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Bienvenue sur le site de Bertrand Lemennicier  Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme, ces droits sont : la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression (Article 2 de la déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen du 26 août 1789)  "Quand même tu aurais à vivre trois mille ans, et trois fois dix mille ans, dis-toi bien que l'on ne peut jamais perdre une autre existence que celle qu'on vit ici-bas, et qu'on ne peut pas davantage en vivre une autre que celle qu'on perd". Marce Aurèle, Pensées, Livre II, maxime 14  "La vertu de la rationalité signifie la reconnaissance et l'acceptation de la raison comme notre seule source de connaissance, notre seul juge des valeurs et notre seul guide d'action" Ayn Rand , La vertu d'égoisme,  J'ai le pouvoir d'exister sans destin, Entre givre et rosée, entre oubli et présence. Médieuse de Paul Eluard 1939 
Droit de porter des armes
 


LE DROIT DE PORTER DES ARMES

par Pierre Lemieux

Les Belles Lettres collection Iconoclaste, 1993

La légitime défense interdite

Les lois occidentales reconnaissent encore le principe de la légitime défense. L’article 328 du code pénal énonce le principe général :

 Il n'y a ni crime ni délit lorsque l’homicide, les blessures et les coups étaient commandés par la nécessité actuelle de la légitime défense de soi-même ou d'autrui.

L'article qui suit précise :  Sont compris dans les cas de nécessité actuelle de défense, les deux cas suivants : si l'homicide a été commis, si les blessures ont été faites ou si les coups ont été portés en repoussant pendant la nuit l'escalade ou l'effraction des clôtures, murs ou entrées d'une maison ou d'un appartement habités et de leurs dépendances; si le fait a eu lieu en se défendant contre les auteurs de vol ou de pillage exécutés avec violence. Ÿ

On voit tout de suite les limitations apportées au principe. D'abord, pourquoi cantonner la résistance à la nuit? Sans doute la probabilité d'une intrusion malveillante est-elle plus grande de nuit que de jour; il y a moins de chance que le petit voisin escalade la clôture pour récupérer son ballon à deux heures du matin. Mais ce n'est qu'une question de probabilité et, dans un cas comme dans l'autre, l’homme responsable s'assurera que sa réponse est proportionnée au danger actuel qu'il court.

Une intrusion criminelle ordinaire peut aussi se produire de jour, à l'occasion d'un cambriolage, par exemple. Ce qui m'amène à une autre restriction du code pénal. On peut, semble-t-il, se défendre :  contre les auteurs de vol ou de pillage exécutés avec violence Ÿ. Le pléonasme surprend : comment la violence pourrait-elle être absente d'un vol ou d'un pillage? Je crains de comprendre : le déclin du droit de légitime défense passe par cette idée courante mais étrange que c'est le premier coup porté qui caractérise la violence, quel que soit son auteur.

Des syndicalistes vous empêchent de pénétrer dans votre usine ou de sortir de votre bureau en formant un mur humain. Ou des cambrioleurs pénètrent chez vous de jour en proférant des imprécations pacifiques du genre :  Toi, la femme, par terre ! Toi, le mec, où est ton pognon ? Selon la conception mièvre de la légitime défense, il n'y a pas encore violence parce qu’aucun coup n'a été porté. L’injonction  la bourse ou la vie Ÿ ne relèverait pas de la violence aussi longtemps que le deuxième volet de l'alternative n'a pas été exécuté. Si la victime frappe, bouscule ou tire, ah ! là, il y a violence, mais c'est l’agressé qui en portera la responsabilité pénale. Vous êtes suppose attendre qu'un objet physique vous touche violemment ou qu'on viole votre femme pour que votre droit à la légitime défense soit reconnu, au moins à titre posthume.

Les spécialistes me pardonneront s'ils trouvent des failles dans mon interprétation du code pénal, où si celui-ci a été modifié entre le moment où je l'ai consulté à la Bibliothèque Nationale en mai 1993 et la parution de ce livre. Je ne suis qu'un citoyen au quotient intellectuel moyen qui cherche à connaître la loi de la seule manière accessible, c’est-à-dire en lisant les textes disponibles. Mais je ne peux passer ma vie à décrypter les milliers de pages de décrets, d'ordonnances, de circulaires, d'interprétations judiciaires et d'amendements qui s'ajoutent chaque année à des principes devenus par le fait même incertains.

Toujours est-il qu'en France, la légitime défense ne semble reconnue à coup sûr que si vous n'êtes plus en mesure de l'exercer. On estime que le ministère public intente des procédures contre 80 % des citoyens ayant accompli des actes de légitime défense. Les juges sachant parfois garder la tête froide, plus du tiers des poursuites se terminent par un non lieu ou un acquittement. Ce qui signifie que plus de la moitié des actes de légitime défense sont condamnés par la justice.
Souvent reléguées aux entrefilets de la presse, ces affaires font parfois la manchette. Un cas célèbre fut celui d'un garagiste de l'Aude, Lionel Legras. Ayant subi 12 cambriolages en autant d'années dans sa maison de campagne, M. Legras avait confectionné un piège avec un vieux transistor bourré de poudre qu'il avait placé dans un placard. Il avait affiché à l’extérieur de sa maison des avertissements :  Danger! mine - charge violente Ÿ,  Attention ! pièges à feu Ÿ. Durant la nuit du 22 novembre 1976, deux malfaiteurs s'introduisent dans la maison en fracturant la porte principale, forcent le placard fermé à clé, saisissent le transistor et l'allument. Un des bandits est tué sur le coup, l'autre blessé. M. Legras est traîné devant la justice.

Aveugles, les pièges à feu ont l’inconvénient de ne pouvoir proportionner la riposte au danger. Supposons alors que la police fût efficace et que les affiches du propriétaire aient plutôt annoncé :  Danger! maison protégée par la police Ÿ. Supposons aussi que la police soit arrivée dès l'effraction commise, qu'une lutte se soit engagée, que les policiers aient tiré, et que l'issue ait été la même. Aurait-on blâmé la police? Si non, comment blâmer le propriétaire qui a protégé son bien en l'absence de la force publique? Pourquoi la force publique jouirait-elle d'un droit d'exception?

On répliquera que la police aurait lancé une sommation aux truands avant de tirer. Mais n'était-ce pas là le rôle des avertissements placardés à l'extérieur? De plus, cette objection même aurait justifié le propriétaire, s'il avait été chez lui au moment de l'effraction, de lancer la même sommation à ses agresseurs et de tirer s'ils n'obtempéraient pas. D'où, justement, l'efficacité des armes à feu ordinaires, par opposition aux pièges aveugles, pour la légitime défense : ce n est pas l'arme qui tue mais celui qui la tient. Le droit de porter des armes est plus efficace que celui d'armer les portes.
L'homme en état de légitime défense armée devra exercer son jugement, mais on aurait tort de lui demander plus de sang-froid qu'on n'exige de discernement de la part de ses agresseurs. Car, après tout, à qui reconnaîtra-t-on le bénéfice du doute, à l’agresseur ou à l'agressé?

Ajoutons que, si les simples citoyens exerçaient plus souvent leur droit de légitime défense, les agresseurs prendraient plus au sérieux le risque qu'ils courent. Je reviendrai plus loin sur cette question. Pour le moment, mon propos consiste à noter comment la sympathie envers l’agresseur s’est substituée au droit de l'agressé.
La France n'est pas le seul pays à avoir dérapé ainsi dans le droit du plus fort, c'est-à-dire de l'agresseur criminel. Plusieurs Etats américains ont connu une dérive semblable. Et ne parlons pas de l'Angleterre, où le droit d'autodéfense a sans doute reculé davantage qu'en France. On s’en étonne d’autant plus qu'en Angleterre et aux Etats-Unis, la common law présumait qu'un vol à main armée ou un cambriolage menaçait la vie de la victime, qui avait par conséquent le droit de tuer pour se défendre.

Dans un article consacré au droit des femmes à la légitime défense, Don Kates et la féministe Carol Ruth Silver racontent une histoire terrible mais qui aurait pu finir - et finit souvent - encore plus mal. A Chicago, un homme pénètre de force dans un appartement, viole une des deux femmes qui s'y trouve et la défenestre du quinzième étage. Il s'attaque à la seconde qui, reprenant son sang froid, sort un revolver et met l'agresseur en fuite. La police arrive trop tard mais arrête la survivante pour possession illégale d'une arme de poing. Heureusement, dans ce cas, le ministère public abandonnera bientôt les poursuites face à une opinion publique outragée.

La légitime défense a aussi nettement reculé au Canada. On ne peut plus prétendre détenir une arme de poing pour protéger ses biens, seule la protection de la vie est recevable. Mais quid du commerçant qui a tout investi dans son commerce et attache autant de valeur à ses biens qu’à la vie qu'il a consacrée à les amasser? De plus, pourquoi la légitime défense serait-elle justifiée pour protéger sa vie et non pour préserver son intégrité corporelle, sans laquelle la vie perd au moins une partie de son intérêt?

Avant la loi canadienne de 1977, les petits commerçants qui devaient effectuer d'importantes remises d'espèces à leur banque, souvent le soir après avoir fermé boutique, pouvaient obtenir un port d'armes à cette fin. Maintenant, ce moyen de légitime défense leur est refusé, et les criminels en ont bien pris acte. S'il ne veut pas risquer l’agression sains défense, le commerçant doit payer pour les services de convoyeurs de fonds, ce qui explique les bonnes affaires que ceux-ci réalisent depuis. Pourquoi défavoriser l'honnête commerçant au profit des criminels, pourquoi faire porter au premier le coût et le risque du crime? Parce qu'il est pacifique et respecte le droit? Bref, pourquoi interdire aux honnêtes gens de porter des armes peur se défendre?
Je ne vois qu'une réponse à cette question : parce qu'on ne croit plus à la légitimité pour un individu de protéger sa vie ou sa propriété en repoussant la violence par la force.

Théorie de la légitime défense

Pourtant, la légitime défense est éminemment conforme à la morale. Elle prend sa source dans le refus de l'esclavage, comme l'a démontré il y a 300 ans le philosophe anglais John Locke, qui exerça une influence marquante sur les penseurs de la révolution américaine et sur le courant libéral de la révolution Française. Fondamental, le chapitre trois de son deuxième Traité du gouvernement civil, publié à Londres et 1690 et à Paris l’An III de la République (1795), développe cette thèse.
La première loi de la nature, explique Locke, est celle de la conservation de soi-même.
Il continue :
 Or, [...] celui qui tâche d'avoir un autre en son pouvoir absolu, se met dans l'état de guerre avec lui [...] Car j’ai sujet de conclure qu’un homme qui veut me soumettre à son pouvoir, sans mon consentement, en usera envers moi, si je tombe entre ses mains, de la manière qui lui plaira, et me perdra, sans doute, si la fantaisie lui en vient. En effet, personne ne peut désirer de m’avoir en son pouvoir absolu, que dans la vue de me contraindre par la force à ce qui est contraire au droit de ma liberté, c'est-à-dire, de me rendre esclave... et la raison m'ordonne de regarder comme
l’ennemi de ma conservation, celui qui est dans la résolution de me ravir la liberté, laquelle en est, pour ainsi dire, le rempart.Ÿ


Celui qui déclenche l'état de guerre n’est pas le premier qui frappe, mais le premier qui prive l'autre de sa liberté. Dans un passage remarquable, Locke donne précisément l'exemple du voleur :

 Ce que je viens de poser montre qu'un homme peut légitimement tuer un voleur qui ne lui aura pourtant pas causé le moindre dommage, et qui n'aura pas autrement fait connaître qu'il en voulût à sa vie, que par la violence dont il aura usé pour l'avoir en son pouvoir, pour prendre son argent, pour faire de lui tout ce qu'il voudrait. Car ce voleur employant la violence et la force, lorsqu'il n'a aucun droit de me mettre en son pouvoir et en sa disposition, je n'ai nul sujet de supposer, quelque prétexte qu’il allègue, qu'un tel homme entreprenant de me ravir ma liberté, ne me veuille ravir toutes les autres choses dès que je serai en son pouvoir. C'est pourquoi il m'est permis de le traiter comme un homme qui s'est mis avec moi dans un état de guerre, c'est-à-dire, de le tuer, si je puis : car enfin, quiconque introduit l'état de guerre, est l'agresseur en cette rencontre.Ÿ

La légitime défense contre une agression se justifie parce que l'agresseur a déclenché l’état de guerre et que l'agressé ne sait jamais ce qu'il aura à subir une fois réduit en esclavage.

À Part le refus de l'esclavage et de l’incertitude quant à l'issue de l'agression, un autre argument fonde la légitime défense quand la menace immédiate vise les biens matériels de quelqu’un plutôt que son intégrité corporelle. On en doit aussi à Locke la formulation la plus nette. Mes biens m'appartiennent parce que j'y ai mêlé mon travail, c’est-à-dire une partie de moi-même. Ce qui m'appartient est une extension de ma personne et de ma vie, qu'il s'agisse de mon bras, de mon sang, de ma jambe de bois ou de ma voiture, et c’est à moi seul d'évaluer l'importance relative de ce qui m'appartient. L'individu a le droit de défendre sa maison ou son intégrité corporelle autant que sa vie.

Répondant à l'avance aux objections qui présideront au déclin de la légitime défense, Locke précise que ce droit n'est pas seulement valable dans l'état de nature mais aussi dans la société civile dès lors que les circonstances empêchent l'agressé d'en appeler à la force publique :

 ... faute d'un juge, devant lequel on puisse faire comparaître un agresseur, un homme a, sans doute, le droit de faire la guerre à cet agresseur, quand même l'un et l'autre seraient membres d'une même société, et sujets d'un même Etat. Ainsi, je puis tuer sur-le-champ un voleur qui se jette sur moi, se saisit des rênes de mon cheval, arrête mon carrosse; parce que la loi qui a été faite pour ma conservation - si elle ne peut être interposée pour assurer, contre la violence et un attentat présent et subit, ma vie, dont la perte ne saurait jamais être réparée, me permet de me défendre - me met dans le droit que nous donne l’état de guerre, de tuer mon agresseur, lequel ne me donne point le temps de l’appeler devant notre commun Juge, et de faire décider, par les lois, un cas, dont le malheur peut être irréparable. Ÿ

Avec le refus de l'esclavage, l'absence temporaire ou l'inefficacité de la force publique fournit la justification de la légitime défense. Le droit de posséder et de porter des armes en constitue le corollaire. Comment autrement, pour paraphraser Locke, puis-je espérer tuer sur-le-champ le voleur qui se jette sur moi ou m'attaque dans ma voiture?

Ils sont ainsi très lockéens, ces Américains dont entre le quart et la moitié déclarent posséder une arme principalement pour des raisons de protection personnelle. Il n'est d'ailleurs pas étonnant que le droit de posséder et de porter des armes profite surtout aux individus minoritaires, persécutés ou autrement  défavorisés Ÿ qui sont justement ceux dont la sécurité est la moins bien assurée par la police étatique. Une enquête réalisée en Illinois indique que ce sont surtout les femmes de race noire qui possèdent une arme pour leur protection personnelle. Les autres, les politiciens, les juges et les chefs d'entreprise vivent dans des quartiers bien protégés et voyagent au bureau dans des voitures conduites par leurs gardes du corps.

Le juriste américain St. George Tucker écrivait en 1803 à propos du deuxième amendement :  On peut considérer cela comme le ciment de la liberté. Le droit t l'autodéfense est la première loi de la nature, alors que la plupart des gouvernements se sont ingéniés à le confiner dans les limites les plus étroites possibles.Ÿ
On conçoit bien que la civilité demande de ne pas arriver à une réception chic avec un Colt 45 ostensiblement suspendu à la ceinture - de même que la civilité exigerait des fonctionnaires de police qu'ils soient plus discrets avec leurs armes, surtout quand leurs sujets n'en ont pas. On comprend aussi que l'urbanisation diminue le risque d'être attaqué par des animaux sauvages et que la civilisation réduit les confrontations violentes entre individus - encore que sur ce dernier point, on peut s'interroger sur l'évolution actuelle de la société. L'utilité des armes a feu dans la vie courante s’en trouve atténuée. Mais de là à prétendre que la modernité consisterait à confier au seigneur local le monopole de sa protection, à s'en remettre corps et biens à la protection de l’Etat et de sa police, il y a un grand pas. Que les armes individuelles soient moins nécessaires ne signifie pas qu'on doit les interdire.

L'homme qui entre dans la société civile ou politique, soutenait Locke, accepte de ne pas se faire justice à lui-même, de s'en remettre au Juge pour arbitrer les différends qui l'opposeraient à ses co-sociétaires. Il confie à des agents spécialisés de la force publique la tâche d'assurer sa protection dans les circonstances normales de la vie. Il confie à l’Etat, qui n'est autre chose qu'une agence de protection, le mandat de maintenir la paix, car telle est la raison qui lui fait préférer la société à l'état de nature. Mais il conserve le droit de se protéger lui-même si cela devient nécessaire.

Deux conceptions de l’Etat et de la police s'opposent ici, que l'on pourrait qualifier de conception frontale et de conception individualiste. La première voudrait que l’Etat détienne le monopole de la sécurité, le pouvoir d'empêcher ses sujets de se protéger eux-mêmes. La conception individualiste (au Sens de Locke et non de Hobbes) voit au contraire l’Etat comme un délégataire conditionnel de certains droits individuels, et les fonctionnaires de police comme de simples agents spécialisés de la force publique, les individus conservant le droit essentiel de protéger leur personne et leurs biens. Alors que la conception féodale de l’Etat justifie la limitation ou l'interdiction de la liberté des armes pour les simples citoyens, la conception individualiste y reconnaît un droit individuel.

Dans la perspective individualiste, les agents spécialisés de la force publique n'ont aucun droit inhérent dont ne jouiraient pas les simples citoyens, ils ne sont au contraire que les mandataires de ceux-ci en vertu d'une délégation utilitaire, conditionnelle et révocable. Cette idée américaine explique un phénomène qui est proprement incompréhensible dans la tradition continentale du flic au-dessus du commun des mortels aux Etats-Unis, les deux tiers des agents de police approuvent le droit des simples citoyens de posséder des armes pour assurer leur sécurité.

La légitime défense ne s'identifie pas au droit de se faire justice à soi-même. Elle n’excuse pas cet homme jugé par ce tribunal correctionnel de Créteil pour avoir tiré sur un garçon de 13 ans qui s'était introduit chez lui pour récupérer un ballon, ni l’irresponsabilité criminelle de ceux qui tirent de leur fenêtre sur des adolescents bruyants. Avec ou sans armes, avec ou sans contrôle des armes à feu, l'incontournable autodéfense peut déraper. La proportionnalité et la prudence sont de mise et le progrès de la civilisation a sans doute, et fort justement d'ailleurs, conduit l’homme libre et responsable à des standards plus stricts.

Cela étant, les principes fondamentaux de Locke demeurent valables. Le bénéfice du doute appartient à l'agressé plus qu'à l'agresseur. Et les bavures relevant du droit bafoué d'autodéfense, dont la presse est remplie, n'ont rien à envier aux accidents de son exercice.
Efficacité de la légitime défense

Des arguments de nature plus utilitariste supportent aussi le droit de posséder et de porter des armes pour assurer sa légitime défense. En effet, l'emploi d'une arme à feu se révèle efficace pour repousser l'agression.
En octobre 1977, à Las Vegas, un déséquilibré qui vient de tuer deux personnes à coups de couteau tente d'enfoncer la porte des deux voisines d'un honnête citoyen; celui-ci prend son arme, se porte à la défense des agressées et abat le meurtrier. En mai 1982, un dangereux évadé de prison se réfugie dans la maison de Mme Kay Clayton, à Mira en Louisiane; alertée par des bruits suspects, Mme Clayton prend son 357 Magnum et abat l’intrus d'une balle en pleine figure. Le 17 décembre 1991, à Anniston, en Alabama, deux bandits prennent en otage les clients d'un restaurant et les enferment dans la chambre froide; mais ils sont abattus par un autre client armé d'un pistolet. Les exemples du genre sont légion : j'ai sous les yeux un recueil de 200 pages qui en est rempli.

Carol Silver and Don Kates rapportent plusieurs cas où des femmes ont repoussé un violeur à l’aide d'un revolver. Dans aucun cas le violeur n'a retourné l’arme contre sa victime. En fait, le revolver représente la seule forme efficace de résistance au viol. Les poings, les dents et les ongles ne font qu'exciter davantage l'agresseur. Les arts martiaux demeurent aléatoires, ajoute Carol Silver, elle-même ceinture brune de karaté. Si la victime choisit de résister, mieux vaut le faire efficacement.

 La notion que les femmes ne peuvent se défendre avec des armes à feu est le dernier vertige d'apparence respectable de la mythologie sexiste Ÿ, concluent les auteurs.
Même si ces anecdotes n’étaient que l'exception qui confirme la règle, il reste que, dans plusieurs cas bien identifiables, empêcher la victime de se servir d'une arme a feu pour se défendre l'aurait promue au rang d'une notice nécrologique. D'autre part, on lit souvent les histoires tragiques de gens agressés qui, dans certains cas au moins, auraient pu sauver leur vie ou la vie d'êtres chers. Quand des tueurs en série réussissent leurs forfaits, on aurait bien espéré qu'un passant armé eût arrêté le massacre. Que vaut la vie et la dignité d'un innocent ?

Prenez l’histoire de Linda Riss. Un prétendant jaloux et violent qu'elle avait rejeté se mit à la harceler de menaces. Terrifiée, elle supplia la police de New York de lui accorder une protection. La police réagit comme elle le fait souvent devant des menaces difficiles à prouver : on ne va pas fournir un garde du corps à un simple citoyen! Après ses fiançailles avec un autre homme, elle reçut la menace de la dernière chance.

Que fit Melle Riss? Elle se rendit chez l'armurier du coin et acheta un 38 Spécial, qui ne la quitta plus. Elle apprit le tir de combat Elle ne se sentait pas en parfaite sécurité car qui peut prévoir l'issue d'une confrontation éventuelle? Mais elle n'était plus terrorisée. Quand on frappait chez elle le soir, elle glissait l'arme dans la poche de son peignoir. Elle se méfiait des rues sombres mais elle sentait toujours l'acier froid et rassurant de l'arme dans son sac a main. De toute manière, son sort ne saurait être pire que si elle était sans arme; elle savait qu’en cas d'attaque, elle avait au moins une chance, une bonne chance, de repousser l'agresseur.
En vérité, l'histoire ne se passa pas tout à fait ainsi. Voici son vrai dénouement, tel que raconté plus tard dans le jugement d'une cour de New York. Il n'était pas question pour Melle Riss, qui vivait dans une ville où la possession et le port d'une arme de poing sont interdits aux simples citoyens, de se protéger et de porter un revolver. Elle demeura donc la proie de la terreur durant six mois, jusqu'au jour où ses pires craintes devinrent réalité. Un truand embauché par son prétendant lui jeta de l'acide au visage, la rendant presque aveugle et défigurée pour la vie. Elle poursuivit la ville de New York, qui lui avait refusé sa protection après lui avoir interdit de se défendre, mais fut déboutée par le tribunal. L’Etat bon prince n'est jamais responsable de rien.

L'expérience américaine démontre l'efficacité des armes à feu individuelles pour la légitime défense. Il y a aux Etats-Unis au moins 150 millions d'armes à feu aux mains des particuliers; le quart des commerces de détail en sont pourvus et un foyer sur deux en détient au moins une. Les analyses statistiques réalisées par le professeur Gary Kleck, criminologue à l'université de Floride, montrent que ces armes sont utilisées un peu moins d'un million de fois chaque année pour repousser des agressions ou des cambriolages. Les honnêtes citoyens font usage de leurs armes en légitime défense à peu près aussi souvent que les criminels utilisent les leurs pour commettre leurs forfaits.

Dans la moitié des cas de légitime défense armée, l'agressé fait feu, mais souvent en guise de sommation ou sans atteindre l'agresseur. Entre 1 % et 2 % des actes de légitime défense armée se soldent par la mort de l'agresseur ou des blessures infligées à celui-ci. Cela signifie quand même que chaque année, plus de 1 500 criminels sont tués et plus de 9 000 blessés par des citoyens armés en état de légitime défense. En fait, ceux-ci tuent, blessent ou mettent en fuite plus de criminels que la police.

S'il est vrai que celui qui résiste à une agression les mains nues ou avec une arme de fortune court un plus grand risque d’être blessé ou tué que s'il se laisse faire, les statistiques montrent que l’emploi d'une arme à feu, tout au contraire, réduit le risque de l'agressé. Entre la moitié et les trois quarts des victimes de vol avec violence qui résistent autrement qu’avec une arme à feu sont physiquement agressées, en comparaison de 42 % chez celles qui n'offrent aucune résistance et seulement 25 % pour celles qui se défendent avec une arme à feu. Seuls 17 % de ces derniers sont blessés ou tués, en regard de 25% pour ceux qui ne résistent pas et 51 % pour ceux qui ripostent avec leurs poings. En moyenne, pour tous les genres d'agression, 84 % des citoyens armés qui se défendent avec une arme à feu réussissent à mettre en fuite, capturer ou neutraliser l'agresseur ; la proportion des citoyens qui sont tués (11 %) ou blessés (7 %) se compare aux risques des policiers dans des situations semblables. Il n'y a pas 1 % de ces cas où l'agresseur s’est emparé de l'arme de la victime.
De plus, la possibilité que des victimes potentielles soient armées exerce un effet dissuasif sur le crime.
Aux Etats-Unis, on estime à 2 % la probabilité qu'un cambrioleur soit reçu à coups de feu et tué ou blessé quand la maison qu'il visite est occupée. Or, la probabilité n'est apparemment pas plus élevée d'être arrêté, jugé et condamné pour ce genre de crime. Dans tous les pays du monde, la police est notoirement inefficace pour retrouver les auteurs de cambriolages, et les tribunaux imposent souvent aux rares coupables condamnés des sentences minables. De plus, les 2 % des cambrioleurs américains touchés n'incluent pas ceux qui essuient le feu de l'occupant sans être atteint. Par conséquent, les cambrioleurs américains cherchent sérieusement à s'assurer qu'il n'y a personne dans la maison visitée. Alors que la moitié des cambriolages au Canada, en Angleterre et aux Pays-Bas sont commis dans des logements occupés cette proportion n’est que de 13 % aux Etats-Unis. Durant les dix ans qui ont suivi l’adoption de la loi canadienne de 1977, les effractions ont grimpé de 25 % dans ce pays.

En fait, les données d'Interpol révèlent que, même si les Etats-Unis affichent généralement les taux de criminalité les plus élevés des pays développés, tel n'est pas le cas pour les cambriolages. Le taux est de 1264 pour 100 000 habitants aux Etats-Unis, de 2 330 au Danemark, 2 329 aux Pays-Bas, 1 640 en Angleterre, 1 554 en Allemagne, 1 420 au Canada... Drôle de coïncidence, n'est-ce pas, puisque c'est justement à son domicile que l’Américain moyen a conservé le droit d'avoir des armes et de les utiliser en légitime défense, et que c’est là qu'un agresseur court le plus grand risque de trouver un citoyen armé. Un autre chercheur a découvert que les cambriolages sont plus nombreux dans les régions américaines où les armes à feu sont plus contrôlées.
Les armes à feu exercent aussi un effet dissuasif sur les autres formes d’agression. À la suite d'un taux anormalement élevé de viol, la police d’Orlando en Floride offrit aux femmes qui le souhaitaient, entre octobre 1966 et mai 1967, une formation sur l’usage du revolver. Plus de 2 500 femmes en profitèrent. L’année suivante, le nombre de viols chuta de 88 %, alors qu'il demeurait constant ailleurs en Floride et aux Etats-Unis. Peu de criminels risqueront de poursuivre et de violer une jolie femme si la probabilité est grande qu'elle porte un revolver dans son sac a main et sache s'en servir.
Le programme d'Orlando eut aussi pour effet secondaire une baisse des cambriolages. À Highlands Park et Détroit au Michigan, à la Nouvelle-Orléans, à Kansas City, des programmes du même genre à l'intention des boutiquiers victimes de vols à main armée ont entraîné des réductions semblables de la criminalité.
Gary Kleck, conclut que  la détention et l'emploi d'armes à feu à des fins d'autodéfense par les citoyens réduit a criminalité de manière comparable à l'effet dissuasif de la justice pénale Ÿ.

La légitime défense fonctionne non seulement pour ceux qui l'utilisent avec succès, mais aussi à l'avantage de tous ceux qui ne sont pas agressés parce que les truands craignent la riposte. Les individus qui portent des armes tendent donc à leurs semblables un service qui est de la nature de ce que les économistes appellent un bien public - qui, selon les interventionnistes devrait, au lieu d'être interdit, être subventionné par l'Etat !

Enfin, personne n'est obligé d'exercer son droit d’autodéfense, celui qui ne croit pas à l'efficacité des armes n'est pas contraint d'en avoir ni d'en porter. Une arme d’autodéfense est comme une police d'assurance : vous espérez qu'elle ne servira jamais mais vous l'avez au cas où... Bref, entre l'interdiction et l’obligation, il y a, dans ce domaine aussi, une troisième voie qui est la liberté.


LA LÉGISLATION SUR LES ARMES À FEU: INUTILE, SCÉLÉRATE, INAPPLICABLE ET COÛTEUSE
par Yvon Dionne

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La légitime défense contre les agressions criminelles d'individus isolés, ou en bandes armées ou encore de factions politiques au pouvoir fut et demeure la justification primordiale du droit de l'individu de posséder et de porter des armes.




Jews for the Preservation of Firearms Ownership



The Sunday Telegraph, 05/01/2003.
par Mark Steyn,

On pourrait croire que si le contrôle des armes à feu devait marcher où que ce soit dans le monde, ce serait sur une petite île. En particulier sur une petite île dont les ports d'accès sont gardés par les zélotes des douanes de Sa Majesté, qui ne savent rien de mieux que de se livrer à la fouille corporelle des cavités intimesŠ des fois que vous auriez une bouteille de Beaujolais hors-taxe camouflée là. Et c'est sûr, si vous aviez un Walther PPK bien caché ces inspecteurs d'élite seraient les premiers à le remarquer.

Mais apparemment pas. Depuis l'interdiction totale, il y a cinq ans, des armes à feu par les hommes de l'état, il y a de plus en plus d'armes utilisées par de plus en plus de criminels, pour commettre toujours davantage de crimes. Aujourd'hui, à la suite du Massacre du Nouvel an à Birmingham, on entend des appels à rendre encore plus totale l'interdiction totale : si les gangs refusent d'obéir à la loi en vigueur, nous ferons encore plus de lois pour qu'ils n'y obéissent pas non plus.

Selon un rapport de l'ONU, le mois dernier, l'Angleterre et le Pays de Galles ont désormais le taux de criminalité le plus élevé des 20 pays dirigeants du monde. On peut discuter la méthodologie de cette étude, tout en reconnaissant le génie particulier avec lequel la politique britannique contre le crime a fait en sorte que tous les signaux passent au rouge ­ un contrôle draconien des armes à feu, plus une aggravation sérieuse de la violence armée, plus une hausse stratosphérique des crimes et délits contre les biens.

Qu'est-ce qui s'est passé à cette soirée à Aston ? Je ne veux pas dire " qu'est-ce qui s'est passé" au sens de l'analyse fulgurante du Chief Superintendent Dave Shaw, qui concluait : "Il y a sûrement eu une sorte de dispute, qui a entraîné la venue de personnes avec des armes, avec lesquelles ils ont tiré, ce qui a déclenché l'incident." Que pourrait-on ajouter à cela ? Pourtant, ma question concerne la signification plus large de ce drame. Car le Chief Superintendent Shaw avait ajouté :

"Nous n'avons jamais eu affaire à une histoire pareille. Pour ce qui est de la nature de cet incident, c'est pratiquement sans précédent à Birmingham."

Il n' a pas tout à fait dit que Birmingham est l'une de ces communautés bucoliques aux liens très serrés, où tout le monde dans le village connaît tous ses voisins et où personne ne ferme sa porte, mais vous voyez le genre : il se serait agi d'une aberration extraordinaire. Ce n'est pas mon avis. Quand ces jeunes hommes ont décidé d'ouvrir le feu à Birchfield Road, c'est une décision tout à fait rationnelle qu'ils ont prise.

La raison pour laquelle le Chief Superintendent Shaw n'avait "jamais eu affaire à une histoire pareille", c'est parce que cela faisait longtemps qu'Aston avait été abandonnée aux gangs. Et si vous pouvez trafiquer de la drogue en toiute quiétude et tout aussi impunément multiplier les vols avec effraction, qui se risquera à prétendre que vous ne pourriez pas aussi assassiner dans l'impunité ? La police des West Midlands a offert une récompense de 1000 £ pour toute information permettant l'arrestation des responsables.

La belle affaire : seriez vous, vous, prêt à dénoncer un membre connu d'un gang pour 1000 £ ? Après les funérailles et une fois la presse passée à un autre sujet, les policiers retourneront à leurs occupations et oublieront Aston.

Mais, vous, il vous faudre continuer à vivre là. Quand Dunblane s'est produit, nous tous ­ même, s'ils sont honnêtes avec eux-mêmes, les plus hystériques qui réclament des lois inutiles ­ avons compris qu'il s'agissait d'un événement complètement hors norme : un cinglé qui craque. Ce sont des choses qui arrivent et, quand cela arrive, l'événement n'a pas d'implication plus large.

Mais ce qui s'est passé à Birchfield Road relève de quelque chose de plus important : c'est un aperçu de ce que nous aurons après-demain, non seulement à Aston, mais aussi à Edgbaston, Solihull et Leamington Spa. Après Dunblane, la police et les politiciens ont pris la position de base : "C'est de votre faute à vous. À cela nous ne pouvons rien faire, alors c'est contre vous que nous allons faire quelque chose. Vous vous êtes fait taxer votre téléphone mobile ? Vous étiez malade de l'avoir sorti. Pourquoi ne pas le garder bien au chaud et en sécurité sur la table du téléphone ? On vous a piqué la radio de votre voiture ? Fallait pas l'y laisser. On a "visité" votre maison ? Que n'avez-vous des alarmes laser et des barreaux aux fenêtres ? Vous les aviez, les alarmes au laser et les barreaux d'acier aux fenêtres, mais ils ont attendu que vous soyez à la maison, ils ont enfoncé la porte et ils vous ont tabassé ? C'est que vous devriez avoir une porte blindée et une ouverture à technologie de reconnaissance de la rétine. De toutes façons, c'est de votre faute."

La police britannique, à l'inutilité monumentale, avec des effectifs nettement plus importants, nettement mieux payés et nettement mieux équipés que les polices américaines, n'a pas eu une seule idée originale depuis des décennies, elle s'accroche donc désespérément à son idéologie de base : la meilleure façon de traiter les criminels est d'imposer de plus en plus de restrictions et de nuisances aux honnêtes citoyens.

Les gangs des rues de Birmingham comprennent cela instinctivement. Ils savent, même si le gouvernement ne le sait pas, que "l'interdiction totale" à la Blair, qui sonne si bien et fait tellement macho, quand on l'annonce avec l'accent qu'il faut, c'est du pipeau : c'est la population, et pas les criminels dont elle fait une cible. Quand il faut agir, c'est tellement plus facile de persécuter ce paysan un peu marginal avec son fusil de chasse qu'il n'a pas déclaré que de se mesurer aux p'tits gars de la rue avec leurs Uzis. Quand vous désarmez les citoyens, quand vous les poursuivez parce qu'ils ont été assez crétins pour s'imagnier qu'ils ont un Droit de légitime défense, quand vous publiez tous ces avertissements comme quoi il ne faut surtout pas réagir quand on assiste à une attaque brutale contre la propriété ou encore à un viol, ceux qui en profitent sont évidemment les criminels.

Aston est la conséquence logique de la politique britannique: on a les affreux en bisbille, avec tout le matos moderne, les gens normaux qui se terrentŠ et le flic qui demeure confortablement sous sa couette lointaine, son téléphone sur répondeur. Je vois que je n'ai pas encore abordé ce facteur social délicat que même les plus frileux des gauchistes britanniques ont bien dû affronter : Aston, c'était encore de "des Noirs qui tapaient sur des Noirs". La raison pour laquelle je n'en ai pas fait mention, c'est qu'en l'occurrence, cela n'a pas de rapport. Qu'y aurait-il de neuf là dedans ?

Le Canada aussi a eu son massacre de type Dunblane, suivi par une législation de type Dunblane et, de même qu'à Birmingham, Toronto, si paisible, si ennuyeuse, s'est retrouvée submergée par une vague de violence armée ­ par qui donc ? ­ par des gangsters Jamaïcains. Cependant ni en Grande-Bretagne, ni au Canada, il n'est politiquement correct de laisser entendre que, peut-être, il faudrait soumettre les Jamaïcains à des mesures particulières lorsqu'ils immigrent.

Dans la réalité, ce massacre d'étudiantes il y a 12 ans au Canada, c'est le fils d'un Algérien musulman qui l'avait commis entre deux séances où il battait sa femme. Nous pouvons bien tous prétendre que les "causes fondamentales" de la délinquance sont ce qui nous empêche de dormir, les aborder impliquerait trop souvent des jugements culturels vraiment inadmissibles. C'est plus facile, à la façon de Monsieur Blair, de faire dans le "total" : on accuse tout le monde, et on interdit tout. Cette approche de base des facteurs culturels se rapproche de celle que pratiquent les progressistes américains. Michael Moore, provocateur empâté, dans son film Bowling for Columbine qui fait actuellement la joie du public britannique, développe tout un documentaire pour enquêter sur la "culture" de la violence américaine armée, sans mentionner que les Noirs, qui représentent 13 % de la population, sont responsables de plus de la moitié des meurtres (et des victimes aussi !).

Une fois que vous les sortez de la statistique, les Américains assassinent à peu près au même rythme que nos mignons petits Canadiens. Mais, comme je l'ai dit, cela ne vaut même pas la peine d'en parler à propos de l'Angleterre.

Dans mon coin à moi du New Hampshire, nous sommes tous armés jusqu'aux dents, et le malfrat qui aurait l'idée de s'en prendre à une station service serait "ventilé" rapidos par des types dont les pick-ups sont mieux équipés que la plupart des armées européennes.

Le Droit de légitime défense combat la criminalité, la contient, l'empêche de se répandre hors des juridictions déjà infestées par la drogue. Dans la Grande Bretagne d'après Dunblane, d'après la condamnation de Tony Martin, cette contrainte a disparu : c'est pourquoi, désormais, le taux de criminalité est plus élevé dans le quartier royal de Kensington, et dans Chelsea, qu'il ne l'est à Harlem.

De même, aujourd'hui, les taux de meurtres, aussi traditionnellement élevé en Amérique qu'il était bas au Pays de Galles, ont tendance à se rapprocher. En 1981, le taux américain était neuf fois le taux britannique. En 1995, c'était six fois. L'année dernière, nous étions à 3.5. Si l'on considère que les statistiques américaines ­ à la différence des britanniques ­ tiennent compte de tous les homicides, le multiple effectif est encore nettement plus faible. Ney York vient d'enregistrer son taux de meurtre le plus bas depuis le XIX° siècle. Et moi, je fais le pari que d'ici deux ans, Londres sera passée au premier rang.

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