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Bienvenue sur le site de Bertrand Lemennicier  Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme, ces droits sont : la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression (Article 2 de la déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen du 26 août 1789)  "Quand même tu aurais à vivre trois mille ans, et trois fois dix mille ans, dis-toi bien que l'on ne peut jamais perdre une autre existence que celle qu'on vit ici-bas, et qu'on ne peut pas davantage en vivre une autre que celle qu'on perd". Marce Aurèle, Pensées, Livre II, maxime 14  "La vertu de la rationalité signifie la reconnaissance et l'acceptation de la raison comme notre seule source de connaissance, notre seul juge des valeurs et notre seul guide d'action" Ayn Rand , La vertu d'égoisme,  J'ai le pouvoir d'exister sans destin, Entre givre et rosée, entre oubli et présence. Médieuse de Paul Eluard 1939 
2.9 La nature de la firme
 

La nature de la firme

Le principe de coopération et la nature de la firme L'idée fondamentale sous jacente qui explique l'émergence de la firme ou des organisations est simple : organiser les échanges par un système de prix, c'est-à-dire par un marché, n'est pas sans coût.

Prenons le cas de la création artistique, et plus précisément le tournage d'un film. Il est possible à un individu de combiner les talents et les ressources de différentes personnes ou institutions, par l'intermédiaire de contrats, pour le produire. Le producteur, le directeur artistique, le metteur en scène, les scénaristes, les cameramen, les électriciens, les costumiers, les acteurs ... se mettent d'accord sur un contrat spécifiant pour chacun une participation en talent, temps ou argent, à la création de ce film, en contrepartie d'une rémunération. Une fois le tournage et le montage du film terminés, le contrat prend fin. Nulle firme n'est apparue. Il a cependant fallu supporter des coûts de transactions: trouver les personnes adéquates, négocier les contrats, savoir quelle rémunération offrir et coordonner les efforts de chacun. Si l'on prend cinq individus, il faut négocier un nombre important de contrats bilatéraux, 10, la combinaison de 2 par 5. Si le produit final est très spécifique, voire unique, ce qui peut être le cas pour une oeuvre d'art, à chaque fois que l'on décidera de le produire, il faudra changer entièrement la combinaison des facteurs de production, c'est-à-dire modifier l'assortiment des acteurs, scénaristes, cameramen...

Il faudra par conséquent renégocier des contrats et assurer le respect de leurs termes. En revanche, si le produit est standard et le processus de production répétitif, il peut être avantageux de négocier une fois pour toute un contrat bilatéral entre un individu et chaque partenaire, pour une durée indéterminée, avec des termes peu détaillés. Pour chaque nouvelle unité produite, on économisera les coûts de négociation imposés par les multiples contrats d'échange bilatéraux. On verra alors apparaître une firme.

En effet, avec un contrat de coordination centralisée concernant cinq individus, A, B, C, D et E, dans lequel un individu, " l'entrepreneur ", négocie un contrat bilatéral, une fois pour toutes, avec les quatre autres personnes, on économise six contrats pour la première période et dix contrats à chaque fois pour les périodes suivantes. Si une entreprise permet d'économiser des coûts de négociation et d'une façon générale des coûts de transaction, en revanche, elle affronte des coûts d'organisation interne qui ne sont pas négligeables. Il faut, d'une part, coordonner les activités de chacun et, d'autre part, contrôler les performances des individus qui coopèrent à la production.

Avec ou sans la firme, une telle coordination est toujours nécessaire, mais il existe cette fois un coût supplémentaire: le coût de contrôle des performances individuelles. En effet, les individus produisent ensemble. Comment peut-on alors attribuer une part du produit total correspondant à l'effort de chaque partenaire, si l'effort ou les performances de chacun sont difficilement observables ? Que se passe-t-il lorsque l'un des cocontractants peut s'approprier la totalité ou une part importante des gains de la coopération qui ne sont pas le produit de son seul effort ?

 Le contrôle des performances comme des comportements d'opportunisme ou de " tire-au-flanc " devient un problème crucial d'organisation pour la bonne marche de l'entreprise. Il est nécessaire de trouver un mode de contrôle qui économise au mieux les ressources de l'entreprise. On explique souvent par ce biais l'existence d'un mode dominant d'organisation de la firme: le mode capitaliste, par opposition à la firme coopérative ou autogérée, à l'association caritative ou à une administration. L'arrangement contractuel que l'on appelle " capitaliste " réduit plus que d'autres les coûts de contrôle des performances et d'opportunisme qui se développent au sein d'une production en équipe. Par exemple, un contrat salarial est une manière de résoudre le problème posé par le contrôle de l'effort, en préservant les avantages de la coopération et en réduisant les coûts de contrôle comparativement à un arrangement contractuel, dans lequel les droits des uns et des autres seraient mal définis. En effet, le partage des gains de la coopération en parts égales, comme dans un arrangement contractuel de partenariat, offre l'opportunité aux uns et aux autres de compter sur le voisin pour fournir l'effort, tout en bénéficiant des mêmes revenus. C'est le défaut principal de ce type d'associations ou encore de celui des coopératives. Le contrat salarial, en définissant mieux les droits de propriété , en fait en privatisant les profits, coupe court au problème du resquillage.

On peut illustrer cet argument par la petite histoire suivante, inspirée par un conte de H. Lepage. Il était une fois deux marins pêcheurs. Le premier, petit et malin, s'appelait Michel, le second, grand et lourdaud, Pierre. Tous les matins, ils prenaient la mer, chacun sur sa barque. L'un et l'autre vivaient, tant bien que mal, des poissons pris dans la journée, qu'ils vendaient chaque soir aux mareyeurs du port. Un jour, Michel vint voir Pierre et lui dit: " Au lieu de pêcher chacun de notre côté, pourquoi ne pas regrouper nos modestes moyens pour acheter un bateau plus gros et plus rapide et travailler ensemble ? En nous associant, nous pourrions aller plus loin, tenir la mer plus longtemps, travailler de nuit. Pendant que l'un pilote, l'autre prépare les lignes et les filets, ce qui permettrait de gagner du temps et donc d'attraper plus de poissons ". " D'accord, répondit Pierre, mais à condition que les profits soient également répartis ". Si tôt dit, si tôt fait: avec le produit de la vente des deux barques, plus un prêt de la banque locale, les deux marins achètent un plus gros bateau. Rapidement, les deux compères constatent que leur association leur permet effectivement de prendre plus de poissons et de mieux gagner leur vie. Tous deux s'en réjouissent. Ils ont créé une firme. La coopération entre Michel et Pierre apporte plus de revenus que séparément. Mais progressivement, un problème apparaît auquel Michel n'avait pas pensé. ce dernier est marié, il a une femme, cinq enfants, plus une belle-mère encore vivante. Il lui faut subvenir aux besoins de tout ce petit monde. Honnête, sobre, protestant pratiquant, conscient de ses responsabilités, c'est un bûcheur. Pierre, le lourdaud, est célibataire; il aime prendre son temps et ne déteste pas la bouteille. Il tient à faire sa sieste quand le soleil est bien haut. Il n'a pas de gros besoins, malgré son poids. A eux deux, les pêcheurs ramènent chaque soir une prise plus importante que la somme de celles dont ils avaient l'habitude lorsqu'ils travaillaient séparément. Mais, en raison du comportement de Pierre, cette prise reste inférieure à celle qu'il pourrait produire si celui-ci était moins fainéant. En fournissant moins d'efforts, Pierre renonce à un revenu plus élevé qu'il sacrifie volontiers à son bien être. Mais, en même temps, il prive Michel d'un revenu qui pourrait être plus important pour lui. Or, pour celui-ci, un tel revenu supplémentaire est vital. Michel houspille et surveille plus étroitement Pierre, qui commence à se plaindre de son compagnon. Ce contrôle empêche Michel de prendre des poissons supplémentaires. Soit Michel surveille Pierre et perd des poissons, soit il ne le surveille pas et Pierre prend moins de poissons. A l'inverse, Pierre se sent obligé de travailler plus qu'il ne le désire et devient de plus en plus insatisfait de cette collaboration. Une mauvaise entente s'installe entre eux parce que les deux partenaires ne partagent pas les mêmes objectifs en matière de profit. Michel, toujours aussi imaginatif, propose alors à Pierre l'arrangement suivant: " Au lieu de se partager les profits de la pêche, je te propose une rémunération fixe, chaque semaine, en contrepartie d'un effort minimum ou d'un niveau de production minimum qui te convient et qui est supérieur à ce que tu pouvais obtenir seul. En revanche, je prends la différence entre les recettes nettes des coûts et de la rémunération fixe que je te verse ". Pierre rentre chez lui, perplexe. Il lui faut du temps pour se pénétrer de cette proposition. Il devra obéir à Michel, mais l'aura moins sur le dos. Par ailleurs, la rémunération est supérieure à ce qu'il pouvait obtenir seul. Il accepte donc cet arrangement. Le profit est né et l'entreprise salariale aussi.

La possibilité juridique, pour un individu ou un groupe d'individus, de créer une firme, permet de réaliser des économies: les coûts de transaction propres à la coordination des facteurs de production et à la distribution des produits par le mécanisme de prix. Mais les coûts de coordination des actions individuelles à l'intérieur de la firme, plus les coûts de contrôle des performances et d'opportunisme contrebalancent les gains et peuvent même les excéder, ce qui incite la firme à modifier son mode d'organisation interne, à réduire sa taille ou bien à disparaître.

Le coût d'organiser des transactions hors marché doit être non seulement inférieur aux coûts de transaction supportés en s'adressant au marché, mais aussi inférieur à ceux d'une autre entreprise qui organiserait les mêmes transactions. Il doit aussi être inférieur aux coûts qu'occasionnerait un autre arrangement contractuel. La structure de l'entreprise, comme celle du marché, serait le résultat d'arrangements contractuels économisant les coûts de transaction. Les contrats de franchise, l'intégration verticale ou les cartels, sont des arrangements contractuels différents de la firme. Mais ils ne sont qu'une forme particulière d'organisation des transactions pour minimiser les coûts de l'échange.

Cette interprétation de l'existence de la firme conduit au théorème suivant: une entreprise tendra à se développer jusqu'à ce que les coûts représentés par l'organisation d'une transaction additionnelle au sein de l'entreprise soient égaux aux coûts inhérents à l'exécution de la même transaction au moyen d'un échange sur le marché libre ou aux coûts d'organisation au sein d'une autre entreprise ou d'un autre arrangement contractuel. Plus les coûts de transaction diminuent plus la taille de chaque firme diminue et plus le nombre de firmes sur le marché augmente. Cette vision de la firme peut s'appliquer à un domaine qui vous est familier : celui de votre propre famille.

 

2.1: La notion de coût d'opportunité

2.2: Fongibilité, substituabilité et subjectivité

2.3: Analyse marginale

2.4: Les droits de propriété pacifient les conflits à propos de l'usage d'une ressource rare

2.5: L'échange librement consenti

2.6 Principe des avantages comparatifs et division du travail

2.7: Mécanisme de prix et coordination des plans individuels

2.8: Le principe d'arbitrage

2.9: Le principe de coopération et la nature de la firme

2.10:Le principe de compétition: ordre compétitif ou concurrence pure et parfaite?

2.11:La nature de l'Etat et le principe démocratique

2.12: Principe d'auto-organisation et de sélection

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Ronald Coase

Prix Nobel 1991

Un ouvrage à lire

La firme , le marché et le Droit Traduit et présenté par Boualem Allouat Editions d'Organisation En contrepoint de l'article de R.Coase, on peut lire avec profit celui de Harold Demsetz: "La firme théorique : définition et existence" Commentaire sur la théorie de la firme tiré de L'Economie de la Firme : sept commentaires critiques Editions Management 1998

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