L'europe des nations contre la liberté , entre cartel et fédéralisme


 

 Entre cartel et fédéralisme , Macron préfère l'intégration verticale et la formation d'un État Européen jacobin
par Bertrand Lemennicier 29 /09/2017


Dans son discours à la Sorbonne,  Macron dévoile ses conceptions pour la
formation d'un nouvel État Européen.  Il nous faut les  comprendre
pour mesurer combien cet homme est incapable de penser le déclin des États
Nations dans notre monde contemporain. L’Europe est un cartel  d’États Nations. Comme beaucoup de cartels il
est dans sa phase où il se brise. Deux forces, au demeurant classiques pour des
économistes qui étudient les cartels, sont en effet à l’œuvre: l'une interne
qui incite chaque État Nation à tricher avec les accords du cartel (dont les
gouvernants français sont coutumiers au moment même au Macron fait son discours
à la Sorbonne)  et une externe exercée par les États concurrents, non-membres
du cartel, qui, dans tous les domaines y compris dans le domaine fiscal, le
nerf de la guerre pour tout pouvoir politique, offrent des alternatives très
compétitives.

Que propose Macron ? Il nous
propose  d’enrayer ce processus, comment ?
En créant un État National Européen et s’il le faut réduit à la zone euro. C'est-à-dire en intégrant verticalement les États européens. Sa
vision  est jacobine et anti-fédéraliste. Elle est une transposition
de la formation de l’État français du temps des Rois de France à un État Européen centralisé tel que les français le conçoivent depuis le gouvernement provisoire "dictatorial"  issu de la résistance du 3 juin 1944 au 16 janvier 1947 à l’avènement de la IV république complété par des vagues d'étatisation sous la Vè république (1958 avec le couple De Gaulle-Debré, 1981 avec Mitterrand) qui a redessiné l’État Français sous forme d'une une bureaucratie planificatrice dans tous les dimensions de la vie économique et sociale. Les gouvernants français se veulent protecteur des "sans dents" et égalitaristes  en concentrant l'impôt sur le revenu sur  les contribuables les plus riches. C'est ce modèle que Macron voudrait exporter en Europe. On souhaite bien du plaisir à ceux qui vont l'écouter lors de ses pérégrinations hors de France.

 1-Créer une force armée européenne
permanente  (le mot est oublié par
Macron mais implicite dans sa pensée) et un budget européen avec la levée d’impôts
qui va de pair avec la création du
budget européen. C'est la première étape d’une centralisation du pouvoir au niveau
européen étape indispensable pour passer de l’option cartel à un État central
qui concentre le pouvoir dans les mains de quelques-uns
(il n’y a rien de
nouveau dans la formation des États, rappelons-nous Louis XI avec la création d'une armée permanente ne reposant plus sur un contrat entre le Roi et ses pairs c'est par ce biais que l’État Moderne initié par les Rois Français va se constituer)
.





2-Créer un budget européen et une levée des impôts au
niveau européen pour financer les actions de l’État européen. Macron n’est pas
un fédéraliste comme en témoigne son désir d’harmonisation de la fiscalité et
des modèles sociaux des pays de l’Europe.
(L'harmonisation
fiscale comme celle des modèles sociaux ne peut être réalisée que par une
intégration verticale des États avec des modèles bâtards de fiscalité et de
protection sociale).



Les deux dernières propositions sont très
révélatrices d'une conception de la notion d'État Nation une et indivisible aux
antipodes d'une cartellisation des États
ou d'un État fédéral.



3-Créer un sentiment national européen en
incitant chaque jeune à parler deux langues européennes qui nous rappellent les
belles heures de la république française du XIXe avec l’apprentissage du
français obligatoire contre les langues locales.



4-Créer un sentiment démocratique européen par
des conventions démocratiques organisées dans toute l'Europe pour favoriser des
listes transnationales pour qu’en 2019 la moitié des sièges au parlement
européen proviennent de ces listes.



En fait il veut substituer au sentiment national
français un sentiment national européen. Il est amusant de le voir vilipender
le sentiment national des "patriotes" français et
simultanément inciter les français à avoir un sentiment national européen bien
entendu avec l'argent des États volontaires pour le développer en attendant l'intégration forcée des populations à sa conception de l’État Européen, il a pourtant sous les yeux l'exemple de la Catalogne, de l’Écosse et du Brexit.Cela devrait le faire réfléchir à sa vision de l'Europe.



L'accent mis par Macron sur le programme
Erasmus,  comme exemple de processus de coopération pour atteindre cet
objectif, est bien mal venu. Ce programme dispendieux de redistribution a
toujours été un moyen pour les étudiants français ou étrangers venant en France
d'obtenir un diplôme au moindre effort (ou tout au moins avec des examens
spéciaux) pour court-circuiter les examens nationaux auxquels ils ne peuvent
réussir chez eux ou à l'étranger et non pas de développer un
sentiment national européen. Sans doute par un effet collatéral l'apprentissage
d'une autre langue et les mariages inter européens sont-ils favorisés par ces
programmes, mais l'expérience montre aussi que ces mariages se dissolvent bien
vite et créent des divorces douloureux. S'il y a bien une chose qu'il ne faut
pas encourager c'est bien ce programme. En revanche, la reconnaissance des
diplômes étrangers en France apparaît bien plus efficace pour l'Europe que ces
programmes publics d'incitation à voyager dans les universités étrangères à
moindre frais. La contre partie de cette reconnaissance des diplômes étrangers
est la fin du monopole des grades des universités françaises et des professions
qui exigent ces grades pour exercer le métier, juristes, médecins, vétérinaires
etc.! Il va de soi que le gouvernement français n'est pas prêt à
déréglementer et dénationaliser l'université française, ce qui veut dire : fin
de la gratuité et sélection des étudiants. Il n'y a rien à espérer de
ceux qui nous gouvernent aujourd'hui, ni des factions politiques qui les
soutiennent.



 

 

 







 
   
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