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Bienvenue sur le site de Bertrand Lemennicier  Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme, ces droits sont : la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression (Article 2 de la déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen du 26 août 1789)  "Quand même tu aurais à vivre trois mille ans, et trois fois dix mille ans, dis-toi bien que l'on ne peut jamais perdre une autre existence que celle qu'on vit ici-bas, et qu'on ne peut pas davantage en vivre une autre que celle qu'on perd". Marce Aurèle, Pensées, Livre II, maxime 14  "La vertu de la rationalité signifie la reconnaissance et l'acceptation de la raison comme notre seule source de connaissance, notre seul juge des valeurs et notre seul guide d'action" Ayn Rand , La vertu d'égoisme,  J'ai le pouvoir d'exister sans destin, Entre givre et rosée, entre oubli et présence. Médieuse de Paul Eluard 1939 
Conseil d'analyse économique
 

Les Curriculum Vitae des membres du Conseil d'Analyse Économique, sur la période de 1997-2003, ont révélé que le Premier Ministre de l’époque, Lionel Jospin, a été entouré d'une élite intellectuelle d’ingénieurs économistes et d’universitaires socialistes avec une tendance marxiste prononcée pour certains d’entre eux[1]. Le renouvellement du C.A.E. de février 2004 sous la Présidence de Christian de Boissieu[2] a modifié  le profil politique et doctrinal des conseillers du Prince et les a rajeuni. Ces derniers sont plus ouverts au secteur privé, et un peu plus rééquilibré du point de vue politique et doctrinal. En revanche, le réseau des Grandes écoles et celui du cercle des économistes a pris plus d’importance sous sa présidence que précédemment. Le prochain C.A.E a été renouvelé en 2012 après les élections présidentielles. Sa composition réduite en nombre reste  marquée profondément par  le Premier Ministre, Jean-Marc Ayrault, issu du parti socialiste et par l’emprise exercée par deux réseaux: celui des grandes écoles (avec la rivalité polytechnique et école Normale Supérieure de la rue d’Ulm) et celui du cercle des économistes.


Par Bertrand Lemennicier mai 2004/mars 2011

img_486_fr.gif

Le décret du 22 juillet 1997 portant création du Conseil d'analyse économique a été signé par Lionel Jospin, alors Premier Ministre. L'article 1er de ce décret dit:

"Il est créé auprès du Premier Ministre un Conseil d'analyse économique ayant pour mission d'éclairer, par la confrontation des points de vue et des analyses, les choix du Gouvernement en matière économique"

A l'article 2, il est précisé que les personnalités sont choisies en raison de leurs compétences dans le domaine de l'analyse économique. Elles sont nommées par arrêté du Premier ministre pour une période de deux ans renouvelable. L'article 7 précise aussi que les membres autres que de droit peuvent recevoir des indemnités liées à l'exercice de leurs fonctions.

Le conseil est composé en général de 28 à 38 membres auquel il faut ajouter 6 membres de droit qui sont dans l’ordre d’importance:
-Le directeur général de l’INSEE (souvent un polytechnicien actuellement un ESSEC/ENSAE)

-Le commissaire au Plan (aujourd’hui le Conseil d’analyse stratégique)[3] (un polytechnicien)

-Le directeur de la prévision au Ministère des finances (un polytechnicien)


-Le directeur de l'animation, de la recherche, des études et des statistiques au ministère de l'emploi et de la solidarité (DREES) (actuellement une fonctionnaire issue de l’ENA)

-Le directeur de la DARES (X, ENSAE)

-Le président du conseil d’analyse de la société (un ex Ministre, agrégé de Sciences Politiques)

Connaître le profil intellectuel des membres de ce conseil peut avoir un intérêt pratique pour former nos anticipations sur le comportement futur du gouvernement. Si le premier ministre suit les conseils et les rapports des membres du C.A.E, il est possible de prévoir quelles seront les politiques qui vont être mises en œuvre et ainsi y faire face. Si, par contraste, le gouvernement ne suit pas les solutions proposées et les avis donnés par ce Conseil, on peut se poser la question de l'utilité sociale de cette institution qui vit de l'argent du contribuable.


Connaître le profil intellectuel des conseillers du Prince nous permet de mesurer quelle formation intellectuelle ils ont reçu et sur quels réseaux sociaux ils s’appuient pour influencer réellement, non pas la politique gouvernementale qui répond à d’autres préoccupations comme celles liées aux élections, mais les idées et programmes économiques que reprendront les hommes politiques qui nous gouvernent[4] pour justifier leurs actions.

L'objet de ce texte est d’analyser le profil intellectuel des conseillers du Prince. Nous le faisons à partir des Curriculum Vitae des membres du C.A.E qui sont tous disponibles, d'une manière plus ou moins complète, sur Internet. Nous excluons du champ de l'analyse les membres de droit du CAE.



Comme le suggère l'article 2 du décret de juillet 1997 , le CAE a la prétention d’informer et d’éclairer le grand public sur les débats contemporains et la politique gouvernementale d’une manière pluraliste en confrontant la diversité des points de vue. Nous retiendrons trois caractéristiques pour cibler le profil de ces intellectuels :


1) la compétence, puisque l'article 2 du décret de juillet 1997 précise qu'il s'agit là d'un critère de choix,
 
2) les opinions politiques, puisque le décret évoque la confrontation des points de vue et une composition pluraliste du Conseil;

3) les réseaux d'amitiés ou de confiance qui sont toujours la face cachée d’un mode de sélection.

1) La compétence des membres du Conseil d'analyse économique


Pour mesurer la compétence des membres du C.A.E nous avons retenu la formation initiale : est-ce que le membre sort d'une grande école et /ou d’une agrégation de l'Université. Nous avons retenu l'âge et le nombre d’années passées au C.A.E comme mesure de l'expérience. Nous avons aussi repris un indicateur de réputation , lié aux citations tel qu’il est calculé par le logiciel Publish or Perish de Harzing (hI Norm). Cet indicateur est lié au nombre de fois où un article ou bien un livre d’un membre du C.A.E est cité sur Internet. Il est plus large et plus indépendant qu’un simple classement universitaire mesuré par le nombre de publications dans des revues à comité de lecture car celui-ci est plus ou moins arbitrairement décidé par la profession des universitaires. Cet indicateur inclut par exemple les livres et les articles publiés et cités qui ne sont pas pris en compte par les comités de sélection universitaire lors des recrutements. En revanche, il a l’avantage de corriger les citations en fonction de l’âge de l’auteur et du nombre de coauteurs, pratique contemporaine dans le monde scientifique qui fait que l’aura d’un scientifique dépend très souvent de la réputation de celui avec qui il écrit.

Nous avons retenu aussi la spécialité : macroéconomie (au sens large y compris la monnaie, la banque et la finance nationale ou internationale, la conjoncture) et la microéconomie (y compris l’économie publique, l’entreprise, l’économie industrielle et l’économie du travail).

Nous avons examiné sept échantillons :

i) La période 1997-2003 (45 membres)

ii) La période 2004-2006 (29 membres)

iii) La période 2006-2008 (40 membres)

iv) La période 2008-2010 (36 membres)

v) La période 2010-2012 (29 membres)


vi) La période 2012-2014 (14 membres)

vii)  Le noyau dur des membres qui sont toujours dans le C.A.E. depuis 1997 avec 7 membres

viii) Les universitaires purs avec 19 membres

ix) Le cercle des économistes avec 14 membres

Tableau 1 La compétence

Membre du CAE:périodes

âge

nbre d'années d'ancienneté dans le CAE

Normale sup

polytechnique

HEC

autres grandes écoles (essec,escp,ENA,IEP)

Univer-sitaires

indice de réputation,

hI norm

de Harzing's

 Publish or Perish

1997-2003 (45)

64,80

7,22

0,04

0,31

0,00

0,51

0,62

15,8

2004_2006 (29)

62,00

9,41

0,07

0,24

0,03

0,48

0,59

12,00

2006-2008 (40)

58,98

8,44

0,17

0,22

0,05

0,41

0,61

13,02

2008-2010 (36)

57,46

7,38

0,17

0,25

0,08

0,33

0,53

12,58

2010-2012 (29)

57,89

8,22

0,24

0,24

0,07

0,21

0,55

14,62

depuis 1997 (7)

63,86

15,00

0,14

0,29

0,00

0,29

0,43

13,57

universitaires purs (19)

60,42

6,06

0,00

0,00

0,00

0,00

1,00

14,14 (4,8 sans O. Blanchard)

Cercle des économistes

50,5

6,07

0

0,29

0,14

0,43

0,57

6,92

Le tableau ci dessus illustre une proposition simple. Sous le gouvernement de Jospin, période de 1997 à 2003 nous avons une domination des Grandes écoles (polytechnique, Ulm, ENA, IEP, ENSAE, etc.) sur les universitaires (un ratio supérieur à 80%)[5], un âge moyen supérieur à 64 ans et une réputation en termes de citations qui sera la plus élevée de toutes les périodes lorsqu’elle est mesurée par l’indice hi norm de Publish or Perish de Harzing. L’ancienneté moyenne des membres sélectionnés à cette période est 7 années environ. Certains quittent en 1999 d’autres comme les 7 de l’avant dernière ligne resteront jusqu’en 2012 !

 Avec l’arrivée au pouvoir de la droite, il faut distinguer deux périodes : celle de la transition entre 2002 et 2003 où l’on ne peut pas renouveler les membres et celle de février 2004 où on peut le faire. La période 2002-2003 a vu l’entrée de deux nouveaux membres et le retrait de plusieurs autres. La période à partir de l’arrêté du 15 janvier 2004 voit une modification sensible dans le recrutement et le renouvellement. L’âge moyen baisse, la proportion de normaliens et d’HEC augmente, celle des polytechniciens et d’universitaires diminuent. En revanche, la qualité de la réputation des membres diminue[6]. L’ancienneté augmente mais l’âge moyen diminue suggérant un rajeunissement des membres. Cette tendance va s’accentuer jusqu’en 2010. Le dernier CAE confirme la montée des normaliens au détriment des autres grandes écoles, les X se maintenant aux alentours de 24% des membres du CAE. Les universitaires qui ont du mal à se maintenir s’ils ne sont pas diplômés d’une grande école remontent un peu tout comme la réputation des membres du CAE consécutivement à l’entrée de jeunes normaliens.  La réputation des universitaires purs comme pour celle des membres du cercle des économistes est largement en deçà des autres membres.

Regardons maintenant la spécialité. Le tableau suivant représente selon les échantillons la discipline dominante des membres du Conseil : "macroéconomie ou microénonomie".

Tableau 2 La spécialité

Membre du CAE:périodes

Macroéconomie, monnaie , banque, finance, international

Microéconomie, économie industrielle, économie du travail économie publique*

1997-2003 (45)

0,87

0,29

2004_2006 (29)

0,90

0,28

2006-2008 (40)

0,80

0,32

2008-2010 (36)

0,83

0,42

2010-2012 (29)

0,83

0,34

depuis 1997 (7)

0,86

0,43

universitaires purs (19)

0,79

0,32

Cercle des économistes

0,57

0,29


*plusieurs membres sont spécialistes des deux disciplines

La composition du C.A.E. a toujours été biaisée vers la spécialisation de la macroéconomie révélant ainsi que la fonction de stabilisation de l’économie est la préoccupation principale des gouvernants. Ce qui ne peut surprendre un spécialiste de la théorie des choix publics puisque le poids de la conjoncture économique dans le vote est considérable (la conjoncture économique, chômage et ou inflation explique à elle seule la moitié des votes).

2) Les opinions politiques et le pluralisme des membres du Conseil d'analyse économique

Pour mesurer les opinions politiques et le pluralisme de la pensée, nous avons classé chacun des membres du Conseil selon son école de pensée (marxiste, keynésienne ou néoclassique,) et  grossièrement entre sensibilité de gauche et libéral conservateur. Il est difficile de repérer pour chaque membre sa sensibilité politique tant qu’elle n’est pas affichée publiquement. Pour certains il suffit de lire ce qu’ils écrivent et en inférer leur position doctrinale et parfois leur opinion politique. Pour d’autres membres, l’adhésion ou l’activisme politique est parfaitement connu. S’il n’est pas connu publiquement on peut la déceler dans un parcours professionnel. Par exemple, le fait d’avoir appartenu à un cabinet ministériel dans la période 1986-1988 fait suspecter que le membre du CAE n’est pas de gauche. En revanche, s’il a appartenu à un cabinet ministériel entre 1997-2002 on peut penser qu’il est de gauche ou l’a été. Par définition, les chiffres présentés ici constituent une estimation grossière des chiffres réels car pour certains membres du CAE il n’a pas été possible d’inférer une quelconque opinion ou sensibilité politique.

Tableau 3 Les opinions politiques et doctrinales

Membre du CAE:périodes

De gauche

Libéral conservateur

Marxiste

Keynésien

Néoclassique

1997-2003 (45)

0,67

0,13

0,24

0,22

0,36

2004_2006 (29)

0,52

0,41

0,03

0,31

0,34

2006-2008 (40)

0,46

0,39

0,02

0,22

0,46

2008-2010 (36)

0,42

0,42

0,00

0,17

0,58

2010-2012 (29)

0,38

0,55

0,00

0,17

0,59

depuis 1997 (7)

0,57

0,43

0,00

0,43

0,29

universitaires purs (19)

0,74

0,32

0,21

0,16

0,37

Cercle des économistes

0,64

0,36

0

0,21

0,79



Le tableau ci-dessus révèle que, quelque soit l'échantillon, il n'y a ni pluralisme politique, ni diversité d'école de pensée. La sur représentation des écoles de pensée interventionnistes (marxiste, keynésienne ou néoclassique) est le trait le plus marquant de ce Conseil (largement attesté par le contenu des rapports du CAE). Aucun représentant de sensibilité libérale pure ne participe au Conseil encore moins un membre appartenant au Front National ou de sensibilité de la droite nationaliste ni de l’extrême gauche.  La rectitude scientifique avec la montée des néoclassiques mathématiciens au détriment des keynésiens et marxistes et la rectitude politique avec l’exclusion des sensibilités d’extrêmes gauche ou d’extrême droite est un signe de cet échec de la confrontation des points de vue et des analyses. Ceci dit cet objectif n’a peut être pas de signification pour un organisme dont l’objet principal est de conseiller le Prince. En effet, une trop grande diversité de points de vue peut nuire à l’action et rendre inutile un tel organisme.


La composition des membres du Conseil a été jusqu’en janvier 2003 foncièrement à gauche (67% des membres sont à gauche) et doctrinalement moins diversifiée. Les économistes notoirement marxistes (ou ayant été marxistes) constituaient jusqu’en 2004, 24 à 26% des membres du conseil ! Les keynésiens et les néoclassiques sont à peu près équilibrés. Aucun libéral ou économiste libéral n'est présent dans cet aréopage. Cela ne surprend pas pour la période de Jospin mais un peu plus pour la période de Raffarin. Le virage à droite va être amorcé avec les nouveaux CAE après 2006. Le nombre de membres notoirement de gauche passe de 63% à 42%. Les marxistes ne représentent plus que 2% des membres du conseil en 2008. Les économistes néoclassiques et keynésiens vont s’équilibrer jusqu’en 2008 aux alentours de 30%. Mais depuis la tendance est à la montée des néoclassiques qui est aussi le produit du rajeunissement des membres du CAE. Si l’on s’intéresse aux universitaires purs, on remarquera la proportion importante des membres dont la sensibilité est à gauche, c’est chez eux que l’on trouve les marxistes et les keynésiens !  Il est intéressant de noter que parmi les 7 membres du CAE qui ont toujours été renouvelés, la proportion de membres de gauche et de keynésien est significativement plus élevée que parmi les autres membres du CAE. Les membres du cercle des économistes présents dans le CAE sont plutôt de gauche et néoclassiques.


3) Les réseaux et les membres du Conseil d'analyse économique


Nous avons ajouté les réseaux car le mode de sélection se fait souvent par amitiés ou par appartenance à des corporations ou des réseaux d'influence. Nous avons noté au moins trois réseaux importants celui de l'école Polytechnique, de l’école normale (Ulm) et celui du cercle des économistes. Nous avons aussi ajouté, le pourcentage des membres dont l’occupation principale est dans le secteur privé ou dans le secteur public. Finalement nous avons vérifié à partir des CV et d’Internet, le cumul de fonctions ou de rémunérations des membres du CAE[7]. Les cumuls de fonction et de rémunération sont  des indicateurs indirects d'appartenance à des réseaux d’influence. En effet, le cumul de fonction de postes publics ou privés et de rémunération est, à partir d’un certain niveau de compétence, une affaire d’amitiés, de confiance, de clientèlisme ou de prise de pouvoir intellectuel.

Tableau 4 Les réseaux

Membre du CAE:périodes

 membres venant du secteur privé en %

membres venant du secteur public en%

Cercle des économistes en %

Grandes éccoles en %

Cumul de fonctions et rémunération en %

1997-2003 (45)

0,04

0,96

0,16

0,87

0,80

2004_2006 (29)

0,21

0,79

0,24

0,83

0,76

2006-2008 (40)

0,24

0,76

0,29

0,85

0,80

2008-2010 (36)

0,31

0,72

0,33

0,83

0,81

2010-2012 (29)

0,31

0,72

0,28

0,76

0,76

depuis 1997 (7)

0,29

0,71

0,43

0,71

0,86

universitaires purs (19)

0,05

0,95

0,16

0,00

0,74

Cercle des économistes

0,36

0,71

1

0,86

0,93



On remarquera la présence constante et écrasante des réseaux des grandes écoles (rappelons que nous avons exclu les membres de droit or parmi eux il y a systématiquement des polytechniciens/ENSAE ou des énarques) et la montée en puissance relative du cercle des économistes. En nombre absolu, les membres du cercle des économistes sont restés à peu près les mêmes (les membres du cercle des économistes ont toujours été entre 4 et 12 à appartenir au C.A.E le nombre total est de 14 sur toutes les périodes), dont le Président du CAE, Christian de Boissieu lui même). Mais avec la variation des effectifs du CAE, leur part relative augmente.



Plus de 80% des membres du CAE cumulent au moins deux positions professionnelles, ce qui leur permet de toucher des revenus d’au moins de deux sources différentes. Les étrangers présents qui eux aussi cumulent des fonctions et rémunérations et ils ne sont pas non plus sélectionnés au hasard, ils participent à des réseaux d'amitiés entre eux ou avec les membres du Conseil tel qu'on peut le déceler à la lecture des CV et des travaux en commun hors rapports du CAE. Les amitiés passent aussi par la voie politique, les liens étroits entre Jospin et certains des membres du CAE entre 1997-2003 remontaient parfois à mai 1968 et a son réseau trotskiste.

Le poids de certains instituts n’est pas non plus négligeable. Beaucoup des membres du CAE sont passés par le CEPII, l’OFCE et le CEPREMAP. Il est intéressant aussi de faire une remarque qui crève les yeux jusqu’en 2004 : aucun des membres du CAE ne venait du secteur privé. Tous faisaient partie de la fonction publique ou parapublique ! L’entrée en 2004 de 6 membres en provenance du secteur bancaire ou financier a modifié cette composition. Ils participent eux-aussi à un réseau d’amitiés sans doute du Président du C.A.E.

Il est remarquable aussi de constater que 53% des membres du conseil en 2004 sont là depuis 1997, c’est-à-dire depuis sa création. Ces membres forment un noyau dur dont on devine qu’ils ont un poids disproportionné dans le conseil du fait de leur expérience. Or ce noyau dur est fondamentalement composé de macro-économistes, (69%), de gens de gauche (56%), plutôt keynésiens (56%), sortant d’une grande école (50%, et 37,5% de polytechnique) et ayant une occupation principale dans le public ou parapublic. Il faut attendre 2010 pour que ce chiffre tombe à 27% (7 membres sur 29).


Conclusion

Au vue de ces résultats, il apparaît que le Conseil d'analyse économique, du fait même de la sur représentation des Grandes Écoles en son sein et des macro-économistes apparaît comme un aréopage d’experts éminemment « scientistes ». En fait, notre élite intellectuelle d'économistes "ingénieurs sociaux" correspond tout à fait à ce que Friedrich Von Hayek a dénoncé depuis longtemps dans le travers des français dans deux articles : l'un sur les intellectuels et le socialisme et l'autre avec La Source de l'orgueil scientiste : l'École polytechnique.




[1] sous les présidences du CAE par Pierre Alain Muet (1997-2001) et Jean Pisani -Ferry (2001-2002)

[2] C.de Boissieu prend la présidence du CAE en 2003 sous le gouvernement de Raffarin.. Après le renouvellement du CAE sous la présidence de Pisani-Ferry. C de Boissieu doit attendre 2004 pour renouveler et modifier la composition du CAE, ce qu’il va faire.

[3] Il est intéressant de voir comment une bureaucratie créée pour planifier l’économie française, survit bien que le gouvernement ait cessé de lui assigner un tel objectif. Au lieu de supprimer cette vénérable institution on l’a baptisée autrement. Conseil d’Analyse Stratégique fait plus moderne et moins soviétique. Il est étonnant de voir par ailleurs fleurir les Conseils d’Analyse, il ya désormais un Conseil d’Analyse de la Société dont le Président est l’ancien ministre, et un autre a été créé sur le développement durable.

[4] Rappelons que le premier ministre ou ses ministres assistent aux séances plénières du CAE

[5] Une fraction des universitaires a un diplôme d’une grande école, la somme excède donc 100% La dernière ligne montre le profil des universitaires qui n’ont que pour diplôme un titre universitaire. Ils sont nettement moins nombreux et leur réputation ne dépasse pas le HI Norm de 5 contre une moyenne de 14 si l’on retire de l’échantillon O. Blanchard qui totalise à lui seul un Hi Norm de 72. Il est battu par jean Tirole qui lui totalise un Hi Norm de 82

[6] Il suffit pour diminuer cette réputation qu’un membre très coté ne soit pas renouvelé comme le suggère l’exemple de Olivier Blanchard à la dernière ligne.

[7] Internet est une mine d’or pour ceux qui ont la patience d’exploiter toutes les données qui apparaissent à propos d’une personnalité.

 

 

 

 

 

 

 

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Friedrich Hayek(1949)Les intellectuels et le socialisme, publié dans la University of Chicago Law Review, et republié en 1998 (avec une introduction), The Institute of Economic Affairs (Rediscovered Riches No. 4)


Hans Herman Hoppe(1995)Les élites naturelles, les intellectuels et l'Etat, discours prononcé à San Francisco,Californie pour le Supporters' Summit de 1995 du Ludwig von Mises Institute

Bertrand Lemennicier (1989)L'originalité des Economistes Universitaires Français en collaboration avec Olivier Marrot et Philippe Setbon, JEEH

Friedrich Hayek (1952) La Source de l'orgueil scientiste :
L'École polytechnique
Chapitre 11 de "The Counter-Revolution of Science," Liberty Fund


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