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Paris School of Economics
 

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La Paris School of Economics (PSE) et la main mise de l'ENS sur la science économique

 Par Bertrand Lemennicier /octobre 2017

L'orgueil blessé des"ingénieurs économistes" français issus des Grandes écoles (Polytechnique, Mines , ponts, Normale sup, ENSAE), appartenant à des centres de recherches publics indépendants des universités a conduit à la création de la pompeuse "Paris School of Economics" en référence à la London School of Economics" dans le but d'apparaître en bonne position dans les classements internationaux des départements d'économie (en 7 ème positions selon REpec.). Les partenaires fondateurs sont les Ponts et Chaussées, EHESS, CNRS, INRA , ENS Ulm et in extremis l'université de Paris 1, grâce à notre collègue Hénin ex directeur du CEPREMAP.

Le premier directeur, et principal artisan de l'opération avec Daniel Cohen, a été Thomas Piketty (Normale Sup -Ulm) dont les affinités politiques marquées à gauche sont de notoriété publique ce qui a entaché la crédibilité scientifique de l’opération. Moins marqué politiquement François Bourguignon et son successeur Pierre-Yves Geoffard sont normaliens. Ce regroupement illustre une fois de plus le "mal français": une oligarchie intellectuelle qui se prétend de haut niveau, ambitieuse par formation, positiviste en sciences humaines par tradition et socialiste en politique par constructivisme a réussi à convaincre le pouvoir (de droite) de financer cette institution créée en décembre 2006. 11 ans après et ce depuis février 2017, elle est installée dans les nouveaux locaux du Campus Jourdan .

Ces "ingénieurs économistes" dispersés dans les quelques grands centres de recherches parisiens (exception faite du réseau des polytechniciens de l’École de  Toulouse) s'est traduit par une volonté de créer un pôle d'économie les regroupant. Ce regroupement d'intérêts particuliers pour satisfaire l'ego de ces économistes mérite que l'on s'y intéresse. Cette opération a débuté beaucoup plus tôt avec la création du DELTA de la rue d’Ulm avec François Bourguignon et par la suite avec l'axe Paris Jourdan qui préfigure les premiers regroupements tel celui du CEPREMAP..

L'école repose aujourd’hui sur une dotation composée essentiellement de fonds publics d'un montant total de 20 millions d'euros non consommables et investis en produits financiers qui rapportent un revenu annuel moyen de 1 million d’euros par an. A cela s’ajoute  4 millions d'euros de la part des quelques   malheureux partenaires privés, American Foundation for the Paris School of Economics (fondation de droit américain au financement guère transparent) , AXA, Boussard et Gavaudan Gestion, Nicolas Chanut et Exane, dont on se demande bien comment les PDG se sont laissés embarquer dans une telle opération de prestige sinon par des amitiés de réseaux. A cette somme, il faut ajouter 49 millions d'euros au titre de la restructuration et extension du campus Paris Jourdan construit en 1940, somme payée par la région île de France pour un montant de 31 millions d'euros, par l'Etat pour un montant de 14,5 millions et 3, 5 par le Département de Paris. Le Président Huchon (homme politique mis en examen pour corruption)  a signé le projet de convention de cofinancement et la politique de subventions à cette institution est continuée par la droite sous la présidence de Valérie Pécresse. Comble de l'ironie, les bureaux des associés à PSE en provenance de Paris 1, sont loués à l’Université de Paris 1 au profit de PSE et non de la région qui a financé la réhabilitation. PSE est en effet régulièrement en déficit depuis sa création, déficit absorbé par le revenu des intérêts du capital de la fondation à la hauteur de 1 million d'euros. Comme d'habitude avec l’État, la contrainte budgétaire limite les ambitions et l'apport des fonds privés au capital de la fondation est ridiculement bas par comparaison avec la Toulouse School of Economics '(réseau des polytechniciens).


En 2015-2016, les recettes de PSE avoisinaient 8,4 millions d'euros en  provenance des partenariats scientifiques, des contrats de recherche et des subventions étatiques en particulier de la région Ile de France. Les dépenses se sont montées à 9,4 millions  d'euros soit un déficit de 1 million d'euros comblé par les recettes des  produits financiers. Ce mode de gestion perdure depuis la création de cette  institution. Ces frais sont sous estimés au sens où les personnels sont  payés en grande partie par les établissements qui se sont regroupés, PSE ajoute simplement un supplément de rémunération à ceux qui participent  au fonctionnement de cette institution : enseignants chercheurs et  étudiants. Rappelons pour mémoire que l'Université de Paris 1 a été  acceptée dans ce regroupement grâce au  monopole que les universités  détiennent pour délivrer les grades de Docteur. Si les Grandes écoles  avaient le droit de délivrer des doctorats, PSE n'aurait pas eu besoin  de faire rentrer dans le regroupement une université.

A titre de comparaison, l'école d'économie de Toulouse (TSE) a été dotée initialement par l’État de 13,6 millions d'euros dont 90% était consomptible et a obtenu du secteur privé une dotation d'un montant de 33 millions d'euros dont 32 n'étaient pas consomptibles. L’État s'est alors engagé à mettre la même somme que le secteur privé en dotation non consomptible ce qu'il a fait en apportant 30 millions d'euros. L'école de Toulouse se trouve alors à la tête d'une dotation de 63 millions d'euros non consomptible qui produit un revenu annuel moyen sous forme d'intérêt de 3 millions d'euros (2,2 millions en 2016 et 4,5 millions en 2015 par exemple)

L'ambition d'être « conseillé du Prince » et guide de l'action politique fondée sur une méthodologie  "scientiste"est affichée clairement par le directeur actuel de PSE. On  le comprend, puisque la plupart des contrats et des partenariats, et donc du financement, viennent  d'organismes publics (chaires: banque de France, Hôpitaux de Paris,  dépendance des personnes âgées, travail, Mondialisation, inégalités des revenus,  les
partenaires scientifiques sont constitués du GENE (INSEE, CREST etc.).  Les
 chaires rapportent seulement, 1,5 million d’euros. Deux projets financés par l’État par sa politique d’investissement dans la recherche publique (Labex OSE  et
 Equipex) ont apporté des ressources supplémentaires sur dix ans de 14,5 millions d’euros soit 1,4 millions euros par an. Les autres partenaires scientifiques: tels les Instituts Quetelet, Louis Bachelet, IODS Insead; CEPII, CEPREMAP ou J-PAL, concourent plus modestement au financement. Tous ces partenaires sont des établissements publics. La région de l'Ile de France et l’État central complète ce tableau en versant des subventions. 10 ans après sa création, l'apport des entreprises privées est toujours     minime dans le financement du budget de cette institution.

 

Cette dépendance à l’égard de l’État obère le prestige de cette institution en donnant une image de marque détestable d’un regroupement disparate d’économistes ou de chercheurs en sciences sociales issus des grandes écoles pour satisfaire un intérêt particulier: développer une réputation internationale et ajouter des revenus supplémentaires à leur maigre solde de fonctionnaire des établissements publics et centres de recherche dans lesquels ils ont échoué. Cela permet aussi de gonfler l’orgueil des « insiders » qui sont affiliés ou associés à PSE en passant par leur réseau et copinage sans être sortis des grandes écoles tout en profitant des primes et rémunérations supplémentaires offertes par PSE à ses chercheurs affiliés ou associés. 

Pour la petite histoire, cette possibilité de rémunérer les associés de PSE a  suscité jalousies et déboires à l’université de Paris 1, cette université,  notoirement de gauche, et qui le revendique, et le transfert de membres PSE de la Maison des Sciences Economiques, MSE au campus Jourdan va briser finalement la recherche à Paris 1 Panthéon-Sorbonne, ce dont les autres universités ayant un département d'économie se réjouissent. La preuve de cet intérêt particulier est donnée par la gouvernance de l’institution. Ceux qui décident sont les membres du conseil d’administration, or sur les 17 membres, 6 représentent les établissements fondateurs (Directeur de l’École des Ponts, Paris Tech, Président de HESS ; Président de l’université Paris 1, Directeur de l’ENS, et de l’Institut SHS, CNRS) ; 3 représentants des partenaires scientifiques (GENES, INED,IRD) 2 membres des partenaires privés (AFPSE et AXA);  3 personnes qualifiées ( banque centrale européenne, Ministère des finances, Président de PSE) et 2 membres du personnel enseignants de PSE (1 Paris et 1 PSE). Le décompte est vite fait, la majorité est dans les mains des Établissements fondateurs  (6) et  des partenaires scientifiques (3) et/ou de l’ENS-PSE (3 membres). On rappelle que les membres d’un conseil d'administration  sont rémunérés comme ceux du Conseil scientifique composé uniquement de  professeurs extérieurs qui donnent un avis mais qui, étrangers, ne portent aucune  responsabilité dans les carrières et la rémunération des enseignants chercheurs. Ils sont payés  pour cautionner  l'image de marque de réputation internationale (avec 3  Prix Nobel -Mirrlees, MacFadden et Hart- et une pseudo neutralité  "scientifique". En effet, les décisions scientifiques réelles sont sans doute dans les mains de ceux  qui font vivre PSE  au travers du comité d’orientation et de pilotage, sinon , il y a longtemps que PSE aurait été une absorbée par les américains.

Epilogue

 Comme le rappelle la Cour des comptes. La dotation initiale qui devrait permettre de
financer les dépenses, avoisinant 9 millions d'euros par an, n'est pas suffisante.  Pour respecter le ratio actuel des revenus tirés des produits financiers, elle
devrait s’élever à 200 millions d’euros. On en est très loin à moins de faire un hold up sur les stocks d'or thésaurisés dans les caves de la banque de France.

La dépendance de PSE à l'égard de ceux qui la financent, la course aux contrats et la chasse à la subvention va inciter les chercheurs qui en vivent à sacrifier leur indépendance intellectuelle et à entrer dans une course effrénée à la recherche de rentes publiques. Cet environnement va stériliser leur créativité et les soumettre à la pensée unique (ce qui est déjà fait). Le mode de financement et le mode de gouvernance n’est pas adapté aux ambitions des ingénieurs sociaux qui travaillent dans cette institution. Par ailleurs, la plupart d’entre eux sont rémunérés deux fois par l’État pour le même travail, encore un privilège de cette oligarchie intellectuelle. Qui vit du Prince, périt par
le Prince. C'est une leçon que devrait retenir tous ceux qui travaillent dans cet établissement.
 
 



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