L'abstention aux élections


De l'abstention aux élections et du consentement à l’État.  (actualisé en mai 2014)

Un problème récurrent à chaque élection.

par Bertrand Lemennicier


Les campagnes de propagande  actuelles pour nous inciter à voter et élire les membres du parlement européen (ou de tout autre parlement, y compris élire  un chef d’État au suffrage universel,  comme en France), méritent d'être examinées d'un peu plus près. Ces campagnes cherchent à culpabiliser les abstentionnistes.
 Écoutez nos hommes politiques: si vous ne votez pas ce sera le déclin, la fin d'une période de paix, car les " partis populistes" vont l'emporter.  Si ces partis l'emportent ce sera la régression sociale et économique, la catastrophe. Si on quitte l'euro, les retraités seront ruinés par l'inflation, comme si les pays de la zone non euro étaient plus en déclin que les autres ou plus inflationnistes que les autres. Tous ces arguments font appel à la peur. Cette rhétorique de la part des hommes politiques est de bonne guerre bien qu'inadmissible de la part de personnages, membres d'un parlement et donc bardés de diplômes. Elle cherche à faire oublier aux citoyens ce que  cache concrètement l'acte de voter.

Ne soyez pas ignorant de ce que signifie pénétrer dans un isoloir, mettre secrètement un bulletin de vote  dans une enveloppe et la glisser dans la fente d'une urne.
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 Le vote, lors d'une élection, est souvent considéré comme un principe de consentement aux décisions collectives prises au niveau d'un État. Il s'agit d'une fiction pour vous faire croire que vous avez l'obligation de respecter les décisions prises, parce que vous avez volontairement pris part à la décision en votant. Malheureusement l'action de voter ne peut valoir consentement à l’État ou à son régime politique: la démocratie, ce Dieu qui a échoué, pour reprendre le titre célèbre d'un ouvrage de H.H.Hoppe, ni à la décision prise.  En effet, les citoyens ne se font pas connaître individuellement et n'assument pas personnellement la responsabilité de leurs actes en déléguant leur pouvoir à des tiers : les élus. Au contraire, ils désignent, en secret, certains d'entre eux pour user de la contrainte publique en leur nom et pour leur propre bénéfice, tandis qu'eux-mêmes restent cachés aux yeux des autres. Pourquoi cachent-ils leurs opinions? De quoi ont-ils peur? 

Nous pouvons nous reporter à la lecture de  Lysander Spooner et de son pamphlet:
"No Treason-The Constitution of No Authority" publié en 1870 à Boston. Que nous dit-il?  Le secret et l'anonymat, par définition  interdisent d'affirmer que voter puisse signifier consentir aux obligations issues du vote. L'obéissance à ces obligations repose sur la seule force brute du monopole de la violence accordé temporairement à la faction politique qui aura pris le pouvoir suite à cette élection. Ne nous laissons pas intimider par cette propagande. Les abstentionnistes ont fondamentalement raison de  refuser de voter.  Ce refus de participer à un processus de décisions collectives, qui donne le pouvoir de contraindre une population entière ou une fraction d'entre elle à des obligations auxquelles elle ne consent pas, est parfaitement moral. En effet, l'acte de voter est, de fait, devenu, dans nos démocraties contemporaines, une action "criminelle" au sens où l'électeur, par son vote, sait qu'il va "déléguer" à un homme politique, qu'il soit de droite ou de gauche, mécréant ou religieux,  le pouvoir de commettre en toute impunité des crimes ou des délits au profit de ses électeurs en volant Pierre pour habiller Paul et/ou en empêchant Pierre d'exercer une quantité de droits qui lui sont naturels.

S'abstenir est donc un acte politique qui délégitime le processus politique. Si tous, nous nous abstenions de voter, le parlement européen ne pourra pas siéger faute de députés et donc légiférer. Ce sera forcément un grand pas vers la liberté. Cela obligerait les citoyens à  retrouver leur capacité à vivre d'une manière autonome en affirmant leurs droits imprescriptibles que sont: la liberté, la propriété et la résistance à l'oppression (article II de la déclaration des droits de l'homme de 1789 qui au préambule de notre constitution mais qui ne l'est pas dans la charte européenne des droits de l'homme) en se donnant les moyens privés de faire respecter ces droits.

Il n'est pas inutile de revenir sur les arguments de Lysander Spooner,(1808-1887) ce juriste américain du XIX siècle.  Voter ne  signifie pas un consentement aux obligations issues des urnes, pas plus qu'on ne peut appeler " consentement" l'obéissance des citoyens à un groupe d'hommes armés appelé gouvernement. Cette notion de consentement (ou de contrat social) est une pure abstraction. Or, il est impossible de passer un contrat avec une abstraction, un incorporel ou un non-existant.












































 


























 
 

























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