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Bienvenue sur le site de Bertrand Lemennicier  Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme, ces droits sont : la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression (Article 2 de la déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen du 26 août 1789)  "Quand même tu aurais à vivre trois mille ans, et trois fois dix mille ans, dis-toi bien que l'on ne peut jamais perdre une autre existence que celle qu'on vit ici-bas, et qu'on ne peut pas davantage en vivre une autre que celle qu'on perd". Marce Aurèle, Pensées, Livre II, maxime 14  "La vertu de la rationalité signifie la reconnaissance et l'acceptation de la raison comme notre seule source de connaissance, notre seul juge des valeurs et notre seul guide d'action" Ayn Rand , La vertu d'égoisme,  J'ai le pouvoir d'exister sans destin, Entre givre et rosée, entre oubli et présence. Médieuse de Paul Eluard 1939 
libertarien
 


Libertarien

Mot à ne pas confondre avec libertin, libertaire ou libérien. Un libertin s'adonne sans retenue aux plaisirs charnels et partage avec les libertariens le fait d'avoir des dispositions d'esprit dangereuses pour l'autorité établie. Un libertaire est normalement un partisan absolu de la liberté de l'individu, ce qui n'est pas le cas du libertarien. En revanche, il partage avec lui son anarchisme. Enfin, faut-il vous rappeler qu'un libérien habite le Libéria ou que le mot libérien est un adjectif relatif au liber : un tissu végétal. Ces rappels ne sont pas inutiles tant les lecteurs ont tendance à lire chez les auteurs (surtout chez ceux qu'ils détestent) les fantasmes qu'ils projettent sur eux et non ce qu'ils écrivent réellement.

Le mot "Libertarien" est un anglicisme. Il s'agit d'une traduction littérale du mot américain "Libertarian". Ce mot est lui-même un néologisme qui permet aux libéraux classiques américains de se distinguer des "liberals" qui sont socialistes et/ ou démocrates, ainsi que de la droite conservatrice qui constitue la base électorale du parti républicain.

Dans son livre "Libertarianism a primer" David.Boaz fait remonter le mot libéral à "Liberales" du nom des représentants de la classe moyenne au parlement espagnol aux alentours de 1820. Ces députés s'opposaient aux "Serviles" comme on appelait alors les représentants des nobles et de la monarchie absolue. Le terme de "servile", pour désigner les représentants ou les avocats de l'étatisme en Espagne, était bien choisi mais malheureusement n'est pas resté. En revanche le mot "libéral" est resté et désignait ceux qui défendaient la liberté et la règle de Droit. Ainsi le parti des Whigs en Angleterre est devenu le parti libéral. Le prix Nobel Hayek n'hésitait pas à se défiçnir comme un "old Whig". En revanche le mot "libertarian" est récent et est attribué à Leonard Reed fondateur de la "Foundation for Economic Education" (FEE) quand il s'est appelé lui-même "libertarian" pour se distinguer des néoconservateurs et des "liberals".

En France ou en Europe le mot libertarien avec un "e" ne distingue pas les libéraux du reste des autres intellectuels puisque le mot "libéral ou ultra-libéral" n'a pas encore été usurpé par la gauche intellectuelle. Le mot "libertarien" fait donc référence à un courant de pensée plus précis. Ainsi le libéralisme classique, sous sa forme ultra ou infra, accepte l'Etat minimal. En revanche, les libertariens d'aujourd'hui ne croient pas aux vertus de l'État minimal. Un tel État n'existe pas parce qu'il est dans la nature de l'État, tel qu'on le connaît, de croître indéfiniment en opprimant ses propres citoyens et en concentrant le pouvoir dans les mains de quelques uns. Ils réclament donc sa suppression et conjuguent l'anarchie et le capitalisme de "laissez- faire", d'où l'utilisation fréquente du mot : " Anarcho-Capitaliste" comme synonyme au mot libertarien.

Cependant nous avons une préférence pour le mot libertarien. En effet, le mot Anarcho-Capitaliste semble s'opposer comme un faux antonyme au mot à Anarcho-Syndicaliste qui est le résultat de l'entrisme des anarchistes "de gauche" dans les syndicats. Or les Anarcho-Capitalistes n'ont pas de stratégie d'entrisme dans le capitalisme pour la simple raison que le capitalisme n'est pas une organisation mais un ordre social spontané.

Ce n'est pas très difficile de présenter la litanie des libertariens : c'est-à-dire l'ensemble des principes moraux, politiques et économiques qui caractérisent ce courant de pensée, car cet ensemble repose sur une prémisse très simple : la revendication radicale de la libre disposition de leur corps ou de leur propre personne. Il revendique ce que l'on appelle le "self ownership" ou la propriété de soi. Ni Dieu, ni Maître. De celle-ci on déduit une philosophie politique, une épistémologie, une éthique et une économie politique qui caractérisent si bien la façon de penser des libertariens. Nous allons reprendre de manière succincte ces quelques points qui constituent le noyau dur de la pensée libertarienne. Nous consacrerons une autre section à la variété des formes de libertariannisme et terminerons par une section montrant les différences majeures qui séparent les libertariens des anarchistes au drapeau noir.

Le noyau dur

Une philosophie politique radicale

Le libertariannisme politique naît avec les "Levellers" au milieu du 17 siècle pendant la révolution anglaise. En 1646 dans la prison de Newgate, Richard Overton, un des leaders parmi les levellers écrivit le pamphlet célèbre : "An arrow against all Tyrants". Cet écrit affirme haut et fort le concept de propriété de soi qui caractérise depuis cette date tous les libertariens:

"To every individuals in nature, is given an individual property by nature, not to be invaded or usurped by any ; for every one as he is himself, so he hath a selfe propriety, else he not be himselfe"

En appui à cette revendication John Lilburne, un autre leveller célèbre écrit dans "Free man's Freedom Vindicated" :
"individual man and woman who are and were, by nature all equal and alike in power, dignity, authority and majesty, none of them having by nature any authority, dominion, or magisterial power one over or above another; neither have they, or can exercise any but merely.. by agreement or consent, given, derived, or assumed by mutual consent and agreement for the good benefit and comfort each of other, and not for the mischief, hurt or damage of any"

Ces idées de propriété de soi et de consentement furent reçues avec beaucoup d'enthousiasme. A l'époque l'Europe est sous l'emprise de l'absolutisme royal et de la question de la tolérance religieuse. Les droits naturels de l'homme, la règle de Droit ( the Rule of Law) et le droit de résistance ou de faire la révolution vont vite gagner des adeptes. John Locke va finalement synthétiser ce courant politique. Les idées des Levellers vont constituer le socle de la philosophie des "lumières" au XVIII siècle qui sera le grand siècle des libéraux. Elles vont influencer les idéaux de la révolution américaine et française.

Cette revendication radicale de la propriété de soi trouve son expression dans l'article 2 de la déclaration des droits de l'homme du préambule de notre constitution et dans la déclaration d'indépendance américaine de 1776.

"Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels imprescriptibles de l'homme, ces droits sont la liberté, la propriété et la résistance à l'oppression"

 Nous tenons les vérités suivantes pour évidentes en elle-mêmes : que tous les hommes sont créés égaux ; qu’ils sont dotés par le Créateur de certains droits inaliénables et que parmi ces Droits figurent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Que pour assurer ces Droits , les Etats sont institués parmi les hommes, et que la légitimité de leur pouvoir émane du consentement des gouvernés. Que chaque fois qu’une forme de gouvernement devient destructrice de ces fins, c’est le Droit des gens que de le remplacer ou de l’abolir Ÿ


Il est clair qu'aujourd'hui tous les partis politiques qui entrent en compétition pour obtenir les votes des français devraient tous être déclarés comme anti constitutionnel puisque sans exception leurs buts affichés et leur plate-forme électorale consistent essentiellement à violer l'article 2 du préambule de la constitution de la V ème République.

Il va de soi que cette philosophie politique repose sur une vision non angélique de l’Etat. Les États ne naissent pas du consentement de la population ou après un référendum ; ils naissent dans le sang et par la conquête d'une peuplade ou d'une bande armée par une autre.

 L’Etat .. . est une institution sociale qu’un groupe d’hommes vainqueurs impose aux vaincus, avec le seul but de réglementer le pouvoir des vainqueurs sur les vaincus, et de s’assurer contre les révoltes internes et les attaques extérieures. Téléologiquement, cette domination n’a pas d’autre objet que l’exploitation économique des vaincus par les vainqueurs. Aucun Etat primitif connu dans l’histoire est né autrement Ÿ

F. Oppenheimer (1914) The State. Fox and Wilkes San Francisco, p 9.

Les hommes d'État sont une "bande de brigands et d’assassins organisés", selon l'expression d'un juriste américain du XIXe siècle, Lysander Spooner, dans son pamphlet Treason- The Constitution of No Authority (1870). Cette interprétation a reçu même une consécration dans l’analyse économique moderne avec M.Olson dans son livre Power and Prosperity Basic Books , 2000, qui distingue les "bandits stationnaires" des  roving bandits Ÿ et fonde l’émergence des Etats modernes sur cette hypothèse où le  bandit stationnaire Ÿ impose son monopole. Monopole qui est considéré par ces économistes comme un moindre mal.

Il existe, en effet, en philosophie politique une longue tradition, confirmée par l'histoire de la formation des États modernes, qui voit essentiellement dans cette institution un instrument d’exploitation des politiquement faibles par les politiquement forts. Quant on cherche à comprendre l’émergence, l’essence et les buts de cette institution , une théorie angélique de l’Etat est intenable.
Citons B. De Jouvenel dans du Du pouvoir, Paris Hachette, col Pluriel 1972) :

 Il ne faut rien connaître que son propre temps, tout ignorer du comportement millénaire du Pouvoir, pour ne voir dans ces opérations (l’impôt sur le revenu, la nationalisation des banques, chemins de fer, électricité ou la socialisation de l’éducation, de la santé, de la charité ainsi de suite-) que le fruit de certaines doctrines. Elles sont des manifestations normales du Pouvoir, point différentes dans leur nature de la confiscation des biens monastiques par Henri VIII. Le principe est le même : appétit d’autorité, soif de moyens ; et les mêmes caractères apparaissent dans toutes ces opérations, y compris l’élévation rapide de profiteurs de dépouilles. Socialiste ou non, le Pouvoir doit nécessairement lutter contre l’autorité capitaliste, et dérober la substance accumulée par les capitalistes : il suit en cela sa loi propre. Ÿ

En tant qu’hommes ordinaires, ressemblant à tous les autres, les hommes politiques ou les hommes d’Etat prennent leurs décisions en fonction de ce qui les avantagent personnellement et non pas en fonction du bénéfice que peut en tirer la collectivité. Ils maximisent donc leur utilité personnelle et non l’intérêt général. Mais la particularité du système dans lequel ils opèrent est qu’ils maximisent leur satisfaction grâce à l’usage directe de la violence ou de la coercition ( en prélevant l’impôt et en le redistribuant en partie à leurs courtisans, complices ou clientèles électorales) ou indirecte via la vente de privilèges à des groupes de pression ou factions politiques qui les soutiennent et les corrompent. C’est dans ce sens là qu’ils ne se différencient pas fondamentalement d’une bande de brigands organisés.

Or, pour survivre et grimper en haut de l’échelle dans ce monde, il faut savoir rompre ses promesses, mentir, tricher, voler, user de la violence, et commanditer des crimes ( ie violer les droits de propriété des individus sur leur propre personne ou leurs biens). Habituellement les sociétés civiles (et civilisées) reposent sur le respect des promesses, le respect des droits de propriété, l'honnêteté, la préservation de la vie, la vérité et la paix.

Hélas, les exemples contemporains abondent pour nous démontrer que les hommes politiques mentent, trichent, ne respectent pas leurs promesses et commanditent des crimes ou des guerres ! Il faut un aveuglement, qui ressemble à de la complicité, pour ne pas percevoir que les hommes de l’Etat, qui sont des hommes comme vous et moi, des hommes ordinaires, élus ou non, lorsqu’ils évoluent dans un système politique comme le nôtre commettent "légitimement" des actes qui seraient considérés comme criminels s’ils étaient commis par de simples citoyens. C'est une anomalie qui a toujours intrigué les spécialistes de la philosophie politique. C'est tout le mystère de l’obéissance civile ou de la servitude volontaire qui font des hommes politiques des personnages hors du commun : des "hors la loi" ou des "au dessus des lois"! N'ont-ils pas le pouvoir extra- ordinaire de suspendre le temps surtout au moment de leur décès, quand il faut s'entendre sur leur successeur? Croyez-vous qu'en tant que simple citoyen vous pouvez en faire autant?


Une épistémologie

La compréhension de la réalité sociale qu'ont les libertariens ne diffère pas fondamentalement de celle des libéraux classiques. Elle repose sur l'individualisme méthodologique. L'individualisme méthodologique consiste à expliquer les phénomènes économiques et sociaux seulement à partir des actions réactions et interactions entre les individus qui composent la société. En effet, par définition tous les évènements qui fondent l'histoire humaine et donc l'histoire économique, politique et sociale sont toujours le produit de l'action humaine individuelle, car seul les êtres humains agissent . L'individualisme s'oppose au holisme ou à l'organicisme qui caractérise l'épistémologie d'une grande partie des universitaires et intellectuels français quelle que soit leur discipline.

Dans une perspective identique les libertariens affirment la primauté non seulement de l'individualisme méthodologique mais aussi du subjectivisme C'est l'individu qui a des préférences ou des valeurs. C'est lui seul qui de façon ultime, sait ce qui est bon pour lui. C'est lui qui vit une existence séparée qui en supportera les peines et les plaisirs. On ne peut donc se mettre fondamentalement à sa place. C'est en cela que l'on parle de subjectivisme. Toute idée contraire - que l'on puisse se mettre à la place d'autrui et le forcer à avoir une autre vie que celle qu'il aurait choisie parce que l'on pense avoir par exemple une meilleure connaissance ou expérience que l'individu lui-même de ce qui est bon pour lui - constitue d'une part une prétention qui n'est pas du ressort de la nature humaine et d'autre part comme le rappelle Richard Overton un vol de propriété. On prive l'individu d'une autre vie. En quoi est-on habilité à priver quelqu'un du destin qu'il a choisi fut-il funeste pour lui ?

La primauté accordée à la coordination des actions individuelles, à la science de l'échange ou à la "catallaxie" et d'une façon générale aux aspects procéduraux de l'interaction individuelle (ils s'intéressent au Droit, à l'Etat, aux constitutions, aux normes sociales etc. ) caractérise les libertariens. Cette insistance sur la coordination des actions individuelles vient de ce que l'ordre social ou l'harmonie sociale par définition est un état où tous les individus réalisent leurs anticipations. C'est donc le problème économique ou social central par excellence. En cela les économistes libertariens se séparent profondément de la tradition néoclassique au sens où celle-ci use massivement de l'optimisation et du calcul économique et voit l'harmonie sociale dans la maximisation d'une fonction d'utilité collective. En cela les libertariens suivent une tradition classique en économie qui remonte à sa création. Les économistes français Qesnay , Pierre Du Pont de Nemours (des physiocrates dont le nom vient du grec Physis qui veut dire nature et Kratos qui veut dire règle) et Turgot inventent et développent une économie politique fondée sur les droits naturels de l'homme et la Règle de Droit (contrairement aux anglais qui vont développer une économie politique fondée sur l'utilité et l'utilitarisme de J.Bentham . Les économistes néoclassiques sont les fils de cet utilitarisme). Les Ecossais à peu près à la même époque avec A.Ferguson, A.Smith, D.Hume inventent et développent l'idée du marché comme ordre spontané. Cette combinaison entre les deux courants donne aux économistes libertariens leur spécificité. Ils aiment toujours rappeller la phrase célèbre :

"Laissez- nous faire, laissez- nous passer. Le monde va de lui-même"

Cette phrase légendaire aurait été prononcée par des marchands en réponse à une interrogation de Louis XV qui leur demandait en quoi il pouvait les aider. En fait cette primauté est le fruit d'une réflexion et d'un débat scientifique fondamental et encore aujourd'hui ignoré par le courant dominant néoclassique sur l'impossibilité de coordonner les actions des individus aux buts multiples et souvent contradictoires, parfois mêmes inconnus d'eux, par une procédure de planification centralisée ou décentralisée. Car paradoxalement seul l'ordre spontané du marché fondé sur les droits de propriété et leur échange volontaire serait capable de générer les incitations, les informations et les connaissances tacites nécessaires à la coordination centralisée des actions des individus. Cette impossibilité de planifier de manière externe -centralisée ou décentralisée- la coordination des actions individuelles explique l'importance accordée par les libéraux et les libertariens aux solutions de marché. Ils ne sont pas en faveur de ces solutions par goût ou par intérêt, mais après une réflexion sur le problème central de la dispersion des connaissances dans un monde où l'ignorance est fondamentale et où les finalités sont multiples, contradictoires et ouvertes.

Une éthique

La reconnaissance de l'antériorité de l'éthique dans la défense du libéralisme est une caractéristique propre aux libertariens. Leur justification du capitalisme de "laissez faire" vient du fait qu'il s'agit du seul système économique compatible avec l'éthique libertarienne et non pas de la supériorité du capitalisme à générer des richesses plus que n'importe quel autre système économique. En effet, une grande fraction des libéraux classiques ont une approche conséquencialiste de la liberté. En revanche les libertariens ont une approche déontologique ou téléologique de la liberté.
Bien qu'il existe plusieurs façons de justifier la propriété de soi parmi les libertariens, ce qui va expliquer les variétés de libertariannisme, le fait de fonder une éthique sur ce concept de droit de propriété va impliquer non seulement une certaine façon de juger du bien et du mal mais aussi revenir à une forme contemporaine du Droit naturel moderne par opposition au Droit positif qui a donné naissance à l'incohérence du Droit produit par le législateur et professé dans nos universités.
Est mal tout acte commis individuellement ou en groupe qui viole la propriété des individus sur eux-mêmes ou leur liberté contractuelle. On définit simultanément le crime de la même manière. L'auteur d'un crime est coupable d'avoir privé sa victime de ses droits. Ce qui implique, s'il y a dommage, de réparer le préjudice commis. Comme le droit de propriété sur soi implique le principe de légitime défense, c'est-à-dire le droit (mais non l'obligation) de défendre sa personne et sa propriété légitime contre un agresseur, la victime a le droit de résister à l'agression et d'imposer à l'agresseur une réparation pour le tort causé. Cela s'adresse aussi, en se référant à l'article 2 de la déclaration des droits de l'homme, à tous les hommes de l'Etat qui au lieu de protéger les droits de propriété et la liberté des individus les violent. C'est en cela que les libertariens sont des révolutionnaires car ils appliquent aux hommes de l'Etat les mêmes lois ou le même Droit au nom du principe de l'universalité de la morale qui se traduit par l'égalité des individus devant le Droit naturel. Les hommes de l'Etat ne peuvent se mettre hors la loi naturelle qui s'impose à tous de manière égale.

Prenons un exemple : la liberté de circuler. Les écologistes veulent chasser les voitures des centres villes au profit des bicyclettes ou des piétons, les prostituées, les marchands ambulants, les mendiants veulent utiliser les trottoirs et les rues pour faire leurs affaires et gagner de l'argent. Les riverains veulent utiliser la rue pour les besoins de leurs chiens. Les camions veulent desservir les commerçants, les commerçants envahissent les trottoirs pour y installer des chaises et des tables pour vendre des boissons ou offrir des repas. Les publicitaires veulent utiliser ces espaces pour vanter la stature tranquille d'un homme politique ou les charmes d'Ulla 36 15, les syndicats qui cherchent un privilège ou à maintenir des privilèges acquis désirent utiliser la rue pour organiser une manifestation afin de faire pression sur l'homme politique, les homosexuels veulent organiser un défilé, les partisans de la techno un carnaval, en un mot la rue est devenue une source permanente de conflits permanents entre tout ce petit monde chacun cherchant à tirer un maximum de profit de cette pâture commune. On voit même des ministres décider unilatéralement de fermer les rues pour privilégier certains utilisateurs au détriment d'autres utilisateurs sans que personne ne bronche ! Pourquoi en est-il ainsi parce qu'il existe soi-disant un droit à circuler !
Dans un droit libertarien, le droit de circuler librement s'applique et se limite à la propriété de l'individu ou à celles dont le propriétaire vous prête l'usage. Le droit des automobilistes de circuler est soumis à l'accord des propriétaires des rues : les riverains ou les commerçants qui auront acheté la rue et non pas aux élucubrations d'un ministre du transport ou de l'écologie qui interdit l'usage de la rue sous divers prétextes au détriment des automobilistes pour favoriser des cyclistes ou des piétons ou des riverains qui sont tout heureux de l'aubaine. Si les rues étaient privées, les décisions reviendraient aux propriétaires de chacune, et les divers propriétaires seraient incités à trouver l'usage de la rue le plus profitable pour eux. Ils seraient incités à répondre de manière variée aux demandes des diverses clientèles : piétons, cyclistes, automobilistes, vendeurs de rues, manifestants, chanteurs de rue, mendiants etc.

Une économie politique

Le capitalisme de "laissez faire" est le credo des libertariens.. Les maîtres mots sont : privatisation et concurrence. La particularité des libertariens ou des anarcho-capitalistes c'est que ces deux mots s'appliquent non seulement aux services publiques à la française mais aussi à toutes les fonctions régaliennes de l'Etat : justice, monnaie, police, défense, diplomatie. Ils sont pour la suppression de l'impôt (remplacé par une cotisation volontaire ou un paiement pour service rendu et non pas promis et jamais rendu) et de toutes les réglementations ou lois qui violent les libertés de contracter ou les droits de propriété. Ils sont pour l'extension de l'appropriation privée aux domaines les plus divers en particulier à l'environnement et au corps humain. Ils sont pour la mise en concurrence des Etats via un fédéralisme impliquant la liberté de faire sécession, individuellement ou en groupe, comme du droit fondamental d'ignorer l'Etat. Là encore ils appliquent leur morale : celle du principe du consentement et de la non violation du droit de propriété sur soi. Ils n'auraient rien contre un Etat similaire à celui que l'on connaît s'il pouvait émerger spontanément du consentement des individus. Ce n'est pas le cas. C'est pour cela qu'ils sont en faveur de règles procédurales ou de méta règles procédurales pour faire en sorte d'être sûr que tous consentent au monopole de la violence sur un territoire et/ ou à l'impôt.

Comme les libertariens non pas une vision angélique de l'Etat, à l'inverse des néoclassiques et aussi des libéraux classiques, ils préfèrent de loin des règles de Droit qui assurent du consentement individuel : droit de divorcer de l'Etat, de faire sécession individuelle, droit d'ignorer l'Etat (ce qui implique une charte des droits individuels et de pouvoir enfin vivre sans papiers) droit de faire la révolution ou de résister à l'oppression fiscale. Comme on ne délègue pas sa protection de façon ultime à des tiers qui peuvent être malveillants cela implique aussi le droit de détenir et de porter des armes. Cela veut dire aussi le droit d'entrer en compétition avec les Etats et donc le droit de faire sécession territoriale comme de "marier" son territoire avec d'autres Etats partageant les mêmes valeurs.

Leur vision favorite de l'Etat du futur XXI siècle est celui de la copropriété privée ou des villes privées formant des ligues, des fédérations et des associations entre elles de manière à résoudre les problèmes communs ou les conflits qu'elles peuvent avoir entre elles. C'est ce que l'on appelle le Nouveau Fédéralisme ou la théorie contractuelle des gouvernements privés..

La variété du courant de pensée libertarien.


Une manière simple de situer les libertariens entre eux ou par rapport aux libéraux classiques ou encore par rapport aux anarchistes de "gauche" consiste à faire la distinction entre les intellectuels qui ont une vision conséquencialiste, déontologique ou téléologique du concept de liberté ou du droit de propriété sur soi.
Ainsi il y a des libéraux classiques ou des libertariens qui sont :

Conséquencialistes

a) Utilitariste. C'est l'école de Chicago ou de l'école autrichienne : Friedman, père et fils, Mises, Kirzner. Ces auteurs ne croient pas à des valeurs intrinsèques. Ils justifient souvent les libertés individuelles par leurs conséquences favorables. Ils ne se prononcent pas sur les buts ultimes des individus. Ils se prononcent sur les moyens. Les droits de propriété privé et leur échange volontaire améliorent l'utilité de tous sans diminuer l'utilité de quelqu'un, ils sont donc adoptés parce qu'ils sont efficients au sens de Pareto. S'ils ne le sont pas en fonction de ce critère ils le sont parce qu'il s'agit de la meilleure façon de résoudre le problème fondamental de la dispersion des connaissances qui fait obstacles à la coordination des actions individuelles.

b) Droit naturel moderne et anti -rationaliste.
La tradition de A. Smith, B. Mandeville, F Hayek est anti-rationaliste mais conséquencialiste. Anti-rationaliste veut dire ici que l'on ne peut façonner la société à partir d'un raisonnement ou d'une rationalité à priori. C'est l'anti-constructivisme. Conséquencialisme veut dire que la liberté ou l'absence de coercition est justifiée par ses conséquences "bonnes" pour l'ensemble de la collectivité.

Les coutumes, les conventions, les traditions émergent spontanément de l'interaction individuelle par un processus de sélection naturelle. Ces règles et conventions contiennent plus d'informations que ne peut en découvrir et contenir un cerveau humain. Les respecter constitue un meilleur guide des actions individuelles que de compter sur sa propre rationalité pour prendre des décisions. Ainsi le droit de propriété sur soi et la liberté individuelle, qui émerge spontanément de l'interaction individuelle, sont sélectionnés par la nature parce qu'ils permettent de développer une société ouverte mieux que tout autre type d'institution.

Pour les libertariens radicaux une telle position peut tout à fait justifier non seulement un Etat minimal mais aussi maximal si l'on peut démontrer par le raisonnement ou l'expérience que les conséquences de l'usage de la coercition, même sans le consentement des individus, sont bonnes dans les circonstances présentes : la guerre par exemple dont on sait qu'elle joue un rôle fondamental dans la croissance et la concentration du pouvoir des Etats dans les mains de quelques-uns.

c) Contractualiste. C'est l'école dit du "public choice". Les droits de propriété privé émergent à la suite d'un contrat social. Celui-ci définit les règles par lesquelles sont distribués les droits et les obligations de chacun. Ce courant est anti-rationaliste et conséquencialiste. Le contrat social est justifié par les conséquences négatives d'une société où le monopole de la violence sur un territoire n'existerait pas. Ces auteurs sont souvent hobbésiens .

Déontologique

d) Kantiens. Les libertariens sont plutôt des rationalistes critiques et adhèrent à des positions éthiques qui sont ancrées dans la déontologie kantienne. Les droits individuels sont des contraintes absolues. C’est la position du philosophe R. Nozick où le droit est fondé sur une déontologie kantienne : chaque individu es considéré comme une fin en soi et ne peut pas être utilisé comme un moyen pour arriver à ses propres fins sans son consentement.

e) Lockéens. L’êtres humain est un individu unique qui vit une existence séparée. C'est lui seul qui contrôle et "possède " son corps humain comme ce qu’il utilise et transforme. Un tiers peut agir à la place de l'individu, peut essayer d'influencer la volonté de l'individu pour qu'il use de son corps ou de son esprit dans une certaine direction, mais de manière ultime c'est l'individu lui-même qui pense et agit. La revendication radicale du contrôle et de la possession de son corps humain comme de son esprit ( la liberté de penser) fonde le droit de propriété sur soi. Ce qui est vrai pour soi est donc vrai aussi pour les autres. Le respect du droit de propriété et la compatibilité de ces droits fondent un droit libertarien dont le premier exposé systématique a été fait
par M.Rothbard dans l’Ethique de la Liberté , Paris, Les Belles Lettres, col. Laissez faire, 1991,

Téléologique.

f) Aristotélistes

L'aristotélisme comme le néo aristotélisme suppose que la " nature humaine " est téléologique, c'est-à-dire que les êtres humains ont un Telos ou une fonction naturelle. Par exemple la fonction d'une voiture est de rouler d'un point à un autre en transportant quelqu'un. Sachant quelle est cette nature on a une idée de ce que peut-être son " épanouissement ". Le bien dans une telle vision est l'actualisation par un être vivant de ses potentialités telles que sa nature les a prédéfinies. Supposons que l'homme ait une nature. Le bien et le mal se décline immédiatement. Toute action qui est contraire à la nature de l'homme est mauvaise. Toute action qui rend réelle cette nature ou une forme potentielle de l'être humain est bonne
Mais qu'est-ce que la nature humaine ? Aristote définit la nature propre de l'homme comme :

"l'activité de l'âme en accord , ou impliquant, un principe de rationalité."

Ou bien, comme le suggère la philosophe et romancière Ayn Rand dans son livre La vertu d'égoïsme , (Les Belles Lettres Iconoclastes -1993), si le propre de l'homme, en tant qu'homme, est d'assurer sa survie avec pour seuls moyens : son libre arbitre, sa conscience, sa capacité à se projeter dans l'avenir et d'inventer son propre futur et sa faculté de raisonnement, est  bon Ÿ tout ce qui va dans le sens de ces caractéristiques, est  mauvais Ÿ ce qui va à leur encontre. L'homme peut abandonner sa conscience, son libre arbitre, sa capacité à se projeter dans l'avenir ou à raisonner, il peut se complaire dans l'irrationalité, l'émotion et agir comme un animal, mais dans un tel cas il n'accomplira qu'une vie d'animal. La rationalité, l'intentionnalité et la réalisation de projets individuels par ses propres efforts productifs et la fierté d'avoir réalisé sa vie d'homme en tant qu'homme deviennent des vertus cardinales. C'est l'égoïsme rationnel ou l'égoïsme classique en philosophie morale. Or, on ne peut réaliser cet égoïsme rationnel que dans un système de liberté et le capitalisme est le seul système qui repose sur l liberté.


g) Néo aristotélistes

Cette version moderne de l'aristotélisme développée par D. Rasmussen met en avant comme finalité de l'homme en tant qu'homme, son " épanouissement " Human Flourishing ". L'épanouissement serait la finalité ultime de l'être humain. " L'épanouissement " d'un homme (ou d'une femme) est composé d'une combinaison d'activités et de vertus qui est poursuivie pour elle-même. Les activités peuvent être la santé, l'exercice corporel, la beauté, la connaissance, l'invention, l'amitié, la liberté.. et les vertus peuvent être l'intégrité, la tolérance, la modération, le courage, la justice etc. Ces activités ou vertus ne sont pas des moyens pour atteindre des fins mais sont les fins elles mêmes et elles expriment l'épanouissement de l'homme. Par exemple un sportif pour réaliser sa vie de sportif se doit d'être intègre, honnête, courageux, en bonne santé, inventif, travailleur, juste, humble, tenace, combatif, respectueux des autres etc. On remarquera que ce " human flourishing " est ontologique (c'est une façon de vivre), non-exclusif au sens où il ne s'agit pas d'une combinaison donnée d'activités et de vertus qui dominerait toutes les autres, individualisé ( il y autant de combinaisons qu'il y a d'individus), relatif à chacun compte tenu des circonstances particulières de son environnement, implique un comportement rationnel et un contrôle de soi pour réaliser la combinaison choisie. En effet, la réalisation de cet épanouissement exige un comportement de " practical wisdom ". Pour mettre en pratique cette combinaison qui exprime l'épanouissement de l'homme en fonction des circonstances chaque individu doit exercer sa raison, dominer ses passions, faire des choix, être libre de les faire. Mais on peut imaginer que l’individu s’épanouit en poursuivant et en mettant en pratique la liberté individuelle pour la liberté individuelle elle-même.


Les différences majeures entre les libertariens et les anarchistes de  gauche Ÿ.

Il est difficile de prétendre être exhaustif dans ce domaine tant il existe aussi une grande variété de pensée chez les anarchistes de  gauche Ÿ. Entre un Stirner, un Bakounine, Kropotkine, Tolstoï, Proudhon, Malatesta pour ne prendre que des personnages célèbres, il y a des différences souvent essentielles. Nous ne pouvons pas entrer dans ces différences faute de compétence dans ce domaine. Nous retiendrons ce qui apparaît comme les différences majeures en dehors du point commun qui est l’abolition de l’Etat moderne tel qu’on le connaît .

Le point commun

L’abolition de l’Etat
Reportons-nous au mot  anarchisme Ÿ de l’American Heritage College Dictionary :  l’Anarchisme est la doctrine politique qui énonce que toute forme de gouvernement est non nécessaire, oppressif et non désirable et qu’il doit être aboli Ÿ. Sous cet angle là, les anarchistes de  gauche Ÿ et les anarcho-capitalistes partagent le même point de vue et ont le même objectif : abolir l’Etat. En revanche, libertariens ou les anarchistes de gauche divergent sur les moyens d’atteindre ce but et sur ce qui doit remplacer l’Etat !

Les points divergents
Nous avons remarqué trois points de divergence :

L’ alternative à l’Etat
Les libertariens prétendent que les solutions institutionnelles alternatives qu'ils proposent : la privatisation totale des pouvoirs régaliens ( police , justice, armée, diplomatie, droit et territoire ) sont largement supérieures aux institutions monopolistiques et coercitives mises en place par les Etats nations contemporains. Comme nous l'avons écrit plus haut, leur vision favorite de l'Etat est celui de la copropriété privée ou des villes privées formant des ligues, des fédérations et des associations entre elles de manière à résoudre les problèmes communs ou les conflits qu'elles peuvent avoir entre elles. En revanche les anarchistes de  gauche Ÿ, qui refusent la propriété individuelle et la liberté contractuelle, proposent de fonder l’ordre social sur la  commune Ÿ,  l’autogestion Ÿ et la démocratie directe.

Cependant les anarchistes de  gauche Ÿ sont pris dans un paradoxe, car ils désirent lutter simultanément contre le capitalisme ( ce qu'ils font habituellement) et contre l’Etat. Mais dans un monde sans Etat , ils ne peuvent empêcher le développement des droits de propriété privés ni la liberté contractuelle de fonder l’ordre social. C’est ce que l’on a vu avec la Lex Mercatoria et le développement de la ligue Hanséatique ou avec l’Islande. C’est ce que l’on voit aujourd’hui avec la mondialisation, la globalisation et les marchés noirs liés aux crimes sans victimes. Toutes ces activités se développent en dehors des Etats nations ou seigneuriaux. A l’inverse, une société sans Etats ( ie sans monopole de la violence sur un territoire donné) n’exclut pas les formes institutionnelles des anarchistes de gauche de se développer. L’auto gestion et la gestion commune d’un territoire ou d’une entreprise sont des arrangements contractuels parfaitement libres dans une telle société anarcho-capitaliste.

La divergence essentielle entre les libertariens et les anarchistes de gauche (contemporains) concerne donc la notion de propriété individuelle et de liberté contractuelle. En particulier, beaucoup d’anarchistes de gauche sont contre la propriété privée et individuelle, et sont aussi contre le contrat de travail ou de mariage parce qu’ils impliqueraient un lien de subordination et donc l'exercice d'une coercition qui est ressentie comme une contrainte non consentie.

Emotion contre raison
L'opposition à l'Etat chez les anarchistes est souvent de l'ordre de l'émotion ou de la passion voire de la mystique. En revanche, chez les libertariens leur opposition à l'Etat repose sur la primauté de la raison.

Les stratégies pour abolir l’Etat.
Il existe une autre différence fondamentale entre les anarchistes de gauche et les anarcho-capitalistes c’est celle de la stratégie et de la tactique pour abolir l’Etat. Les anarchistes de  gauche Ÿ en revanche, ont une doctrine de la destruction de l’Etat par la violence collective ou individuelle. Cette violence repose ou reposait sur la terreur (attentats ciblés ou non ) à l’image des Etats modernes qui eux aussi règnent par le chantage et la terreur (des armes ou du fisc ) La doctrine de la violence, chez les anarcho-capitalistes, en revanche, repose sur la légitime défense et la résistance à l’oppression. C’est une doctrine de la  guerre juste Ÿ. En conséquence, leur stratégie diverge fondamentalement de celle des anarchistes de gauche. Elle repose principalement sur la formation des croyances collectives en délégitimant les hommes d’Etat, elle prône la désobéissance civile ou des actions consistant à ignorer l’Etat.

Les anarchistes de gauche sont –ils vraiment des anarchistes ?

La réponse est non. En effet ils ont renoncé aux actions violentes contre l’Etat faute d’efficacité. Mais ils n’ont pas renoncé à l’usage de cette violence contre les droits de propriété privé, (DAL), ni contre les firmes. Pire ils soutiennent les monopoles publics (SUD), ils encouragent les clandestins ou les sans papiers à se mettre sous le joug de l’Etat ! Rares sont les anarchistes qui militent de manière active, contre l'impôt (la TVA par exemple qui frappe plus les pauvres que les riches). Ils ont renié leur objectif principal : l’abolition de l’Etat. Par facilité, ils reportent leur lutte contre des politiquement faibles : les capitalistes. En fait , ils se comportent comme les étatistes en promouvant par la violence leurs idéaux d'égalité et de non exploitation de l'homme par l'homme ce qui les discrédite pour toujours.



@ Étes-vous un classique libéral ou un anarcho -capitaliste?
Une façon simple de distinguer un libéral classique, un anarcho-capitaliste ou un libertarien des autres composantes de la vie politique est d'essayer de les classer selon un axe droite-gauche. Vous n'y arriverez pas. Pourquoi? parce que les opinions droite gauche recouvrent, plus particulièrement en France, un axe où la notion de liberté individuelle n'existe pas. Prenons un homme politique comme Madelin qui a pris l'étiquette de libéral. Est-il centriste ou de gauche quand il parle de la panne de l'ascenseur social ou milite pour l'égalité des chances en avançant ses origines modestes, à droite du RPR quand il prône la libération des forces vives des entreprises ou à l'extrême droite quand il veut une baisse drastique de la fiscalité mais un soutien aux subventions à la famille faisant appel à ses convictions catholiques? Il est inclassable diront ses collègues députés ou encore les journalistes qui répètent ce qu'on leur dit. Il l'est parce que vous n'utilisez par le diagramme de Nolan.

Reportons nous à la figure suivante:
Sur l'axe horizontal, on porte une échelle liberté économique ( ou d'interventionnisme étatique sur le marché) , sur l'axe vertical une échelle liberté personnelle ( ou d'interventionnisme dans la vie privée des gens)

Lorsque l’on prend l’axe des libertés économiques, il est facile de classer les partis politiques. Les partis de gauche mais aussi les gaullistes sont fondamentalement interventionnistes et désirent étendre la réglementation voire les nationalisations. Les partis de droite sont plutôt favorables au  laissez- nous faire Ÿ en économie. En revanche, le clivage est plus grand lorsque l’on observe l’axe des libertés personnelles. Les partis de droite (néo-conservateurs au sens américain du terme) sont plutôt opposés aux libertés personnelles, alors que les partis de gauche y sont favorables. On retrouve le clivage droite gauche sur l’axe en pointillé avec des regroupements qui brouillent totalement la visibilité des préférences, puisque sur l’axe des libertés économiques on retrouvera une fraction du FN et du RPR ainsi que DL, tandis que sur l’axe des libertés personnelles on retrouvera les partis de gauche mais aussi DL. En revanche, sur l’axe de peu de libertés économiques on retrouvera le PC, LO/LCR, les verts, le FN ou une fraction du RPR partageant les mêmes valeurs anticapitalistes. Les choses se compliquent dès que l’on pénètre dans les sensibilités internes aux diverses factions politiques. Ce diagramme peut s’enrichir en introduisant une troisième dimension liée au régime politique. Nous laissons au lecteur le soin d’imaginer la différenciation des partis en fonction de cette troisième dimension sachant que le PC et l’extrême gauche sont pour le parti unique et qu’une fraction de la droite a été ou reste monarchiste voire populiste.





 


Qu'est-ce que le libertarianisme?
par Martin Masse

Les libertariens sont-ils des anarchistes?



Les anarcho-capitalistes ou les libertariens sont-ils des anarchistes : c'est-à-dire sont-ils pour une société sans Etat?

S'il s'agit de la forme institutionnelle de l'Etat tel qu'on le connaît aujourd'hui dans notre monde contemporain, ils le sont. Mais s'il s'agit de répondre aux problèmes fondamentaux soulevés par la violence et la prédation individuelle ou bien en bandes organisées (gangsters, brigands, mafia, syndicats, groupes religieux, factions politiques, terroristes etc) la réponse est non.

Les libertariens prétendent que les solutions institutionnelles alternatives qu'ils proposent, fondée sur un état de Droit où la propriété de tout le territoire sans exception est privée et où le consentement et la liberté contractuelle fondent l'interaction sociale, sont largement supérieures aux institutions monopolistiques mises en place par les Etats nations contemporains.

En effet l'expérience montre que les institutions politiques et juridiques mises en place par les Etats modernes au lieu de réduire la violence individuelle, ou en bandes organisées, l'accentuent. En effet elles concentrent périodiquement, et à tour de rôle, le pouvoir de la violence politique dans les mains de quelques personnes ou groupes d'individus. Grâce à ce pouvoir, illimité la plupart du temps, ces groupes ou individus mettent en oeuvre, par la coercition, leurs objectifs particuliers au détriment d'autres groupes ou individus.

Le monde des Etats dans lequel nous vivons est un monde Hobbesien où tous, via l'usage de la contrainte publique à des fins privées, font la guerre à tous. L'Etat contemporain est par définition fauteur désordre, il fait régner la loi du plus fort, des sans loi, en un mot il est l'anarchie au sens figuré que lui prête le commun des mortels.

Le problème fondamental pour les libertariens est de sortir de cet état de guerre de tous contre tous pour atteindre un monde civilisé.

Depuis des siècles la question fondamentale de la philosophie politique est celle de la mise "sous un contrôle objectif" du monopole de la violence exercée sur un territoire donné par quelques uns au nom de quelque chose qui n'existe pas ou dont on ne peut démontrer l'existence autrement que par la foi ou une pensée irrationnelle.

Au nom de Dieu, de la Nation Française, de la Solidarité nationale ( comme si on était marié avec le reste des français ou des françaises ), du Patrimoine national ou mondial, des générations futures (comme si une génération future non née existait ) etc. combien de vols ( de tableaux par exemple sous les doux titres de préemption, dation etc), de violation de droits individuels ou d'assassinats, les hommes politiques n'ont-ils pas commis dans le passé ou ne vont-ils pas commettre dans le futur?



Gustave Molinari voir aussi
Institut Economique Molinari

L'un des premiers libertariens qui dans son article de 1849 sur la production de sécurité paru dans le Journal des Economistes et de la statistique écrivait :
La production de la sécurité doit, dans l'intérêt des consommateurs de cette denrée immatérielle, demeurer soumise à la loi de la libre concurrence", il en résulte qu'aucun gouvernement ne devrait avoir le droit d'empêcher un autre gouvernement de s'établir concurremment avec lui, ou d'obliger les consommateurs de sécurité de s'adresser exclusivement à lui pour cette denrée....De même que la guerre est la conséquence naturelle du monopole, la paix est la conséquence naturelle de la liberté



H.D.Thoreau, 1866
La désobéissance civile,
Paris Climats



L. Spooner, 1870
Outrage à Chefs d'Etat,
édition les Belles Lettres 1991

"La constitution n'a nulle autorité ou obligation qui lui soit inhérente. Elle n'a nulle autorité ou obligation quelle qu'elle soit, si ce n'est comme contrat entre un homme et un autre. Or elle ne prétend même pas être un contrat entre personnes actuellement vivantes. Au plus, elle prétend être un contrat conclu entre des personnes qui vivaient il y a quatre-vingt ans.Et la constitution parce qu'elle était leur contrat, est morte avec eux.Ils n'avaient ni le pouvoir naturel ni le droit naturel de rendre cette Constitution obligatoire pour leurs enfants".
"Par la nature mêmes des choses, l'acte de voter ne saurait lier que les personnes mêmes qui votent. Or, compte tenu des conditions de propriété requises, ...puisque tout vote est secret (par scrutin secret), le vote ne fournit aucune preuve légale sur l'identité des individus particuliers qui soutiennent volontairement la Constitution"

Les sophismes libertariens

Anachie sans "P"
par Henri Lepage

Lectures Conseillées


D. Boaz, 1997,
Libertarianism: has to precede,
The Free Press.New York

D. Boaz, 1997,
The Libertarian Reader,
The Free Press.New York

N.Barry, 1987,
One Classical Liberalism and Libertarianism,
St.Martin' S Press New York

J.Buchanan, 1975,
The limits of Liberty Between Anarchy
and Leviathan,
Chicago, The University of Chicago Press.

D.Friedman, 1989,
The machinery of Freedom,
The salle,Ill:Open Short

F.Hayek, 1960,
The Constitution of Liberty,
Chicago, University of Chicago

P.Lemieux, 1988,
l'Anarcho-Capitalisme,
Puf Que Sais-je?

John Locke, 1690,
Treaty of the civil government ,
Paris Flammarion

T.Machan and D.Rasmussen, 1995,
Liberty for the 21 St Century,
Rowman & Littlfield, Inc.

L.Von Mises, 1966,
Human Action,
Regnery Company Chicago

R.Nozick, 1974,
Anarchy, State and Utopie,
PUF collar Libre exchanges

A. Rand, 1960,
Capitalism: The Unknown Ideal
N.y., New American Library

M.Rothbard, 1982,
The Ethics of Liberty,
Atlantic Highlands, Humanities Press.

P.Salin, 2000
Libéralisme, Paris, Odile Jacob

J.Simmons, 1993,
One the Edge of Anarchy,
Princeton University Press

H.Spencer, 1884,
Right to be unaware of the State,
edition Les belles Lettres 1993

L Spooner, 1870,
Treason- The Constitution of No Authority
traduit sous le titre de
Outrage à Chefs d'Etat, Les Belles Lettres
Col.Iconoclastes

H.D.Thoreau, 1866,
Civil disobedience,
Paris Climates


The Litterature of Liberty
by Tom Palmer


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