger ensuite les biens et services produits. Il peuvent ainsi obtenir des prix meilleurs qu’en autarcie.
Seulement, notons qu’avant la spécialisation la production mondiale était de 350 voitures et de 65 000 paires de chaussures, alors que maintenant elle est de 200 voitures et de 100 000 chaussures. Qu’est-ce qui nous garantit que les consommateurs préfèrent effectivement ce dernier stock de biens au stock précédent ? D’autre part, si les américains tiennent à avoir 250 voitures, ils ne le peuvent pas en obtenir autant maintenant, car seules 200 sont produites dans notre monde à deux pays. Peut-on dire alors qu’il y a une faille dans le raisonnement de Ricardo ? Non, aucunement, et nous le démontrerons maintenant, tout en explicitant ainsi les gains matériels de la mondialisation.
Imaginons que les américains décident de disposer de 250 voitures, et que les malayens tiennent à leur 100 voitures. La demande de 100 voitures par les malayens peut être parfaitement satisfaite en cas de spécialisation, car ce sont eux qui produisent les voitures. Ils en retiennent 100 pour leur consommation interne, mais leur offre au reste du monde ne satisfait pas la totalité de la demande des américains, qui est de 250. Il persiste une demande interne aux USA non satisfaite qui se monte à 150 voitures. Mais ce fait n’implique en rien que la spécialisation serait sous-optimale. Cela implique seulement que les américains ne vont pas se spécialiser entièrement dans la production de chaussures, mais qu’une partie de leurs facteurs de production ira s’investir dans l’industrie automobile pour satisfaire cette demande interne trop importante par rapport à l’offre mondiale. Les américains devront donc produire 150 voitures, investissant ainsi 30 % de leurs facteurs de production dans l’industrie automobile. Les 70 % de facteurs restants seront cependant utilisés pour la production de chaussures. Autrement dit, au lieu de produire 100 000 chaussures en spécialisation totale, les américains produiront 150 voitures et 70 000 chaussures. Mais quelle est alors la production totale du monde ?
Avec cette spécialisation partielle des américains, causée par l’importance de leur demande interne de voitures, la production mondiale est de 350 voitures (200 par les malayens et 150 par les américains) et de 70 000 voitures (par les américains uniquement). Il y a exactement autant de voitures que produites en autarcie, mais 5 000 paires de chaussures sont disponibles en plus. Ces 5 000 paires de chaussures en plus sont précisément les gains de la spécialisation et de la mondialisation des échanges, qui seront distribués entre les habitants des deux pays. Les malayens cèdent 100 voitures aux américains en demandant plus de 150 paires de chaussures par voiture, et les américains acceptent de payer jusqu’à 200 paires de chaussures par voiture, tout le monde y voyant son compte. Si le prix se fixe à 175 chaussures/1 voiture, alors les américains disposent de 2 500 chaussures supplémentaires, et les malayens aussi disposent de 2 500 chaussures supplémentaires par rapport à la situation où la mondialisation, au sens strict, serait interdite. Ainsi, interdire d’échanger les biens et services coûterait à tout le monde, et ce coût total peut se chiffrer à 5 000 paires de chaussures.
Mais peut-on en conclure que la spécialisation, totale ou partielle, et la mondialisation des échanges est chose superbe ? A l’évidence non. Car rappelons-nous que les flux de capital et de travail sont impossibles. S’ils étaient possibles, alors les facteurs de production malayens iraient tout simplement s’investir dans les meilleures conditions que proposent les USA. La production mondiale serait alors de 500 voitures et de 100 000 chaussures.
Nous pouvons maintenant comparer les trois cas possibles : globalisation (mobilité libre des facteurs de production), mondialisation (seule la mobilité des biens prêts à la consommation est possible) et autarcie (aucun échange, de quoi que ce soit, n’est possible).
La globalisation permet de produire 500 voitures et 100 000 chaussures. La mondialisation permet de produire 350 voitures et 70 000 chaussures, et l’autarcie ne permet de produire que 350 voitures et 65 000 chaussures. Il est évident que la mondialisation procure des gains à l’échange, mais ces gains sont minuscules par rapport aux gains apportés par la globalisation.
On constate donc, par la simple raison, que les griefs émotifs qui plaignent la globalisation comme un mal plus grand encore que la mondialisation n’ont aucun bien fondé rationnel. Examinons maintenant deux critiques habituelles adressées à la mobilité des capitaux et des biens et services.



4. Les arguments en faveur des différentes formes de protectionnisme
Notons d’abord que la question  Faut-il empêcher certains échanges ? Ÿ est une question éthique. Une réponse détaillée à cette question nécessite le recours à une théorie éthique complète, chose que nous ne pouvons pas faire ici. Rappelons seulement qu’une théorie éthique se pose comme objectif d’apporter une réponse rationnelle à l’interrogation sous quelles conditions le recours à la violence de toute forme sur autrui est autorisée. Deux grandes théories sont à distinguer. L’utilitarisme enseigne que le recours à la violence est autorisée à partir du moment où la contrainte sur certains conduit au bonheur du plus grand nombre. Toutes les démocraties reposent sur ce même principe. La démocratie veut, en effet, que les règles en société soient déterminées par le plus grand nombre, ce qui sous-entend que ces règles contentent, ou maximisent le bonheur du plus grand nombre. A part les problèmes liés à la définition du bonheur, et à la détermination du nombre qui est vraiment significativement grand pour que l’utilitarisme soit appliqué, on peut noter tout de même les situations absurdes auxquelles mène l’utilitarisme. Selon cette théorie éthique, il est tout à fait autorisé de tuer un individu, ou un groupe d’individus, à partir du moment où cet acte contente plus d’individus qu’il ne répugne. Est bon ou mauvais alors ce que la majorité considère comme bon ou mauvais. Nous sommes dans l’arbitraire total. L’autre grande théorie éthique est celle dite du libertarianisme. Selon les libertariens, le recours à la violence n’est autorisée que dans l’objectif de défendre son intégralité physique et sa propriété privée contre des invasions physiques. Il s’ensuit que tuer un être humain n’est justifié que si celui-ci démontre par ses actes sa détermination de disposer de mon corps indépendamment de ma propre volonté. Cette théorie éthique n’est pas sans problème non plus. Pourquoi ne retenir comme critère que la propriété physique, et à partir de quel moment décide-t-on qu’il y a intention déterminée et démontrée à m’ôter la vie ? En dépit de ces problèmes, tout de même, le libertarianisme ne conduit pas à des situations absurdes où la vie d’un homme ne tient qu’à un fil tenu par ses semblables. Nous nous limiterons donc à exposer deux arguments, forcément éthiques, en faveur du protectionnisme et à montrer l’absurdité de leur extension logique en conformité avec leurs présupposés.

L’échange avec des étrangers payés moins cher que les habitants du monde occidental est inégal ou inéquitable et il repose sur une relation d’exploitation

Pour comprendre le mal fondé de cette affirmation, voyons ce qui se passerait si ces échanges étaient interdits. Les habitants du monde riche disposeront par la force des choses de moins de biens (voir la section précédente), et les habitants du monde pauvre perdront leur emploi. S’ils avaient accepté de produire pour l’étranger, c’est qu’ils y trouvaient leur compte, et que c’était l’opportunité la meilleure pour eux. En l’absence de demande étrangère pour leurs produits, ils ne peuvent obtenir que des salaires moins élevés. Ils ne seront certes pas  exploités Ÿ, mais ils auront aussi moins de choses à manger et à se vêtir avec.
Mais pourquoi restreindre les échanges entre riches nationaux et pauvres étrangers seulement ? N’y aurait-il pas une exploitation entre riches nationaux et pauvres nationaux ? Ou bien les nations et races différentes sont radicalement différentes l’une de l’autre, de sorte que l’exploitation ne se définit qu’entre nationaux et étrangers ? A l’évidence, ceci ne concorde pas trop avec les thèses égalitaristes habituelles des défenseurs d’une exploitation par la mondialisation. L’exploitation doit donc être admise entre toute personne riche et pauvre. Sans soulever le problème de la définition de la richesse, notons seulement qu’il n’y pas deux individus de la même nation ou race qui aient la même richesse, ou ce serait vraiment un coup de chance vraiment inouïe. L’exploitation domestique entre riches et pauvres doit donc être admise aussi. Mais les contestataires de la mondialisation considèrent aussi que l’interdiction ou du moins la restriction des échanges internationaux est la solution à l’exploitation entre nations. Il faut donc admettre aussi, si c’est un principe, que c’est aussi le remède à l’exploitation à l’intérieur des nations. Par conséquent, ce n’est pas la mondialisation qui est a réprimer, mais tout échange entre riche et pauvre, autrement dit entre deux individus quelconques. L’aboutissement logique du procès à la mondialisation est un procès contre tout échange. Doit-on poursuivre pour convaincre de l’absurdité de ces thèses ?
Notons seulement une tendance à la montée du label  commerce équitable Ÿ qu’il faut regarder plutôt avec un bon œil. Certains individus dans nos sociétés occidentales pensent que acheter des biens produits à l’étranger et les acheminer vers nous à travers de multiples intermédiaires constitue la véritable forme de l’exploitation contemporaine. Quelle que soit la validité de cette thèse, notons seulement que ses défenseurs utilisent les mécanismes de marché pour donner satisfaction à leurs propres valeurs éthiques, sans chercher à les imposer aux autres. Notons aussi qu’ils acceptent volontairement de payer des prix plus élevés portant le label  commerce équitable Ÿ sans nous supprimer à nous méchants exploiteurs qui ne pensons qu’à notre propre bien l’option inéquitable. Tant que cette initiative reste volontaire, elle est la manifestation même de la puissance de la liberté des échanges dans laquelle tout le monde trouve son compte. Il faut quand même reconnaître que, du fait de se passer d’intermédiaires, le commerce équitable se prive des possibilités qu’offre le recours à l’épargne publique, et que la productivité des techniques qu’il met en valeur reste très limitée, surtout par rapport à l’industrialisation.

L’exportation du capital par des délocalisations conduit à un appauvrissement et au chômage

Cette thèse, à la différence de la précédente, possède un grain de vérité. Retrouvons-le en soulevant la question  qui s’appauvrit ? Ÿ Ce ne sont pas les capitalistes qui exportent leur capital, car il ne le feraient pas s’ils n’y voyaient aucun intérêt. Ce ne sont pas les travailleurs étrangers non plus, car ils n’auraient pas accepté de travailler pour des entreprises qui délocalisent, et les délocalisations, à nouveau, n’auraient pu se faire. En revanche, les salariés domestiques peuvent effectivement souffrir d’un appauvrissement relatif. Le capital localement investi diminuant, la masse salariale totale qui peut être versée aux travailleurs domestiques diminue forcément. Si les travailleurs nationaux n’acceptent pas une baisse de leurs salaires, certains devront forcément être licenciés (ou moins de nouveaux postes seront ouverts, ce qui dans les deux cas augmente le chiffre du chômage). Cependant, cette baisse des salaires nominaux n’implique pas encore une baisse du revenu réel, car des biens produits à l’étranger à un moindre coût (si la concurrence entre les entreprises qui délocalisent est admise) pourront être également importés et vendus à un moindre prix. Si la liberté de délocaliser est totale, et que les syndicats n’imposent pas de salaires nominaux fixes, le salaire réel peut ne pas diminuer du tout. En revanche, si les syndicats n’acceptent pas une baisse généralisée des salaires, alors certains individus perdent leurs emplois, alors que d’autres les gardent. Ceux qui gardent leurs emplois voient alors leur revenu réel rester au moins constant, voire augmenter, alors que ceux qui perdent leurs emplois voient leur revenu réel baisser avec certitude. Maintenant, où est le problème : dans la liberté de délocaliser et de contracter avec la main d’œuvre librement, ou dans la réaction syndicale ?
Mais que signifie véritablement l’indignation devant les délocalisations ? Si quelqu’un n’admet pas le droit de ses semblables d’investir leurs épargnes comme bon leur semble à l’étranger, pourquoi se limiter à vouloir restreindre ce droit que dans ce cas ? Toute rupture d’un contrat de travail pour engager un autre travailleur national est tout aussi identique à une délocalisation du point de vue de celui qui se voit licencié. Les contestataires des délocalisations qui accusent la globalisation ne peuvent pas poursuivre leur logique de manière consistante sans réprimander la liberté même de contracter avec un employeur. Mais c’est alors tout contrat de travail qu’ils doivent refuser. Ils ne disposent donc d’aucun argument de principe.

 
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