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Bienvenue sur le site de Bertrand Lemennicier  Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme, ces droits sont : la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression (Article 2 de la déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen du 26 août 1789)  "Quand même tu aurais à vivre trois mille ans, et trois fois dix mille ans, dis-toi bien que l'on ne peut jamais perdre une autre existence que celle qu'on vit ici-bas, et qu'on ne peut pas davantage en vivre une autre que celle qu'on perd". Marce Aurèle, Pensées, Livre II, maxime 14  "La vertu de la rationalité signifie la reconnaissance et l'acceptation de la raison comme notre seule source de connaissance, notre seul juge des valeurs et notre seul guide d'action" Ayn Rand , La vertu d'égoisme,  J'ai le pouvoir d'exister sans destin, Entre givre et rosée, entre oubli et présence. Médieuse de Paul Eluard 1939 
 

La rhétorique des hommes politiques à propos de l'exil fiscal de Depardieu.


par Bertrand Lemennicier / décembre 2012



Il est intéressant d’examiner la rhétorique et la symbolique des discours et invectives que les hommes politiques de gauche et aussi de droite adressent à ces récalcitrants qui ne veulent plus payer leurs impôts en France et qui veulent changer de nationalité. Elles dévoilent la vraie nature de ceux qui nous gouvernent. 

Ci-dessous trois slogans de nos hommes politiques sur lesquels nous allons nous attarder :

 Depardieu est un déserteur, ce slogan est utilisé par Dupont-Aignan, Filippetti, Sapin, Hamon et consorts. Nombre d'artistes comme Line Renaud et Sardou ont approuvé ce terme qui évoque la tradition des émigrés aristocratiques de 1792 et celle des collabos de 1940 (dixit Dupont Aignan)

Depardieu est un ingrat, il doit sa fortune aux subventions de l’État au cinéma français. Cet argument est souvent utilisé par les socialistes contre tous ceux qui critiquent l'éducation nationale.

 Depardieu en s'exilant crée une externalité négative sur les autres contribuables qui eux restent, ces derniers devront payer davantage d'impôts. Bien que cet argument soit implicite dans la dénonciation du manque de solidarité fiscale dont parlent les hommes politiques, il est très souvent utilisé. 

Les solutions envisagées sont, elles aussi, significatives de ce climat, bien que ceux qui les avancent n'en comprennent pas le sens.


Taxer les émigrants (sous Nicolas Sarkozy et mis en œuvre  en URSS pour les juifs émigrant en Israël)

Déchéance de la nationalité (Yann Galut, député socialiste)



Taxer les individus en fonction de leur nationalité et non de leur lieu de résidence qui est la pratique actuelle en France (Sarkozy et  Yann Galut)

Yann Galut


Source sur TF1 News : Exil fiscal : Depardieu doit-il rester français ? Le casse-tête)


. Cette rhétorique dévoile le vrai visage des hommes politiques : celui d’esclavagistes. Le mot est fort mais c'est ainsi qu'ils se comportent. Ces hommes politiques agissent comme s'ils étaient propriétaires de nos corps et de nos vies. Ils ne perçoivent plus, tant leur cerveau est déstructuré, l'incongruité de ce qu'ils disent ni les conséquences de leurs actes qui mènent à la tyrannie la plus pure. Comme ils ont été élus, cela veut dire aussi qu'une fraction importante des électeurs approuve les mots qu'ils emploient ainsi que leurs actes. Cela signifie que votre voisin risque fort d'être l'un d'entre eux et donc implicitement avoir une mentalité d'esclavagiste. A quand les погро́м?
 


Revenons sur ces 6 points.


Désertion
Le mot est intéressant . En langage militaire cela veut dire quitter son poste sans autorisation. En langage ordinaire cela veut dire trahir, renier, abandonner. Maintenant pour employer ce terme il faut accepter son antonyme : engager pour déserter, épouser pour renier, conserver pour abandonner. Les contribuables ne sont pas des militaires, ils n'ont pas à obéir à des ordres, ce sont les hommes politiques qui normalement ont à obéir aux contribuables.



 Ils n'ont pas non plus épousé, avec un contrat de "mariage pour tous", les français ou les autres contribuables. Ceux qui sont nés sur le territoire n’ont pas choisi d'être français. On leur a donné quelque chose qu'ils n'ont pas demandé. Ce qui n'est pas le cas des immigrés qui ont obtenu la nationalité française. L'utilisation du mot est donc un contresens. 



En revanche, il révèle les conceptions philosophiques et morales de ceux qui emploient ce mot de désertion : les contribuables sont des esclaves ou des animaux dont l’État serait propriétaire. Un droit de propriété sur le corps humain des français c'est le droit d'en : user (conscription - elle n'est toujours pas abolie mais suspendue et ramenée à une journée), abuser (réglementer l'usage de leur vie), céder (contre rémunération à un autre État ou rachat par l'esclave lui-même de sa propre liberté comme on le fait avec les gens pris en otage par des bandits ou des terroristes), détruire (tuer ou exécuter des français au nom de la sûreté de l’État) et tirer des revenus (taxer) comme on peut le faire de certains animaux. Les mots "sujet ou assujetti" (à la sécurité sociale) expriment bien la même idée. Ceux qui l'emploient de tels mots révèlent qu'ils sont partisans de l'exploitation des êtres humains par d'autres êtres humains au moyen de la violence politique.

 

L'ingratitude
Cet argument est un classique opposé non seulement aux exilés fiscaux mais aussi à tous ceux qui dénigrent l’État français. Il présuppose que les investissements faits par la collectivité ou l’État dans chaque individu, via l'éducation nationale et autres services publics (l'hôpital Foch à Suresnes pour les pontages de Depardieu), font de chacun d'entre nous des personnes redevables à l’État. En quittant le pays nous devrions rembourser ces investissements comme on le fait pour un divorce vis-à-vis de la femme que l'on quitte pour une autre. Cet argument n'est pas recevable

.

 D'abord, les investissements faits et incorporés dans chacun d'entre nous peuvent être nuisibles et non pas utiles (éducation nationale ou défense nationale en sont deux exemples flagrants), ensuite les individus n'ont pas le choix, ils sont contraints de les subir. Il n'y a pas d'exemption de la part de l'impôt consacré à l'éducation si on choisit une forme d'éducation privée (il en va de même avec la défense nationale). Traiter les exilés fiscaux d'ingrats en dit long sur le cerveau de ceux qui avancent un tel argument. 

Il faut démontrer une causalité entre les revenus de Depardieu et les subventions de l’État au cinéma puisque l'argument a été avancé. Peut-être que les subventions ont conduit à produire des films qui ont nuit à la réputation de cet acteur et non à sa gloire. Si donc on a la prétention d'avoir un droit sur les profits des bons films, on aurait aussi une obligation de partager les pertes. C'est typiquement un argument esclavagiste puisqu'il s'agit de revendiquer un droit de propriété sur des investissements incorporés dans autrui. Les détracteurs de Depardieu oublient que sa réputation est le résultat d'un choix libre de ceux qui aiment cet acteur (qui a été adulé par la gauche bien-pensante et bobos au début de sa carrière) alors que les subventions sont le résultat d'une violence politique. Les amateurs de Depardieu peuvent tout-à-fait le boycotter s'ils réprouvent son attitude en refusant d'aller voir ses films. Ils peuvent faire une campagne d'opinion pour inciter les autres à faire comme eux. 

Externalité négative


C'est implicitement l'argument de la solidarité.  Il est plus sophistiqué. Il jette l’opprobre sur des comportements de "cavalier seuls" ou d’égoïsme. On le résume souvent par la métaphore de l'équipage d'un voilier dans la tempête. Dès que l'un des membres de l'équipage se désolidarise, il met en danger les autres. C'est une métaphore holiste. Elle est faite pour les esprits faibles. Les français ne sont pas les membres d'un équipage et l’État français n'est pas un bateau dans lequel on serait embarqué, même malgré nous.



L'argument présuppose que, si l’État français disparaissait ce serait une mauvaise chose. D'une part il a déjà disparu au profit d'un arrangement institutionnel que l'on nomme l'Europe, l'espace Schengen et l'Euro. Ensuite que le gouvernement français (ou européen) disparaisse ou cesse de gouverner n'est pas un drame en soi, les belges se sont passés de gouvernements pendant 1 an et ils sont toujours là. Les alsaciens ont vécu de 1870 à 1918 (48 ans) sous la juridiction allemande, ils sont toujours là avec des réglementations héritées des allemands qui leurs sont favorables. Que l’État français (ou tout autre État) disparaisse est plutôt un bien et non un mal. Faut-il rappeler que la Normandie, la Sicile et l'Angleterre ne formait qu'un État sous Guillaume le Conquérant. Les États meurent et disparaissent, mais les territoires sous leurs juridictions et leurs habitants restent. La métaphore du bateau est vraiment faite pour impressionner les ignorants. 



Par ailleurs, le lien entre la hausse des impôts que devrait supporter les autres contribuables consécutivement à la baisse des revenus de l'impôt du à l'exil fiscal de certains d'entre eux, ne peut être démontré mécaniquement. Seule la volonté des élus de maintenir le niveau des dépenses publiques et/ou de gaspillages dans le pays peut les forcer à augmenter les impôts sur les contribuables restants.

Si la chute des revenus fiscaux prive nos élus de ressources fiscales, ils ne pourront plus distribuer autant de subventions et acheter légalement les votes et se faire réélire, L'exil fiscal n’est-il pas alors  un acte civique ?  Moins de subventions veut dire que nos élus devront renoncer à certains services publics et laissez le secteur privé s'en charger. Mais n'est-ce pas alors un bienfait que rendent les exilés fiscaux à ce qui restent ? Au lieu de les vilipender, on devrait les remercier, ils nous évitent des actions collectives de révoltes fiscales qui sont toujours coûteuses à mettre en œuvre.


 
Si les subventions comme les impôts étaient utilisées à faire le bien, le consentement de tous serait acquis facilement en exigeant simplement un acte volontaire de la part des citoyens par l'intermédiaire du secteur privé. Or, si les élus usent de la violence politique pour prélever les impôts et aussi distribuer les subventions c'est que, sans doute, ils n'en sont pas certains. 



En fait, ils le savent puisque leur activité consiste à dépouiller Paul pour habiller Pierre. Si donc la subvention et l'impôt constituent un viol de droit de propriété individuel, il est parfaitement constitutionnel de résister à cette oppression (article II de la déclaration des droits de l'homme). Que les non-exilés fiscaux se laissent dévaliser naïvement par le premier élu venu ne justifie aucunement que les récalcitrants qui s'exilent se laissent voler eux-aussi. Cette "injustice" est imputable entièrement au voleur, non à celui qui résiste au vol.  

Taxer les émigrants


 Ceux qui désireraient quitter le pays, en ayant déjà payé tous leurs tributs aux prédateurs locaux qui les gouvernent, devraient, en plus, acheter leur liberté en passant la frontière (fiscale).  Ceux qui évoquent cette solution paradoxalement ne proposent pas de taxer les immigrants pour les services publics dont ils vont profiter sans avoir contribué à leur production ! Or, il s'agit d'un problème identique, la taxe sur les émigrants compenserait les français de l'intérieur de la perte de services publics engendré par ce manque de recettes fiscales . De tels mécanismes existent dans le privé lorsque l'on a investi dans le capital humain d'un étudiant ou d'un joueur de football. En général la nouvelle firme ou le nouveau club rachète par un transfert monétaire le droit de l'avoir dans sa boite ou dans son club en dédommageant les firmes ou les clubs qui ont investi dans leur capital humain.
 Il est intéressant de constater que les partisans de la taxation des très riches qui ont révélé leur talents et qui ont quitté leur pays pour un autre (les anglais  et les belges applaudissent à ces transferts) soient les mêmes qui critiquent ces transferts privés dans le football ou ailleurs comme étant de l'esclavage privé! Dans le privé, contrairement à l’État, ces investissements dans le capital des êtres humains sont contractuels et volontaires.


Déchéance de la nationalité 


Avec cet argument on atteint les sommets de la déstructuration du cerveau, non pas parce que constitutionnellement en France c'est impossible, mais parce que l'introduction d'une telle proposition frappe au cœur l’État et l'assujettissement de ses citoyens au pouvoir fiscal. 

Pourquoi croyez-vous que l'on ne puisse pas perdre sa nationalité ? Pourquoi croyez-vous que le H.C.R. lutte contre l’apatridie ? Le député socialiste Yann Galut a oublié de réfléchir à ce qu'il disait sous l'empire de la passion. En quoi la déchéance de la nationalité peut-elle effrayer quelqu'un. Elle effraie surtout les hommes de l’État.

 

 Imaginez deux minutes un État où 10 millions d'individus demandent la déchéance nationalité et l'obtiennent. Ils deviennent apatrides (des gens dont aucun État ne reconnaît qu'ils sont leurs citoyens), ils n'ont pas de papier d'identité. Ils vivent entre eux sans aucune juridiction autre que celle qui émerge de leurs interactions individuelles avec des apatrides ou avec des nationaux. Ils n'ont aucun accès aux services publics et ne paient pas d'impôts faute d'une résidence recensée par le pouvoir local qui a été noyé dans cette population. Ils vivent et s'enrichissent dans le massif central et sont tous armés. Ils achètent les terres adjacentes avec de l'argent liquide et étendent petit à petit leurs communautés, jusqu'au jour où il y a sécession de fait du territoire. Les nationaux qui les visitent, les journalistes qui font des reportages sur ce trou noir dévoilent leur richesse insolente. Tout de suite les nationaux demandent la déchéance de leur nationalité et rejoignent les apatrides. Par imitation, tous les nationaux deviennent apatrides. C'est intolérable pour nos élus. Il va de soi que le H.C.R issu du cartel des États appelé ONU fait très attention à ce qu'il n'y ait pas d'apatrides et que la déchéance nationale ne soit pas généralisable. L'identification nationale est à l'origine du pouvoir fiscal et réglementaires des États.  Le réclamer pour les plus riches est dangereux pour le pouvoir de taxation lui-même car les riches ont les moyens de vivre sans État.



Taxer les individus en fonction de leur nationalité



Là aussi la réflexion des élus est bien faible. Elle est impossible dans l'Europe des 27 sans l'unanimité de ses membres. Mais cette proposition contient en germe une évasion de la nationalité encore plus forte que la déchéance nationale. Elle incite à changer de nationalité ou à choisir le statut d'apatrides compte tenu du niveau de la concentration de la taxation sur les revenus de quelques-uns, les plus riches, observée en France. 


L'acquisition de la nationalité se fait par le sang ou par le lieu de naissance. Elle ne se fait pas par consentement. Il n'y a pas le choix d'être sans nationalité ou de choisir, à l'âge de raison, (comme pour les enfants, au moment du divorce, qui peuvent décider avec lequel des deux parents ils veulent vivre) la nationalité que l'on préfère. 



Les seuls français par choix sont les immigrés qui ont voté avec leur pied et qui demandent la nationalité du pays où ils résident. Imaginez deux secondes que l'on instaure cette proposition et qu'un État peu confiscatoire en matière d'impôt (la Russie avec sa « flat tax » à 10%) propose de vendre son identité nationale aux plus offrants. Les contribuables français trop taxés sur leur revenu font leur calcul et achète la nationalité russe si cela leur économise leur revenu et fortune ! Cela fera un million de citoyens en moins et cette fois beaucoup de cadres. Pire, si chaque État adopte ce mode de taxation et entre en concurrence avec les autres pour attirer chez eux des contribuables, où va-t-on... La compétition se fait alors sur la base taxable et non plus sur les taux moyen ou marginaux !

Il y a au moins un argument qui est justifié : s'exiler n'est pas résister de l'intérieur. Or les révoltes fiscales et les révolutions fiscales se gagnent par la lutte à l'intérieur du pays et par l'expulsion des hommes politiques prédateurs du pouvoir fut-ce par la désobéissance fiscale ou par les armes. Il n'est pas interdit aux chefs d'entreprises (et à leurs syndicats) d'entamer une grève de la collecte de la TVA pour le compte des hommes d’État et l'affaire est jouée en attendant une nouvelle nuit du 4 août 1789. 

   
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