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Bienvenue sur le site de Bertrand Lemennicier  Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme, ces droits sont : la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression (Article 2 de la déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen du 26 août 1789)  "Quand même tu aurais à vivre trois mille ans, et trois fois dix mille ans, dis-toi bien que l'on ne peut jamais perdre une autre existence que celle qu'on vit ici-bas, et qu'on ne peut pas davantage en vivre une autre que celle qu'on perd". Marce Aurèle, Pensées, Livre II, maxime 14  "La vertu de la rationalité signifie la reconnaissance et l'acceptation de la raison comme notre seule source de connaissance, notre seul juge des valeurs et notre seul guide d'action" Ayn Rand , La vertu d'égoisme,  J'ai le pouvoir d'exister sans destin, Entre givre et rosée, entre oubli et présence. Médieuse de Paul Eluard 1939 
prévisions électorales, sondages et paris
 

Les méthodes de prévisions électorales: sondages, pari mutuel, modèles économétriques et marchés électroniques
Par Bertrand Lemennicier/ revue en février 2012

La prévision du résultat des élections par des sondages sur les intentions de votes est toujours une question d'actualité à chaque fois que se profile une élection d'importance comme les présidentielles de 1995, de 2002 , de 2007 ou de 2012 encore le référendum sur la constitution européenne de mai 2005. Quelle valeur peut-on accorder à ces sondages ? Est-ce qu'il existe d'autres méthodes tout aussi fiables voire plus fiables ? Pourquoi s'intéresse-t-on à prévoir l'avenir? Savoir ce qui va se passer demain n'est-ce pas ôter tout le sel de la vie ?

Les spécialistes de la théorie des votes utilisent le mot prévoir par opposition à prédire. En effet, on peut utiliser les résultats d'une série d'élections passées pour valider ex post une méthode de prédiction du résultat des élections. En revanche, ex ante on parlera de prévisions électorales. Il s'agit de proposer un ou deux mois à l'avance chaque semaine ou chaque jour (selon la méthode) une évolution du pronostic sur le résultat des élections. C'est une information qui intéresse beaucoup de gens.

Pourquoi prévoir?
En fait, électeurs, candidats, non électeurs et abstentionnistes sont tous intéressés à prévoir les résultats d'une élection.

1. Si les candidats ou les leaders des partis politiques ont une bonne connaissance des variables qui affectent le résultat des élections et permettent de le prédire, ils peuvent évaluer et corriger leurs campagnes politiques et leurs buts politiques pour emporter les élections. Cette stratégie est d'autant plus facile à mettre en oeuvre que les candidats sont au pouvoir.

2. Les électeurs, de leur point de vue, ont intérêt à connaître comment votent les autres. En effet, les électeurs d'un camp votent souvent pour annuler le vote des électeurs qui soutiennent leurs ennemis politiques. C'est le paradoxe du votant. Il est donc utile de comprendre et d'expliquer le comportement des électeurs.

3. Du point de vue des tiers abstentionnistes, étrangers ou non et de ceux qui risquent de se retrouver dans la minorité, il est important de prévoir le résultat des élections pour anticiper ce que sera l'avenir avec l'équipe dirigeante élue. Car celle-ci a déjà annoncé dans son programme comment elle va infléchir l'environnement politique, économique et social pour satisfaire les intérêts privés de ceux qui vont les porter au pouvoir. Ils peuvent alors protéger leurs intérêts par anticipation en mettant à l'abri leurs capitaux (y compris leur capital humain) ou en organisant la résistance pour empêcher que le programme de la majorité soit appliqué.

4. Il ne faut pas non plus exclure la curiosité intellectuelle ou le désir de gagner de l'argent en faisant des paris sur les futurs vainqueurs des élections.

Les méthodes de prévisions

Il existe plusieurs types de prévisions : celles qui sont  "scientifiques" et les autres (lire dans les lignes de la main des candidats, examiner le signe astrologique des candidats etc.). Parmi les méthodes scientifiques on retiendra :

1. les sondages d'opinions
2. les modèles économétriques
3. les tournois ou panels d'experts.
4. le marché des prévisions (ou marchés électroniques)

5. les paris

Si on se reporte à un spécialiste dans le domaine comme Michael Lewis-Beck (2005), ["Election Forecasting : Principles and Practice" The British Journal of Politics & International Relations Volume 7 Issue 2 Page 145 - May 2005 ] on jugera de la méthode de prévision sur les quatre critères suivants :

a) la précision de l'estimation (erreur de prévision inférieure à 1.5)
b) la précocité de la prévision (au moins plusieurs mois à l'avance -5 à 6 mois- et non pas la veille des élections)
c) la facilité de mise en oeuvre (la méthode n'exige pas une technicité trop grande, peut-être comprise aisément et les variables faciles à mesurer sans erreur)
d) la méthode de prévision doit être reproductible.


Examinons chacune de ces méthodes.

Les sondages d'opinions

C'est la méthode la plus ancienne. Le célèbre institut Gallup a initié la technique et le premier sondage d'opinion pour prévoir le résultat des élections présidentielles date de 1936 qui opposait Rooselvelt à Landon ? L'estimation pour Franklin Roosevelt était de 56% alors qu'il a obtenu 60,8% des voix contre son adversaire Alfred M. Landon qui était estimé a 44% alors qu'il n'a obtenu que 36,5% des votes. L'erreur était considérable avec une sous estimaiton de 4,8% pour Roosevelt et une sur estimation de 7,5% pour Landon. Cette erreur a été la plus forte de toutes les estimations de Gallup. Dès 1940 les erreurs d'estimations tombaient aux alentours de 1% à 3%.

Le sondage d'opinion diffère de l'estimation des résultats sur un échantillon représentatif des bureaux de votes au début du dépouillement. Il est en effet possible de prévoir les résultats ex post  une fois le vote terminé, avec une très grande exactitude, à partir d'un échantillon représentatif des bureaux de votes, le soir des élections au moment du dépouillement du vote (A vingt heure cinq s'affichent les estimations des votes qui ne vont guère varier jusqu'à l'affichage définitif des résultats, obtenus par un comptage exhaustif de tous les bulletins de votes). En revanche, la tâche est plus difficile si l'on cherche à prévoir le résultat ex ante  à partir des intentions de vote.

Celle-ci est une opinion exprimée publiquement. Mais par définition une intention de vote n'est pas le vote. On ne peut s'y fier, car elle ne révèle pas les véritables opinions privées des gens. Il existe donc un écart entre la révélation des opinions au moment du vote et les opinions exprimées publiquement avant le vote. C'est une source d'erreur qui explique d'une part que les sondages sont souvent de mauvaises qualités et d'autre part que plusieurs méthodes sont en concurrence pour prévoir les résultats des élections.

Les sondages d'opinion présentent deux défauts qui sont accentués si l'on fait fasse à des choix non binaires :

a. Ils sont manipulables, car plusieurs Instituts de sondages sont en compétition entre eux pour offrir des prédictions. Si certains Instituts sont plus fiables que d'autres, de fortes pressions peuvent s'exercer pour les manipuler directement ;

b. Ils sont biaisés. Les questions sont : " pour qui allez vous voter ? " hors situation. Ils ne sont pas des sondages sur des réponses effectives au moment du dépouillement des résultats. Le comportement de réponse au sondage d'opinions est souvent éloigné de la réponse effective. Par ailleurs, bon nombre d'électeurs ne se prononcent pas. L'électorat flottant qui est le plus important du point de vue de la prévision n'est pas saisi dans les sondages sur les intentions de votes. Or 40 % des gens sont indécis encore la veille des élections !

c Ils sont volatiles. L'exemple type d'une fiabilité contestable des sondages sur les intentions de votes est celui des élections présidentielles de 1995.

4 jours avant les résultats du premier tour, Chirac disposait de 24% d'intentions de vote, Balladur 20% et Jospin 19%. Au moment des résultats Jospin passe en tête avec 23.2 % des votes contre 20.5% à Chirac et 18.5 à Balladur ! La plupart des prévisionnistes prédisaient un second tour Chirac- Balladur à l'image de l'élection de 1969 où le second tour opposait deux candidats de droite : Pompidou et Poher. Au lieu de Chirac Balladur on a eu Jospin -Chirac.

De manière identique en avril 2002, les sondages sur les intentions de vote prévoyaient un deuxième tour : Chirac, Jospin. Le résultat a été Chirac -Le Pen ! On observe le même phénomène avec le référendum de 2005. les sondages sont volatiles comme le suggère le graphique ci-dessous.


Les méthodes économétriques

On cherche d'abord à mettre en relation les indices de popularité IP avec des évènements politiques ou sociaux, Y et des variables économiques X auxquelles l'électeur du pays est sensible. En général il s'agit du chômage pour les français, de l'inflation pour les allemands ou de la création d'emplois pour les américains.

1) IP=f(X,Y) + e

Ensuite on substitue dans la fonction de vote, V, c'est-à-dire les votes effectifs, l'estimation de cet indice de popularité et des variables Z indiquant l'influence politique des candidats par exemple si le candidat est le sortant ou s'il est dans l'opposition. On obtient une forme réduite :

2) V=g(IP, Z) + w

Où e et w sont des termes d'erreur dans la fonction de popularité et de vote.
A l'aide de ces deux équations on prévoit les résultats des élections avec une certaine marge d'erreurs. A titre d'exemple prenons les données américaines et l'un des modèles économétriques les plus fiables : celui de Abramovitz (2004). La fonction de vote proposée s'écrivait :

3) 0.75 + 0.107* IP +0.818* E -5.14*T+ e +w

R-au carré =0.90, SEE=2.00 Nombres d'observations 14 élections présidentielles (1948-2000)
* coefficient statistiquement significatif
Avec V= Part des votes pour le sortant
IP = indice de popularité du Président (satisfaits -mécontents) dans le dernier mois, Institut Gallup
E= taux de croissance annualisé du Produit National Brut en termes réels dans les deux premiers trimestres précédents l'élection
T= variable indiquant si le président a déjà fait un premier mandat, Prends la valeur 1 si oui, zéro autrement.

Sur les présidentielles de 2004, quelques mois avant les élections, l'erreur d'estimation était de 2.5%. Bush a obtenu 51% et Kerry 48% (Nader a obtenu 1% des votes) Les sondages de Gallup prédisaient 49% peu de temps avant les élections pour chaque candidat. Soit une erreur de 1 à 2%.

Les indices de popularité des candidats sont des repères efficaces. Ils le sont d'autant plus lorsqu'ils sont associés à des modèles économétriques qui reposent sur des votes effectifs. On procède ainsi : chaque mois, on demande aux français s'ils ont confiance dans le Président de la République ou dans le Premier Ministre.

Par exemple le graphique ci-dessous présente la côte de confiance de Chirac et Jospin depuis juillet 2000. Cet indice de popularité a été proposé par CSA.

En général quand l'indice de popularité excède 55% le candidat est sûr de gagner, s'il tombe en dessous de 45% il est sûr de perdre.

La chute de popularité des deux principaux candidats à 1 mois des élections suggèrait qu'ils risquaient, tous deux de ne pas se retrouver au deuxième tour puisqu'ils passaient tous les deux en dessous de la barre des 45%.

Prenons à titre d'exemple les élections de V.G.d'Estaing en 1981 et celle de F. Mitterand en 1988. 3 mois avant les élections présidentielles de 1981 VGE avait franchi la barre fatidique des 45%. En revanche, F.Mitterand, pour l'élection présidentielle de 1988, n' est jamais descendu en dessous de 55%.

C'est une méthode fiable pour désigner le camp vainqueur mais pas de combien. C'est aussi la raison pour laquelle les hommes politiques au gouvernement ont les yeux rivés sur les indices de popularité. Mais il est aussi étonnant de voir qu'ils ne sont pas capables d'en tirer les leçons comme le suggère le référendum de 2005. L'indice de confiance du Président de la République est inférieur à 41% (entre 36% et 38% de septembre 2004 à avril 2005 avec une pointre à 41% en janvier 2005) avant de prendre la décision de faire un référendum. Il prend cette décision en regardant les sondages sur les intentions de votes. Ces derniers pronostiquaient que 60% des français voteraient pour le oui. 
Mais c'est l'indice de popularité qui gouverne les comportements pas les sondages d'intention de votes. Une leçon à méditer pour les prochaines élections présidentielles..

Les trois dernières techniques connues consistent à faire des paris sur ceux qui vont gagner et à observer l'évolution des prédictions des parieurs. Cela peut prendre la forme de sondage demandant aux individus quel sera le résultat des élections, de tournois ou de marchés organisés où l'on joue de l'argent sur les candidats comme on le fait pour les courses de chevaux ou les équipes de football.

Les tournois

Les tournois sont des concours de pronostic où les participants doivent fournir la meilleure estimation possible du résultat pour emporter les prix qui sont distribués aux vainqueurs. Organisé sur Internet, le tournoi du LAEP de l'université de Paris I, avec l'aide de Pronostic.com, fournissait aux internautes toutes les informations dont ils avaient besoin pour se faire leur propre opinion : programme politique, sondages, évolution économique, résultats des élections passées etc. Ainsi lors des élections présidentielles de 2002, 2360 internautes ont participé à ce concours. Ils n'ont pas anticipé correctement le résultat dans leur immense majorité. Seuls 46 d'entre eux (1,94%) ont prédit le résultat dans le bon ordre : le tiercé gagnant (Chirac, Lepen, Jospin) et 3 d'entre eux ont prédit les quatre premiers. Parmi les 46 qui ont pronostiqué correctement les trois premiers dans le bon ordre, 40 ont fait cette prédiction après le 9 avril (l'élection a eu lieu le 21 avril 2002). En revanche, les chiffres proposés par ce groupe de 46 étaient très proches des résultats définitifs avec une erreur inférieure en moyenne à 1,5%. Les tournois sont de bons outils de prédiction. Mais il faut attendre les résultats définitifs pour savoir qui a gagné. C'est une méthode qui ne fonctionne que pour révéler ex post les talents des joueurs. Par ailleurs, la chance à elle seule suffit à expliquer le résultat puisque seulement 2% des joueurs ont prédit correctement le résultat. Si ces parieurs sont si bons, ils devraient exploiter leur talent sur les marchés organisés.

Le panel

Une autre manière de prévoir consiste à demander aux gens leur opinion sur qui va l'emporter. C'est-à-dire sur le comportement des autres électeurs. Il est remarquable que cette méthode fonctionne. Mais elle ne fait que répliquer les sondages d'opinions. En effet, la croyance des gens se forge à partir de l'ensemble des informations disponibles publiquement (y compris donc les sondages d'opinion) et de celles dont les individus disposent de manière privée. L'évolution de ces opinions traduit vraisemblablement plus la confiance accordée aux sondages par les électeurs eux-mêmes qu'à un pouvoir de divination. Ainsi pour le référendum de 2005 entre le 1er avril 2005 et le 29 avril le pronostic des interviewés suit les sondages. Les sondés pronostiquent une victoire du Non. Du 6 au 13 mai, ils pronostiquent la victoire du oui comme le révèle certains sondages. Ils rebasculent vers le non avec un décalage après le 20 mai lorsque les sondages montrent un nouveau basculement vers le Non.


Les marchés organisés

Les marchés organisés fonctionnent comme des bourses. Le contrat qui fait l'objet d'un échange est une prévision sur le vainqueur d'une élection. Prenons la réélection de G.Bush en 2004.Le vendredi 21 février 2003 à 11h59 le marché électronique de l'université de l'Iowa (IEM) s'est ouvert pour négocier des contrats sur le vainqueur des élections présidentielles de novembre 2004.On vend aux spéculateurs un portefeuille composé d'une action pour chaque candidat qui participe aux élections. S'il y a deux candidats principaux (Bush et kerry ), il y aura deux actions. Si d'autres plus petits candidats participent on a une troisième action appelée : le reste des candidats. La valeur d'une action est donnée par le dividende payé après l'élection. Le dividende sur chaque action est le pourcentage de votes obtenu à l'élection multiplié par le prix de l'action 1$ par exemple ( 2$50 en 1988 quand ce marché fut ouvert pour la première fois). Par exemple, si le candidat démocrate fait 32,4% des votes, la valeur liquidative du contrat vaut 32,4 cents pour une action valant 1$. Les profits ne sont pas affectés par les votes allant à d'autres candidats indépendants de ces deux partis (Ralph Nader a obtenu 1% des votes).
Comme la somme des pourcentages obtenus par les candidats font l'unité, le dividende total payé pour le portefeuille est juste égal au prix fixe d'entrée pour détenir un tel portefeuille (le marché électronique de l'Université d'Iowa est contraint à ne pas faire de profits). Cette méthode offre un avantage au sens où le prix de marché divisé par le prix du portefeuille donne directement une estimation du pourcentage de votes attendu par celui qui achète ou vend. Elle offre une prévision non seulement sur le vainqueur mais aussi sur l'écart de pourcentage qui sépare le vainqueur du vaincu.
Le prix est déterminé par un système d'enchères double. Pour une période donnée, un système d'enchère double fonctionne de la manière suivante. Il démarre avec un prix offert par un vendeur quelconque, ou par un prix proposé par un acheteur quelconque. La convergence rapide vers le prix d'équilibre vient de l'astuce suivante: tout prix proposé par un vendeur, qui suit celui déjà annoncé, n'est accepté que s'il est inférieur au précédent. Le prix est déterminé pour chaque action c'est-à-dire pour chaque candidat à chaque instant. Ce marché présente cependant une différence énorme avec les autres car ce que les uns gagnent les autres le perdent. Ce qui est contraire au mécanisme de marché ou en général les deux échangistes gagnent. Mais il s'agit ici d'échanger des opinions sur le gagnant d'une course au pouvoir, sous cet angle il est normal d'avoir comme pour les paris un jeu à somme nulle. Tous les fonds investis seront retournés sous forme de dividendes à ceux qui auront fait les meilleures prévisions. La participation à ce marché se fait sur la base du volontariat. Les parieurs ne sont donc pas représentatifs de la population contrairement à la technique des sondages où l'échantillon des sondés est représentatif de la population.

D'une manière assez surprenante ce marché prévoit aussi bien et parfois mieux que les sondages où les méthodes économétriques les résultats des élections. Il s'agit là d'une anomalie. D'abord les qpécialistes se sont posés la question de savoir pourquoi les individus participaient à un marché des futurs sur la prévision du résultat des élections présidentielles.

En effet ce marché organisé ressemble beaucoup à un marché complet (puisque le portefeuille couvre toutes les possibilités). La seule raison qui puisse le faire fonctionner est donc une différence d'opinion. En cela, ce marché ressemble aux marchés de futurs où l'on échange par contrat des opinions sur les prix futurs d'une récolte à la bourse de Chicago. Cependant sur le marché futur des votes l'on ne transfère pas les risques comme on l'observe entre le producteur et le spéculateur sur le marché des futurs .

Si ce marché électronique était libre (au sens où les sommes engagées n'étaient pas limitées à 500$ et où les organisateurs du marché pouvaient faire des profits), ce marché pourrait transférer des risques entre des groupes de pression de l'industrie d'armement qui voteraient par exemple pour un candidat pacifiste pour compenser les pertes de revenu si le candidat "s'en va-t-en guerre" n'arrive pas au pouvoir, comme le suggère R.Forsythe,F.Nelson,G.R.Neumann et J.Wright 1992 dans leur article "Anatomy of an Experimental political Stock Market " American Economic Review (december 1992).Mais ce n'est pas le cas. Les gens y participent donc comme on prend des paris sur les courses de chevaux.

Les paris

Les paris mutuels de Londres, où l’on fait des paris sur tout, offrent la côte des candidats des mois à l’avance aux parieurs. Ces côtes estiment la probabilité qu’un candidat a de gagner les élections selon l’opinion des parieurs.. En janvier 2007 la cote fractionnelle de Nicolas Sarkozy, des mois à l’avance, oscillait entre 1/3 (pour 1 euro misé sur ce candidat le gain était de 1/3=0.33 cts), et/ou 8/15 ( soit 0.53 cts); Ségolène Royal était à 3 contre 1 (pour une mise de 1 euro vous auriez pu gagner 3 euros si elle avait gagné les élections), ou 5/2;  François Bayrou était à 6/1 ou 36/5 et Jean Marie Le Pen à 50/1 ou 89/1 .

Comment cela se passe-t-il ?

Un bookmaker vous propose un contrat qui stipule le profit que vous allez faire si vous misez une certaine somme sur le résultat d’un événement sportif ou d’une élection présidentielle. Ce profit est une cote.  Il y a deux différents types de cotes et grâce aux bookmakers en ligne, les parieurs peuvent choisir le format qu’ils désirent.

Le format décimal (cote européenne)
C'est le format le plus commun. Il indique le profit d’un pari sous forme de nombre entier ou décimal.

Exemple : Mise €100 à 1.80


gains : 100*1.80 = 180€ si l’équipe sur laquelle on mise gagne,

Pertes : €100 si elle perd

La probabilité sous jacente à cette cote est de 1/1.8=0.55

Le format fractionnel (cote anglaise)
Très populaire chez les bookmakers du Royaume Uni. Il indique le rendement d’un pari sous forme de fraction. Il est simple de convertir la cote anglaise en cote décimale. Ajoutez 1 à la cote anglaise et vous obtiendrez la version décimale de la cote. C’est aussi la façon dont vous calculerez le profit.

Exemple : Mise €100 * (1+4/5) = 180

Les cotes sont des nombres utilisés pour calculer le profit associé à un pari pour un certain résultat d’un évènement déterminé. Les gens croient que la cote offerte sur un résultat déterminé représente la vraie chance ou la probabilité que le résultat se produira, mais ils se trompent.

 Les parieurs doivent considérer que les bookmakers annoncent une cote en fonction de leurs propres croyances, donc la cote peut varier considérablement d’un bookmaker à l’autre.

Deuxièmement, comme les bookmakers ont besoin de faire un profit, la cote est ce que le bookmaker pense de la chance que peut avoir une équipe ou un candidat de gagner après l’avoir ajustée pour inclure son profit. Une fois la cote offerte au marché, les bookmakers tiennent compte du montant qui est en jeu sur chaque résultat.

 La cote est changée en fonction de là où l’argent est allé. Dans la situation où beaucoup de gens parient sur une certaine équipe, les bookmakers perdront beaucoup d’argent si elle gagne, ces derniers vont donc baisser la cote pour ne pas encourager les joueurs à parier sur cette équipe. Par conséquent, la cote devient un reflet du marché (comment les gens parient) et ne représente plus le point de vue du bookmaker en ce qui concerne la chance qu’une équipe a de gagner mais le point de vue des parieurs. Ce sont des opinions qui sont échangées. Par défintion, les parieurs risquent leur propre argent. Ceux qui se trompent systématiquement seront éliminés du marché des paris. C'est un argument sérieux pour préférer les prévisions implicites faites par ces marchés de pari mutuel. En particulier de connaître la probabilité avec laquelle un candidat peut gagner et ce des mois à l'avance. Les parieurs cependant ne sont pas insensibles aux sondages, leurs propres paris sont fondés sur des informations publiques ou privées et donc aussi sur des sondages. Mais comme pour les marchés organisés on s'attend à une supériorité des paris sur les autres méthodes pour désigner le vainqueur d'une élection. Evidemment les paris ne nous informent pas sur les scores obtenus aux élections bien que l'on pourrait le faire auquel cas on pourrait comparer les paris de Londres avec les méthodes des économistes qui s'efforcent de prédire le pourcentage de votes obtenu aux élections par les candidats présents au second tour.

L'impossibilité de prédictions en économie peut-elle s'étendre à la politique?


On peut se poser la question de savoir pourquoi, sur ce marché, on peut prévoir les résultats alors que sur un marché financier il en va tout autrement.

Imaginez la petite histoire suivante. Vous êtes un nuage. Lors des prochaines courses de chevaux sur l'hippodrome de Saint-Cloud, un météorologiste, qui prévoit avec une grande exactitude que les nuages vont arroser le champ de course pour le tiercé de dimanche prochain, décide de parier sur les chevaux qui courent vite en terrain lourd. Vous qui êtes un nuage, vous avez eu vent de cette prédiction. Que faîtes vous, si vous êtes rationnel ? Vous allez voir vos copains les nuages et vous décidez de contourner l'hippodrome de Saint-Cloud et d'arroser le bois de Boulogne. Entre temps vous pariez sur des chevaux qui courent vite en terrain sec. Vous déjouez la prédiction et vous empochez les profits. Le météorologue peut prédire parce que les nuages n'agissent pas et ne sont pas rationnels.

La théorie financière moderne a développé ce concept à la suite de tests empiriques sur l'évolution des prix sur les marchés financiers. Les changements de prix d'une semaine à l'autre sont totalement indépendants comme si on avait tiré au hasard le prix d'une période à l'autre. Ce résultat est une surprise pour le statisticien et l'a été un court instant pour l'économiste, le temps qu'il se rende compte qu'un tel résultat est justement ce que prédit la théorie de l'arbitrage sur un marché quelconque.

En fait, les prévisions électorales se situent entre ces deux extrêmes. Les électeurs ne sont pas des nuages mais des êtres humains rationnels. Cependant, pour des élections, faute de profits prévisibles à la clef, (les électeurs peuvent de manière non intentionnelle bénéficier individuellement des conséquences de la politique menée par leurs ennemis idéologiques ou de classe) ils agissent rationnellement de manière irrationnelle contrairement à ce qu'ils font sur un marché boursier. C'est cette différence essentielle qui laisse une marge aux astrologues comme aux prévisionnistes, sondeurs, économètres et parieurs de tenter leur chance en prédisant l'avenir et peut -être de réussir. Le marché alors retrouve une supériorité qui est du au fait que les individus décisifs dans la détermination des prix et donc dans la prévision des pourcentages de votes qui iront aux candidats sont les offreurs et demandeurs marginaux et non infra marginaux. Ils sont en général les plus motivés et ceux qui investissent le plus dans la prévision. Ils sont en fait les  vrais Ÿ spéculateurs or sur un tel marché des futurs seuls les bons ou les plus chanceux survivent. Ce qui explique la performance du marché des prévisions électorales.

 

 

Présidentielles américaines: heurs et malheurs d'une prévision électorale
par Martial Foulcault et Jean dominique Lafay


Le modèle Iowa et la présidentielle de 2007

par Eric Bélanger, Christine Fauvelle-Aymar et Michael Lewis Beck

“Peut-on prédire le résultat des élections présidentielles d’avril 2007 à partir de la distribution des intentions de votes le long d’un axe politique gauche–droite?”

par Bertrand Lemennicier-Bucquet et Honorine Lescieux-Katir

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