L'Ecole Economique de Paris (EEP)

L'orgueil blessé des "ingénieurs économistes" français issus des Grandes écoles (Polytechnique, Mines , ponts, Normale sup, ENSAE), appartenant à des centres de recherches publics indépendants des universités a conduit à la création de la pompeuse "Paris School of Economics" en référence à la London School of Economics". Les partenaires fondateurs sont les Ponts et Chaussées, EHESS, CNRS, INRA , ENS Ulm et in extremis l'université de Paris 1. Le premier directeur, et principal artisan de l'opération, a été Thomas Piketty (Normale Sup -Ulm) dont les affinités politiques marquées à gauche sont de notoriété publique et dont l'anti libéralisme virulent l'a incité à participer à une campagne médiatique contre le jury du premier concours de recrutement des professeurs d'universités en économie dont la composition était jugée trop libérale puisque 4 de ses membres (sur 7) appartenaient à la Mont Pélerin Society ( dont plusieurs membres sont des Prix Nobel d'économie y compris son fondateur F.Hayek). Ce regroupement illustre une fois de plus le "mal français": une oligarchie intellectuelle de haut niveau, nationaliste par orgueil, positiviste en sciences humaines par tradition et socialiste en politique par constructivisme.


Ces "ingénieurs économistes" dispersés dans les quelques grands centres de recherches parisiens (exception faite du réseau de Toulouse) s'est traduit par une volonté de créer un pôle d'économie les regroupant. Ce regroupement d'intérêts particuliers pour satisfaire l'ego de ces économistes mérite que l'on s'y intéresse d'autant plus que le premier directeur de l'école économique de Paris est normalien (rue d'Ulm) et a été l'inspirateur principal, depuis de nombreuses années, de cette opération qui a débuté beaucoup plus tôt avec l'axe Paris Jourdan.

L'école démarre avec une dotation composée essentiellement de fonds publics d'un montant total de 30.3 millions d'euros (Etablissements publics fondateurs, Etat central et Région Ile de France) à laquelle il faut ajouter pour 65 millions d'euros au titre de la construction et de la réhabilitation de Paris Jourdan et EN de la rue Lhommond, somme inscrite aux dépenses de la région île de France sous l'impulsion de son Président Huchon (homme politique mis en examen pour corruption) et 4 millions d'euros de la part de deux malheureux partenaires privés , Axa et Exane dont on se demande bien comment les PDG se sont laissés embarquer dans une telle opération de prestige sinon par des amitiés de réseaux.

Rappelons que Henri de Castries, le PDG d'AXA est un HEC (même promotion que Denis Kessler) et un ENA (promotion voltaire qui est aussi celle de Villepin, Hollande et Ségolène Royale) a d'abord fait une carrière au Ministère des Finances et à la direction du trésor avant de pantoufler chez cet assureur en septembre 1989. En 2000 il devient Président du Directoire d'AXA.
En fait, il s'est lié d'amitié avec Dominique de Villepin. Il est détenteur de stoks options pour une valeur de 153 millions d'euros. Il a renoncé à ses stocks options de 2007.

"Dans mon cas,[écrit Henri de Castries] les valeurs de ma foi catholique m'aident à comprendre ce que je dois faire pour AXA. Les valeurs m'aident à établir cette grille de lecture qui préside à l'établissement d'une stratégie, et à faire la différence entre les choses qui ne sont pas forcément nécessaires et celles qui font avancer la société et le bien commun dans le long terme." Dans :
Président: Maître ou Serviteur"
communication aux Semeurs d'espérance le Vendredi 19 novembre 2004 Saint Séverin

Il n'est pas certain que, dans le cas de la "Paris School of Economics", ses vertus catholiques l'ont servi à faire un bon choix. La PSE ne fera pas avancer la société ni le bien commun au contraire. Cette école flattera simplement le besoin de reconnaissance des Normaliens qui sont à la base de sa création et de tous ceux qui voudront en faire partie.
 


Le conseil scientifique de cette école dévoile l'ambition de ces "ingénieurs économistes": celle d'un Harvard français dont les affinités à gauche sont très marquées. Son premier directeur T.Piketty ne s'est jamais caché d'être proche du parti socialiste et a une chronique dans le journal "Libération". Sous la pression des partenaires privés, il a été remplacé par François Bourguignon, au demeurant un garçon d'une grande qualité intellectuelle et morale, statisticien économiste de l' ENSAE jugé moins marqué politiquement.

L'intérim est assuré par Roger Guesnerie (Polytechnicien). Tous les trois ont appartenu au DELTA, le laboratoire d'économie de Normale Sup.

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