L'Ecole Economique de Paris (EEP)


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L'orgueil blessé des "ingénieurs économistes" français issus des Grandes écoles (Polytechnique, Mines , ponts, Normale sup, ENSAE), appartenant à des centres de recherches publics indépendants des universités a conduit à la création de la pompeuse "Paris School of Economics" en référence à la London School of Economics" dans le but d'apparaître en bonne position dans les classement internationaux des départements d'économie (en 7 ème position selon REpec.). Les partenaires fondateurs sont les Ponts et Chaussées, EHESS, CNRS, INRA , ENS Ulm et in extremis l'université de Paris 1. Le premier directeur, et principal artisan de l'opération avec Daniel Cohen, a été Thomas Piketty (Normale Sup -Ulm) dont les affinités politiques marquées à gauche sont de notoriété publique et dont l'anti libéralisme viscéral l'a incité à participer à une campagne médiatique contre le jury du premier concours de recrutement des professeurs d'universités en économie dont la composition était jugée trop libérale puisque 4 de ses membres (sur 7) appartenaient à la Mont Pélerin Society ( dont plusieurs membres sont des Prix Nobel d'économie y compris son fondateur F.Hayek). Ce regroupement illustre une fois de plus le "mal français": une oligarchie intellectuelle qui se prétend de haut niveau, ambitieuse par formation, positiviste en sciences humaines par tradition et socialiste en politique par constructivisme a réussi à convaincre le pouvoir de financer cette institution créée en décembre 2006. 11 ans après et ce depuis février 2017, elle est installée dans les nouveaux locaux du Campus Jourdan.












Ces "ingénieurs économistes" dispersés dans les quelques grands centres de recherches parisiens (exception faite du réseau de Toulouse) s'est traduit par une volonté de créer un pôle d'économie les regroupant. Ce regroupement d'intérêts particuliers pour satisfaire l'ego de ces économistes mérite que l'on s'y intéresse d'autant plus que le premier directeur de l'école économique de Paris est normalien (rue d'Ulm) et a été l'inspirateur principal, depuis de nombreuses années, de cette opération qui a débuté beaucoup plus tôt avec l'axe Paris Jourdan.

L'école démarre avec une dotation composée essentiellement de fonds publics d'un montant total de 30.3 millions d'euros (Établissements publics fondateurs, État central et Région Ile de France) à laquelle il faut ajouter pour 65 millions d'euros au titre de la construction et de la réhabilitation de Paris Jourdan et EN de la rue Lhommond, somme inscrite aux dépenses de la région île de France sous l'impulsion de son Président Huchon (homme politique mis en examen pour corruption) et 4 millions d'euros de la part de deux malheureux partenaires privés , Axa et Exane dont on se demande bien comment les PDG se sont laissés embarquer dans une telle opération de prestige sinon par des amitiés de réseaux.

Le conseil scientifique de cette école dévoile
l'ambition de ces "ingénieurs économistes": celle d'un Harvard français
dont les affinités à gauche sont très marquées. Son premier directeur
T.Piketty ne s'est jamais caché d'être proche du parti socialiste et a
une chronique dans le journal "Libération". Sous la pression des
partenaires privés, il a été remplacé par François Bourguignon, au
demeurant un garçon d'une grande qualité intellectuelle et morale,
statisticien économiste de l'ENSAE jugé moins marqué politiquement.

Piketty et Bourguignon ont tous
les deux ont appartenu au DELTA, le laboratoire d'économie de Normale
Sup. Depuis 2013, le Directeur actuel est Pierre-Yves Geoffard, un
normalien matheux.
spécialisé dans le domaine de la santé qui a succédé à François
Bourguignon en 2013.

En 2015-2016, les recettes
avoisinaient 8,4 millions d'euros en provenance des partenariats
scientifique, des contrats de recherche et des subventions étatiques en
particulier de la région Ile de France. Les dépenses se sont montées à
9,4 millions d'euros soit un déficit de 1 million d'euros comblé par les
recettes des produits financiers. Ce mode de gestion perdure depuis la
création de cette institution. L'ambition d'être conseillés du Prince
est affichée clairement par PSE. La plupart des contrats et des
partenariats, et donc du financement, viennent d'organismes publics (
chaires: banque de France, Hôpitaux de Paris, dépendance des personnes
âgées, travail, Mondialisation, inégalités des revenus, les partenaires
scientifiques sont constitués du GENE (INSEE, CREST etc.) Labex OSE,
Equipex, Quetelet Institut Louis Bachelet,IODS Insead; CEPII, CEPREMAP,
J-PAL, 90% d'entre sont des établissements publics). La région de l'Ile
de France et l’État central complète ce tableau. L'apport des
entreprises privées est encore minime dans le financement du budget de
cette institution. La dotation initiale devrait permettre de financer
les dépenses qui avoisinent 9 millions d'euros par an. Sinon
indépendance de PSE à l'égard de ceux qui la finance va transformer
cette institution et les chercheurs qui en vivent à sacrifier leur
indépendance intellectuelle.





 


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